lundi20août

Rodriguez Group, le fabricant de bateaux de haut de gamme cannois est bien connu pour être une des actions les plus volatiles de la cote. Depuis le premier janvier, l'action Rodriguez a gagné près de 40% mais reste loin, très loin de son niveau d'avant-crise, où elle se cotait sur les 40 euros, soit une capitalisation divisée par 10.

    La dégradation de la conjoncture économique a en effet eu raison du secteur nautique. Ce dernier est en difficulté depuis 2008/2009 avec un marché mondial qui s'était effondré de 40% à 50% au début de la crise. Les Etats-Unis, la Grande Bretagne, l'Espagne et les pays scandinaves ont vu leur baisse atteindre jusqu'à 70%. Dans ce contexte des plus moroses, Rodriguez Group a dû faire face à d'importantes difficultés financières. Cette mauvaise passe a conduit le cannois à faire l'objet d'une procédure de sauvegarde d'avril 2009 jusqu'au mois d'avril de l'année suivante. Les difficultés financières du groupe étaient telles, qu'il avait sollicité en septembre 2009 une prolongation de la procédure de sauvegarde lui permettant de poursuivre son activité tout en reportant l'exigibilité de ses dettes. Dans le cadre de cette procédure, Rodriguez avait entrepris une réorganisation de sa structure pour réduire ses coûts (dépenses marketing, publicité, frais de gestion du stock de bateaux, commissions sur les ventes et réduction d'effectifs) et une restructuration financière pour réduire le poids de sa dette. Le mois d'avril 2010 marqua aussi la reprise de cotation du titre, le concepteur et maître d'oeuvre de yachts de luxe ayant obtenu le feu vert à son plan de sauvegarde... L'action avait affolé les compteurs boursiers en envolant de près de 139% sur la journée du 8 avril, pour son retour sur les flots des marchés.

    Mais les ennuis étaient loin d'être terminés pour le cannois. Deux mois plus tard, Rodriguez a connu un nouveau coup dur avec la mise en examen et l'incarcération de son président démissionnaire, Alexandre Rodriguez, dans le cadre de l'arrestation d'une vingtaine de personnes, dont des figures présumées du grand banditisme. Les démêlés judiciaires du groupe ont entrainé une nouvelle fois la suspension de son titre entre le 8 et le 15 juin 2010.

    En décembre de la même année, Rodriguez Group a renoué avec le bénéfice net en 2009/2010, récoltant les premiers fruits d'une année de restructuration marquée par des réductions de coûts, des abandons de créances bancaires et des actualisations de créances obligataires. Le plan drastique de réduction de coûts entrepris par le plaisancier a été aussi aidé par un début de reprise sur le marché du yachting de luxe en 2011. Le concepteur et maître d'oeuvre de yachts a ainsi vu ses ventes progresser de plus de 20% à 25,3 millions d'euros d'octobre à décembre 2010, sur son premier trimestre de son exercice 2010/2011. En marge de cette publication, le groupe avait confirmé prévoir renouer avec un bénéfice opérationnel en 2012.

    Mais au premier semestre 2011/2012, les comptes de Rodriguez ont tangué, virant au rouge vif. Ils ont été marqués par une perte nette creusée à 17,2 millions d'euros au premier semestre au 31 mars 2012, contre une perte de 10,2 millions un an plus tôt. Pour le plaisancier, cet accident de parcours n'ébranle en rien la confiance du groupe à atteindre cet objectif à l'issue de son exercice 2011/2012. Il compte toujours une réduction de sa masse salariale, sur un encadrement plus stricte de ses frais généraux et aussi sur une amélioration significative de son chiffre d'affaires sur le troisième trimestre 2011/2012, grâce notamment aux transactions sur de grandes unités neuves (de 40 à 50 mètres) achevées ou en cours de production. Le groupe a vu juste, Rodriguez Group a livré en juillet dernier, deux superyachts à prix catalogue de...36,4 millions d'euros. Après cette annonce, le titre a flambé de 57% pour terminer à 3,78 euros. Puis, le dossier a repris 15% supplémentaires mi-août, porté par la publication de ventes en hausse de 60% sur le troisième trimestre.

    La forte progression des facturations est à mettre au bénéfice de l'activité vente de bateaux (neufs et occasions) qui a progressé de 158% au troisième trimestre, à 15,6 millions d'euros. En revanche, le groupe a été pénalisé par un début d'année moins dynamique. Ainsi, le chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois est en repli de 19% à 55 millions d'euros après 67,8 millions d'euros un an auparavant. Pour redresser la barre, Rodriguez Group anticipe également pour le trimestre en cours, la signature de nouvelles commandes de bateaux neufs à livrer en 2013 (unités de 43 à 46 mètres) et 2014 (unités de 50 mètres), toujours conjuguées à une réduction des coûts de structures avec en ligne de mire une amélioration des marges.

    La structure financière du groupe reste fragile avec des capitaux propres négatifs à hauteur de 68 millions d'euros pour un endettement de 63 millions d'euros à la fin mars 2012. Rodriguez Group reste ainsi une société convalescente dont la sortie du pot-au-noir n'est pas pour tout de suite. Le parcours du dossier sera donc encore très volatil avec son lot de violentes accélérations ou bien de décrochages, le titre évoluant au gré des actualités animant la société.

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