L’ACPR s’est penchée de près sur l’évolution du marché de l’assurance-vie de 2018

ACPR évolution marché assurance vie 2018

Si le dynamisme du marché de l’assurance-vie s’est encore confirmé l’année dernière, c’est surtout au profit des bancassureurs auprès desquels les dépôts de fonds sont de plus en plus concentrés au fil des ans. D’ailleurs, tandis que bon nombre de compagnies essaient de rediriger l’investissement des Français vers les unités de compte, les établissements susmentionnés continuent à enregistrer un flux important sur les fonds euros.

89%, c’est le ratio détenu par les filiales des grands groupes de bancassurance en 2018 sur les 20 milliards d’euros de cotisations d’assurance-vie versées auprès d’elles. Une preuve indéniable de la concentration du marché français, selon l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) qui a réalisé une étude sur l’évolution de ce dernier.

De cette analyse est d’ailleurs sorti un bilan quelque peu contradictoire à celui communiqué par la FFA (Fédération française de l'assurance) qui a annoncé, par exemple, une collecte nette positive pour les fonds en euros alors que le superviseur du marché a révélé le contraire. En tout cas, les deux entités sont du même avis sur la progression du volume collecté par l’assurance-vie en général.

Un marché fortement concentré

Dans son rôle de contrôleur du marché de l’assurance-vie, l’ACPR s’est penché de près sur sa progression. Il en ressort que les bancassureurs de grande envergure détiennent d’importantes parts au détriment des petits distributeurs. Il existe plus précisément 20 compagnies dominant de plus en plus le marché. Et d’après l’étude, leur ratio serait en constante progression, allant de 85% à 89% en sept ans (de 2011 à 2018). À l’entité de supervision de préciser :

Cette concentration accrue de la collecte brute est notamment portée par les filiales des groupes de bancassurance dont la part de marché dans la collecte brute a gagné 7 points entre 2011 et 2018 pour atteindre 61%.

Concernant la concentration des actifs, le dynamisme des supports diffère selon le type d’enseigne. Concrètement, les assureurs classiques promeuvent le placement en unités de compte, surtout en ces périodes de taux bas où la rentabilité implique plus de risques. En effet, les UC n’offrent aucune garantie du capital, mais en revanche elles rapportent davantage que les fonds en euros.

Autre raison de cette promotion : ces derniers rognent les fonds propres de leurs distributeurs. Ce qui explique certainement la régression de sa collecte nette, à l’exception de la tendance observée par l’ACPR chez les bancassureurs :

Alors que les assureurs traditionnels se caractérisent par une collecte nette sur les supports en euros négative ou très faible, certaines filiales de groupes de bancassurance continuent de générer d'importants flux nets sur les fonds euros.

Des résultats divergents

Il est possible de recourir à un comparatif assurance vie si l’on veut trouver des conditions avantageuses et adéquates à ses besoins. Cela a permis en quelque sorte à la collecte nette enregistrée sur les unités de compte d’afficher un essor constant pendant cinq années consécutives avant de commencer à fléchir 2018.

De fait, l’évolution des chiffres réalisés durant cette période par rapport à ceux de l’année précédente est estimée à -3,4 milliards d’euros selon les données de la FFA (à raison de 21,1 milliards au lieu de 24,4 milliards). À l’ACPR toutefois de temporiser :

La collecte reste dynamique sur les supports en unités de compte et se redresse sur les supports en euros.

À ce propos, ces derniers, qui sont pourtant des actifs sécurisés semblent avoir souffert d’une collecte nette négative pendant les deux dernières années quoiqu’ils aient largement rattrapé le coup en 2018. D’après cette entité :

Négative en 2018, pour la deuxième année consécutive (-1,2 milliard d'euros), elle est toutefois en très fort redressement par rapport à 2017 (-19,4 milliards) du fait de la normalisation des rachats.

Une sous-performance que le bilan de la fédération contredit pourtant. D’après celle-ci, la collecte nette des contrats en euros serait négative, à raison de 1,3 milliard d’euros.

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