mercredi05juin
Fonds en euros malgré contexte taux bas

Les fonds en euros en assurance-vie sont toujours plébiscités en France en dépit de la dégradation continuelle de ses rémunérations. Le fait est que ce support sécurisé possède plus d’une corde à son arc. Ce qui lui permet de demeurer vent debout face au contexte des taux bas qui tend encore à perdurer pendant un long moment.

Les contrats vie en euros peuvent offrir à leurs détenteurs une garantie du capital investi grâce aux actifs sur lesquels les fonds sont investis, en l’occurrence des obligations d’État. Toujours est-il que cette sécurité a un revers, les rendements du placement étant tributaires de l’évolution des taux directeurs alors que ces derniers ont été réduits à un niveau plancher depuis quelques années afin de soutenir l’économie européenne. Et cette situation n’est pas près de se rétablir.

Quoi qu’il en soit, les fonds en euros restent le pilier de l’épargne française, et les assureurs disposent de plusieurs alternatives permettant de maintenir ce type d’enveloppe à flot.

Un contexte qui n’est pas près de s’améliorer

La faible croissance économique et le niveau d’endettement de l’Europe ont poussé la BCE (Banque centrale européenne) à instaurer des mesures prudentielles, qui se caractérisent par des taux directeurs très bas, afin de redynamiser l’économie. Cette décision se répercute sur les taux de rendement des placements financiers, notamment l’assurance vie en euros dont la majorité des fonds sont investis dans des obligations.

Or, ces dernières sont tout aussi pénalisées. L’OAT 10 ans, par exemple, ne rapporte plus que 0,27%. Et l’espoir d’un retournement de la tendance n’est pas encore à l’ordre du jour, à en croire les révélations de Cyrille Chartier-Kastler qui est le fondateur de GVfM (Good Value for Money). Selon lui :

Les taux ne peuvent plus remonter. Les États européens sont tellement endettés qu'une remontée des taux ne serait envisageable. L'endettement de la France est estimé à 1.800 milliards d'euros. Nous sommes entrés dans une nasse dont nous ne pourrons pas sortir. La croissance économique est faible. En outre, l'Europe est une zone refuge sur le plan mondial. C'est une situation perverse dont nous ne pouvons plus sortir. L'État en profite, il continue à alourdir sa dette...

Cyrille Chartier-Kastler

Les fonds en euros résistent bon gré mal gré

Le contexte actuel ne décourage aucunement les assureurs vie qui détiennent chacun leur stratégie pour maintenir leurs fonds en euros en surface. Alors que bon nombre de compagnies ont dû abaisser leurs rémunérations, certaines enseignes ont quand même réussi à hausser les leurs même si les taux appliqués ne correspondent pas au rendement de leurs placements 2018. Predica en est un parfait exemple alors que d’après Cyrille Chartier-Kastler :

Les 18,1 milliards d'obligations achetées par la société, en 2018, n'offrent qu'un rendement moyen de 1,42 % sur une maturité moyenne de 12,5 ans. Compte tenu des frais de gestion des contrats, des placements de ce niveau ne permettent de servir qu'un taux moyen de l'ordre de 0,4 %.

Cyrille Chartier-Kastler

Il faut aussi savoir que d’autres atouts permettent aux établissements d’assurances de préserver la performance de leurs contrats, notamment :

  • Leurs fortes provisions pour participation aux bénéfices ou PPB qui leur servent de coussins de sécurité ;
  • L’assouplissement des règles de Solva II qui vont leur permettre d'augmenter le ratio des placements plus rémunérateurs que l'obligataire ;
  • Leurs stocks d'obligations anciennes.

Sur ce dernier point, la décollecte semble profiter aux fonds en euros étant donné que les investissements dans les nouvelles obligations à taux bas sont moindres. Au directeur général délégué d’Aviva France, Arthur Chabrol de souligner :

Plus le nouveau flux est important, plus la dilution est forte.

Arthur Chabrol

Or, d’après Cyrille Chartier-Kastler :

La lente dilution des actifs généraux permettra de tenir de 5 à 10 ans. Une hypothèse réaliste serait une baisse de 0,15 à 0,20 % de rendement par an.

Cyrille Chartier-Kastler

En tout cas, il convient d’admettre que les supports en euros restent les moins mauvais des placements financiers sans risque. D’autant que malgré l’effritement de ses rendements, leur performance moyenne à 1,8% arrive quand même à couvrir l’inflation, dont la remontée s’est quelque peu assagie cette année.

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