Le livret A traverse une crise inédite d’attractivité auprès des ménages français. Contre toute attente, le mois d’avril s’est terminé sur un solde négatif record depuis 2009. Ce repli touche également le livret de développement durable et solidaire (LDDS). Cette quatrième baisse mensuelle consécutive confirme une tendance initiée à l’automne 2025.
- Le livret A enregistre une décollecte record de 1,28 milliard d’euros en avril, ce qui rompt avec la tendance haussière habituelle.
- Le recul combiné du livret A et du LDDS s’élève à 1,53 milliard d’euros sur un seul mois.
- La baisse du taux d’intérêt à 1,5 % a créé un choc psychologique chez les épargnants.
- Les ménages modestes puisent dans leurs réserves pour compenser la flambée des prix de l’énergie.
Les facteurs économiques et psychologiques derrière cette décollecte historique
ImportantLe livret A et le LDDS affichent respectivement 1,28 milliard d’euros et 25 millions d’euros de décollecte. Ce recul surprend, dans la mesure où le mois d’avril est généralement favorable à ces livrets (une collecte moyenne de 2 milliards d’euros pendant cette période).
Les observateurs justifient cette situation par la combinaison de réalités économiques très différentes selon le niveau de vie des foyers. D’un côté, les moins aisés subissent de plein fouet l’envolée des coûts de l’énergie liée au conflit en Iran. Ils sont ainsi contraints de puiser dans leur livret d’épargne pour boucler leur budget mensuel.
Note trustpilot :
- Taux de 1,60 % annuel brut
- Capital garanti et toujours disponible
- O frais
- Accessible dès 10€, offre sous conditions visible sur la page produit
Offre du moment
D’un autre côté, la baisse du taux du livret A, qui est descendu à 1,5 % au 1er février (contre 1,7 % auparavant), a brisé un seuil psychologique. Habitués à un rendement de 3 % pendant deux ans, les épargnants boudent ce produit qui ne rapporte plus grand-chose.
Cette situation profite directement aux autres placements, au premier rang desquels se trouve l’assurance vie. Avec des fonds en euros affichant une performance moyenne de 2,6 % en 2025 et des offres promotionnelles agressives, les profils plus aisés délaissent les supports réglementés. Paradoxalement, les comptes courants attirent 2,4 milliards d’euros supplémentaires et la collecte progresse de 1,8 milliard d’euros pour les livrets bancaires classiques.
Un arbitrage réglementaire et des incertitudes politiques pour l’avenir
Le phénomène affecte également le livret d’épargne populaire (LEP), qui subit une baisse de 320 millions d’euros malgré un rendement fixé à 2,5 %. Ce mouvement s’explique toutefois par le nettoyage des portefeuilles bancaires. En effet, chaque année, les établissements financiers ferment automatiquement les comptes des clients, dont les revenus dépassent les plafonds fiscaux en vigueur. La perte cumulée sur les quatre premiers mois de l’année frôle les 5 milliards d’euros, une situation jamais vue depuis 2019, même si la capitalisation des intérêts passés amortit ce solde sur un an glissant.
L’incertitude demeure pour le second semestre. La formule mathématique liée à l’inflation pourrait justifier une hausse du taux à 1,8 % dès le mois d’août. Toutefois, la Banque de France pourrait décider de le geler à 1,5 % si elle anticipait une décrue rapide des prix de l’énergie. Ce choix influencerait directement l’avenir : si l’inflation refluait d’ici février 2027, l’Exécutif devrait baisser le rendement des livrets au cœur de l’élection présidentielle, une décision toujours redoutée.