Schneider Electric vient de boucler le rachat de PTC pour un montant record de 20,2 milliards d’euros. L’annonce a toutefois été mal accueillie par les marchés et le titre du groupe a plongé de près de 9 % à la Bourse de Paris le lundi 5 octobre dernier en milieu de matinée. Pour les analystes, cette réaction traduit un réflexe de prudence des investisseurs européens, d’abord sceptiques face aux grandes acquisitions, avant de changer d’avis quand la stratégie commence à porter ses fruits.
- L’action de Schneider Electric dévisse de 9 % en Bourse après l’annonce du rachat de PTC.
- Le coût de l’opération s’élève à 20,2 milliards d’euros, un record pour le groupe.
- Les analystes expliquent cette réaction du marché par un réflexe de prudence de la part des investisseurs européens : ceux-ci boudent au départ les grosses acquisitions, puis reviennent sur leur position lorsque la stratégie s’avère payante.
Une chute de 9 % qui place Schneider en queue du STOXX 600
À 9 h GMT le lundi 5 octobre dernier, l’action Schneider Electric a dégringolé de 8,99 % pour tomber à 275,75 euros. Aucune autre valeur de l’indice STOXX 600 n’a subi un repli aussi marqué à cet instant.
Ce poids lourd du CAC 40, qui représente la troisième capitalisation de la Bourse de Paris selon les données de LSEG, a racheté la totalité du capital de l’éditeur américain de logiciels industriels PTC. Le groupe a fixé la valeur de l’ensemble à 22,6 milliards de dollars, soit 20,2 milliards d’euros, et établi son prix à 205 dollars par action. L’opération a été réglée en numéraire. L’ampleur est inédite en matière d’acquisition pour le groupe. La finalisation du dossier est attendue d’ici le troisième trimestre 2027.
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Comment les analystes expliquent-ils cette réaction du marché ?
Les analystes de J.P. Morgan voient dans la réponse des marchés un réflexe bien connu : les investisseurs européens se montrent habituellement réticents face aux grandes opérations de fusion-acquisition.
Ils affirment que les précédentes acquisitions de Schneider se sont pourtant souvent avérées judicieuses sur le plan stratégique, même si les montants impliqués prêtaient à débat.
Du côté de Jefferies, les experts semblent plus réservés. Ils estiment que la peur d’une disruption par l’IA ne cesse de tirer la valeur des éditeurs de logiciels vers le bas. Schneider profite de cette situation pour acquérir PTC au prix le plus faible depuis dix ans, mais le même risque pourrait continuer de peser sur l’action après la transaction.
Quant à Nay Soe Naing, analyste chez Berenberg, il juge le montant de l’opération raisonnable.
Il rappelle que les valorisations du secteur restent contenues, et que la confiance des investisseurs à l’égard des logiciels demeure fragile.
Des économies de coûts annuelles et un virage stratégique vers le logiciel et l’IA
Malgré la sanction des marchés, Schneider Electric entend réaliser 250 millions d’euros d’économies annuelles d’ici trois ans, et vise environ 800 millions d’euros de synergies de revenus.
Un communiqué évoque l’ambition de bâtir une plateforme de logiciels industriels et d’intelligence artificielle de premier plan, qui s’appuiera sur des systèmes ouverts et interopérables.
Cette opération s’inscrit dans une série d’acquisitions. En juin dernier, le groupe a conclu un accord pour racheter Cognite Holding, un fournisseur privé d’outils d’intelligence artificielle et de données industrielles. Longtemps associé aux fusibles et aux disjoncteurs, la firme commercialise aujourd’hui les infrastructures essentielles des datacenters : refroidissement, baies de serveurs, distribution électrique.