L’épargne solidaire prend de l’ampleur et intègre le placement de prédilection des Français

Ampleur de l'épargne solidaire

Peu connue il y a encore quelques années, l’épargne solidaire affiche actuellement un indéniable essor. De fait, les Français sont toujours de fervents épargnants, mais bon nombre d’entre eux veulent en même temps donner un sens à leur placement. Son intégration à l’assurance-vie est un levier de plus pour son expansion, d’autant qu’il s’agit d’un produit fortement privilégié par la population.

Si la précaution a toujours été la première motivation des épargnants français, beaucoup mettent actuellement de l’argent dans l’objectif d’aider ceux qui en ont le plus besoin. Et justement, l’épargne solidaire permet au placement d’avoir une portée sociale. C’est la raison pour laquelle elle se développe fortement.

Certes, sa part de marché est encore moindre par rapport aux autres produits existants, mais sa progression est toutefois très marquée. Cette tendance, elle le doit au dynamisme de plusieurs acteurs financiers. Les pouvoirs publics lui donnent également un coup de pouce, à travers la loi Pacte qui rendra désormais ce type d’investissement disponible sur des contrats d’assurance-vie.

L’offre verte et solidaire, désormais obligatoire dans les contrats vie

La loi Pacte, votée définitivement en mai dernier, entend mener l’épargne solidaire devant le tournant décisif de son existence. Il faut dire que ce placement est encore marginalisé par les assurés, faute d’avoir été toujours mis sur la touche par les pourvoyeurs de contrat et peu visible auprès d’un comparatif assurance vie.

Une tendance que le dispositif nouvellement mis en place veut retourner, notamment en obligeant les assureurs à proposer plusieurs fonds labellisés dans leurs contrats et ainsi inciter les épargnants à investir davantage dans des fonds durables.

Cette transformation devrait alors se faire de façon progressive :

  • L’intégration d’une unité de compte labellisée ISR (Investissement socialement responsable) ou plus dans tous les contrats vie à compter de janvier 2020 ;
  • La mise en place d’au moins une UC verte labellisée TEEC (transition énergétique et écologique pour le climat) avec une autre à caractère solidaire dès le début 2022.

Concrètement, les fonds responsables sont investis dans des projets environnementaux, sociaux ou visant à aboutir à de la bonne gouvernance tout en plaçant une partie sur des valeurs plus financières. Quant aux fonds verts, ils sont dédiés au financement d’entreprises opérant dans la transition écologique. Enfin, les fonds solidaires consacrent 5 à 10% de leurs actifs pour soutenir des activités y afférentes qui sont moins performantes financièrement.

Une période faste pour un placement marginal

L’assurance-vie était jusqu’à présent le parent pauvre de l’épargne solidaire. Alors que l’encours des contrats vie se rapprochait des 1 800 milliards d’euros en 2018, celui de cette dernière ne se trouvait qu’à 12,5 milliards. Or, ce résultat affiche une nette progression, de 8,7% par rapport à l’année précédente.

Le baromètre annuel réalisé par Finansol et La Croix révèle d’ailleurs un 2018 à marquer dans les annales. Et pour cause, de nombreux projets ont été mis sur pieds, notamment celui de l’association L’Envol qui soutient l’optimisation de la scolarité chez les jeunes. Sans oublier la création et la consolidation de 48 000 emplois. À en croire les propos du dirigeant de l’organisme, Patrick Sapy :

« L’année dernière a été un bon cru. 423 000 souscriptions nouvelles ont été recensées, contre 365.000 en 2017 ».

Patrick Sapy

Par ailleurs, la proposition d’un fonds solidaire imposée aux entreprises depuis l’instauration de la loi de modernisation de l’économie en 2010 a permis à l’épargne salariale, telle que le Perco ou le PEE (Plan d’épargne entreprise) de mieux fleurir.

En effet, plus de 8 milliards d’euros, soit deux tiers de l’encours total y ont été investis. Une part des fonds spécialisés provenant des enseignes bancaires est également placée dans des projets sociaux tout comme une portion des intérêts découlant des livrets de partage y est versée sous forme de dons.

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