L’épargne de précaution des Français subit un net coup d’arrêt. Avec un rendement bloqué à un niveau historiquement bas et une remontée inattendue des prix à la consommation, le livret A ne protège plus le pouvoir d’achat des ménages. Cette situation incite de nombreux détenteurs de ce support réglementé à retirer leurs liquidités pour se tourner vers des produits financièrement plus rémunérateurs.
- Le taux d’intérêt réel du livret A chute à -0,68 % en raison d’une inflation mesurée à 2,2 %.
- La décollecte s’accélère avec 1,28 milliard d’euros de retraits nets enregistrés en avril 2026.
- Les fonds en euros de l’assurance vie affichent une performance moyenne de 2,9 % pour l’année en cours.
- Grâce aux comptes à terme, il est possible de bénéficier d’un taux fixe garanti susceptible d’atteindre 3,40 %, à l’abri de toute fluctuation du marché.
Succès des fonds en euros de l’assurance vie face à la chute du livret A
Fixé à 1,5 % depuis le début du mois de février 2026, le taux du livret A est désormais inférieur à l’inflation. Au printemps, celle-ci est en effet remontée à 2,2 %, en raison du contexte géopolitique mondial et du renchérissement du coût de l’énergie.
ImportantAinsi, les titulaires d’un compte rempli au plafond de 22 950 euros perdent annuellement 160 euros de pouvoir d’achat.
Malgré la sécurité maximale et la fiscalité allégée, le désintérêt des Français pour ce livret d’épargne est manifeste. Pour preuve, la décollecte est continue depuis janvier, pour un montant cumulé atteignant désormais 4,38 milliards d’euros. Un pic notable a été observé au printemps, avec 490 millions d’euros de solde négatif net en mars et 1,28 milliard d’euros retirés en avril.
La perte de vitesse du livret A profite largement aux fonds en euros de l’assurance vie. Les acteurs du marché jouent sur l’écart marqué entre les taux à court et à long terme, ce qui leur permet d’acheter des dettes souveraines aux rendements élevés. Après avoir servi un rendement de 2,65 % (frais de gestion déduits) l’an passé, le secteur anticipe une performance de 2,9 % pour l’exercice en cours. De plus, les contrats souscrits en ligne offrent désormais une disponibilité quasi immédiate des fonds, avec des délais de rachat réduits à 72 heures.
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Les options à privilégier entre bonus et blocage des fonds
Pour capter ces flux, les banques et les mutuelles multiplient les offres promotionnelles sur les nouveaux versements.
Les experts conseillent toutefois d’analyser les conditions de ces primes, souvent liées à l’achat d’unités de compte non garanties.
Considérant le niveau élevé actuel des marchés boursiers, les fonds obligataires de court terme sont à privilégier. Non seulement la volatilité est limitée, mais ces supports sont bien moins sensibles aux fluctuations économiques que les dettes à échéance lointaine.
Lorsque la disponibilité immédiate des capitaux n’est pas un critère prioritaire, le compte à terme représente une alternative intéressante. La banque emprunte à l’épargnant une certaine somme sur un horizon allant jusqu’à 60 mois contre un taux d’intérêt garanti dès la signature. Les propositions actuelles oscillent entre 2,40 % et 3,40 % bruts pour des engagements de longue durée. L’argent reste mobilisable en cas de coup dur, mais une sortie anticipée déclenche des pénalités pouvant amputer les intérêts accumulés du quart, ou de 30 %.