- Une annonce est attendue à la mi-juillet, pour une application du nouveau taux du Livret A au 1er août.
- Application de la formule : Livret A et LDDS à 1,80% net (contre 1,50% net), soit +0,30 point.
- Un coup de pouce jusqu'à 2% est évoqué mais contesté par Philippe Crevel.
- Pour le LEP, la règle mènerait à 2,30%, mais un maintien d'un avantage d'un point pousserait plutôt vers 2,80% à 3%.
Le taux du Livret A devrait augmenter au 1er août. Dans un entretien à La Provence, le ministre de l'Economie Roland Lescure a indiqué que « le taux du Livret A sera orienté à la hausse sur proposition du gouverneur de la Banque de France ».
Sans avancer de pourcentage, il a précisé sur BFM TV mardi matin : « On est en train de finaliser les calculs ». Le calendrier reste celui attendu : une communication à la mi-juillet, puis une entrée en vigueur du nouveau taux à partir du 1er août.
Entrée en vigueur
Date d'application du nouveau taux du Livret A, après une communication attendue à la mi-juillet.
Ce qui se décide d'ici mi-juillet
La Banque de France formule d'abord une recommandation. Si celle-ci s'écarte de la formule automatique, c'est ensuite à Bercy de retenir (ou non) une dérogation et de fixer la rémunération des livrets réglementés.
Hypothèse 1 : la formule appliquée à la lettre
Le taux du Livret A (et, par effet mécanique, celui du LDDS) est en principe revu deux fois par an. Le calcul dépend de deux paramètres : l'inflation et les taux courts interbancaires.
Avec une application stricte, la hausse ressortirait à 0,30 point : le Livret A et le LDDS passeraient de 1,50% net à 1,80% net. Pour un Livret A plafonné à 22 950€, cela représenterait 28 euros de plus sur la fin d'année.
La hausse attendue
Le Livret A et le LDDS passeraient de 1,50% net à 1,80% net.
Côté coût pour le secteur bancaire, l'économiste Philippe Crevel l'évalue à « 1,3 milliard d'euros dont 0,8 milliard d'euros pour la Caisse des dépôts (...). » cité par MoneyVox.
Hypothèse 2 : un ajustement pour coller davantage aux prix
La formule n'est pas appliquée automatiquement à chaque révision. Après avis du gouverneur de la Banque de France, le ministre de l'Economie et des Finances peut décider de ne pas appliquer la formule et d'arbitrer en fonction d'éléments conjoncturels et du contexte politique.
Le débat intervient alors que l'environnement est décrit comme marqué par un regain d'inflation, lié au choc énergétique consécutif à la guerre provoquée par les Etats-Unis au Moyen-Orient. En mai, dernier chiffre définitif mentionné, l'inflation sur un an s'établit à 2,40%. Sur l'ensemble de l'année, l'Insee vise un taux d'inflation moyen de 2%. Même à 1,80%, le rendement réel du Livret A (corrigé de l'inflation) pourrait donc rester négatif.
Dans ce cadre, un « coup de pouce » pourrait être envisagé, par exemple pour porter le Livret A à 2%. Philippe Crevel juge toutefois ce scénario peu crédible : « Le gouvernement ne devrait pas effectuer de coup de pouce sur le taux du Livret A car il entend également ne pas pénaliser la consommation qui est un des moteurs clés de la croissance. »
Et pour le LEP : quelles options sur la table ?
Pour le Livret d'épargne populaire, la règle prévoit un alignement sur l'inflation moyenne du semestre précédent (attendue autour de 1,50%) ou sur le taux « technique » du Livret A majoré d'un demi-point si c'est plus avantageux. Dans ce cas, le futur taux du LEP pourrait être de 2,30%.
Cette issue est présentée comme peu probable, car elle impliquerait une baisse par rapport au taux actuel (2,50%). L'option la plus plausible serait de préserver un avantage d'un point pour le LEP, ce qui conduirait à viser 2,80%, voire 3%.
