L’investissement en actions peine encore à s’imposer malgré les coups de pouce gouvernementaux

Investissements actions difficulté à s'imposer

5 000 milliards d’euros, c’est le seuil qu’a dépassé l’épargne financière française. Un record démontrant que les ménages tricolores sont très friands d’économies. Seulement, il faut admettre qu’ils sont plus tournés vers les produits à capital garanti. Ceux liés à la Bourse étant encore mis de côté en raison des risques qu’ils encourent.

Lorsque les Français sont interrogés sur leurs supports d’épargne, la majorité d’entre eux répondront sans hésiter qu’ils préfèrent ne rien gagner plutôt que d’exposer leur argent à des risques de perte. C’est la raison pour laquelle les supports liés aux marchés financiers tels que les contrats vie en unités de compte, les plans d’épargne en actions (PEA) et les achats directs d’actions cotées ont toujours du mal à s’imposer.

Certes, un certain regain d’intérêt est visible depuis quelque temps et le gouvernement ne manque pas non plus de booster, entre autres à travers des mesures fiscales moins pénalisantes, ces canaux d’investissement qui contribue à l’optimisation du financement de l’économie réelle du pays. Mais des reculs ont été au rendez-vous l’an dernier en raison des turbulences boursières enregistrées durant cette période.

Des reflux par rapport à l’année 2017

Trois segments, dont les unités de compte en assurance-vie, les actions détenues à travers les OPC et les actions cotées, doivent être considérés afin de connaître la place que détient la Bourse dans le portefeuille des Français. Partant du principe que ces derniers sont de fervents épargnants, qui prime la sécurité à la rentabilité, l’on convient quand même que les placements risqués, mais plus rémunérateurs commencent à les intéresser depuis un certain temps.

Toujours est-il qu’avec un encours total de 683,5 milliards d’euros, ces trois enveloppes ne représentent encore qu’une fine part du patrimoine financier des Français, à raison de 13,7% en 2018. À savoir, l’épargne financière de la masse est estimée à 5001,6 milliards d’euros au 31 décembre 2018. Ce ratio est en baisse de 1,4 point de pourcentage en comparaison avec l’année précédente (15,1%) dont l’encours s’élevait à 753 milliards d’euros. Dans les détails :

  • Les fonds investis en unités de compte s’établissaient à hauteur de 343,1 milliards d’euros (fonds monétaires, immobiliers via des scpi, obligations, actions cotées ou non inclus) soit une part de 6,9% ;
  • Les actions détenues dans des OPC (organismes de placement collectif) pesaient environ 94,5 milliards d'euros, soit 1,9% ;
  • Les actions cotées achetées en direct sont valorisées à 245,9 milliards d’euros, soit 4,9%.

Sur ce dernier point, il est à préciser que les investisseurs ont été nombreux à avoir acheté l’an dernier, environnant les 4,3 milliards d’euros nets de reventes contre près de 4 milliards net de vente en 2017. Toujours en parlant de flux net annuel, les UC en actions s’en sont sorties avec 17 milliards d’euros en 2018. Quoique cet exploit soit amoindri par les détentions en OPC qui ont enregistré un flux négatif de 18 milliards d’euros.

Des mesures redynamisantes

Le gouvernement a tout intérêt à redynamiser les placements à long terme risqués et à long terme qui soutiennent le financement des entreprises tricolores, et qui de fil en aiguille optimisent aussi la croissance économique du pays. Dans cette vision, plusieurs mesures ont été entreprises, notamment en ce qui concerne la fiscalité de ces enveloppes.

En effet, depuis le 1er janvier 2018, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) baptisé également Flat tax a été appliqué en vue d’uniformiser l’imposition des revenus des capitaux mobiliers à 30% (12,8% d’impôt forfaitaire + prélèvements sociaux de 17,2%). S’ajoutant à cela, la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) pour laisser la place à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Les résultats demeurent toutefois moins flatteurs si l’on ne considère que l’encours des actions cotées qui a régressé de 11,8% par rapport à celui enregistré en fin décembre 2017 estimé à 278,8 milliards d’euros (pour 5,6% du patrimoine global des Français).

Pour autant, le repli est plus conséquent pour le CAC 40 alors qu’il est l’indice de référence dans l’Hexagone. De fait, il a reculé de 13% alors qu’une hausse de 9% a été enregistrée l’année précédente.

D’un autre côté, les dispositions prises via la loi Pacte visent aussi à renforcer le PEA qui ne représente actuellement qu’une infime part de marché, avec ses 86 milliards d’euros d’encours et 1,1 milliard d’euros pour les plans dédiés au financement des PME.

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