La bonne santé des marchés financiers et les règles fiscales incitatives ont permis au plan d’épargne en actions (PEA) de signer une croissance historique en 2025. Les particuliers délaissent progressivement les placements traditionnels à capital garanti pour se tourner de nouveau vers les actions. Les derniers chiffres confirment ce changement de cap des épargnants français.
- L’encours global du PEA grimpe à 126,5 milliards d’euros, soit un bond de +10,9 % en un an.
- Plus de 246 000 nouveaux comptes ont été ouverts au cours des douze derniers mois, portant le total national à 5,6 millions.
- Le compartiment PEA-PME s’inscrit dans une trajectoire similaire avec un encours en hausse à 3,7 milliards d’euros.
- La revalorisation de la CSG en 2026 alourdit les prélèvements sociaux applicables aux retraits, dont le taux est passé à 18,6 %.
Le désamour des Français pour les livrets réglementés profite aux actions européennes
En 2022 et 2023, la hausse du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) avantageait les comptes à terme et les livrets réglementés. Ces supports sans risque affichaient alors une rémunération attractive. Mais la baisse récente des taux liée au ralentissement progressif de l’inflation a plombé les rendements de ces placements obligataires. En quête de produit plus rémunérateur, les épargnants ont ajusté l’allocation de leur capital et se remettent à investir en Bourse.
Un rapport de la Fédération bancaire française (FBF) publié en fin mai met en lumière un changement radical dans leur comportement.
ImportantSelon cette étude, l’encours global des PEA a bondi de +10,9 % entre 2024 et 2025 pour atteindre un montant record de 126,5 milliards d’euros. Grâce à 246 000 nouveaux comptes, la France a franchi le cap des 5,6 millions de plans ouverts en fin d’année dernière.
Disponible depuis 2014, la version destinée aux petites et moyennes entreprises (PEA-PME) participe à cette dynamique dans une moindre mesure. Le nombre de comptes s’est élevé à 138 500 (soit 35 500 de plus qu’en 2021), représentant 3,7 milliards d’euros d’encours, soit une progression de 1,4 milliard sur la période.
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Investir en bourse
La performance des marchés a accéléré le mouvement. À Paris, la hausse de +10,42 % de l’indice CAC 40 valide la pertinence d’une exposition aux entreprises françaises et européennes. Le basculement efface la phase de repli observée au début du conflit ukrainien en 2022, période marquée par des chutes du nombre de PEA et des encours à 5,1 millions et 100 milliards d’euros respectivement.
Un cadre fiscal attractif malgré le durcissement réglementaire
Cependant, le plan d’épargne en actions doit principalement son succès à sa fiscalité. Une période de détention minimale de cinq ans ouvre droit à une exonération d’impôt sur le revenu sur les gains réalisés. Et même si les prélèvements sociaux continuent de s’appliquer sur les plus-values, cette règle lui confère un atout majeur face au compte-titres ordinaire.
Le PEA (traditionnel et PEA-PME) risque toutefois de perdre en attractivité à cause de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Le taux de la contribution sociale généralisée (CSG) augmente en effet de 1,4 point, alourdissant la fiscalité du capital.
En cas de retrait, les taxes applicables aux gains s’élèvent désormais à 18,6 %, alors que d’autres placements, tels que l’assurance vie et le PEL, restent imposés à un taux réduit de 17,2 %. Cet écart pourrait peser dans les futures décisions d’allocation des ménages.