Les banques relèvent la rémunération de leurs comptes à terme, sur fond de hausse des taux de la BCE. Jusqu’au 1er novembre, une offre promotionnelle affichait 4 % bruts sur trois mois, soit un rendement net de 2,74 %, contre 1,7 % pour le Livret A. Mais ces taux d’appel, limités dans le temps, masquent des écarts de rendement parfois supérieurs à un point de pourcentage ainsi que des tickets d’entrée et des pénalités de sortie élevés.
- Les offres promotionnelles ont atteint 4 % brut sur 3 mois, soit 2,74 % net, contre 1,7 % pour le Livret A.
- Le TRAAB (taux de rendement annuel actuariel brut) est l’indicateur à retenir pour comparer les contrats.
- À durée identique, l’écart de rémunérations entre les différentes offres dépasse parfois un point de pourcentage.
- Les CAT s’adressent principalement aux ménages aisés, compte tenu de leurs tickets d’entrée et de leurs pénalités de sorties particulièrement élevés.
Des taux attractifs qui relancent l’intérêt pour les comptes à terme
L’argument s’affiche en grand dans certaines agences. Jusqu’au 1er novembre, une grande banque proposait un taux fixe annuel de 4 % brut sur un compte à terme de trois mois, pour tout dépôt compris entre 5 000 et 200 000 euros. Après prélèvements, le rendement s’établit à 2,74 % net, soit un niveau supérieur à celui du Livret A (1,7 %), taux en vigueur jusqu’au 31 janvier 2027. L’écart atteint ainsi un point de pourcentage, avec toutefois une différence majeure : cette rémunération porte sur une courte période et n’était accessible que dans le cadre d’une offre promotionnelle, désormais terminée.
Plusieurs banques préfèrent ainsi augmenter les taux de leurs comptes à terme plutôt que ceux de leurs livrets. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte marqué par la remontée des taux de la BCE. Après un relèvement juste avant l’été, l’institution a décidé une nouvelle hausse le 10 septembre 2026, portant son taux de dépôt à 2,5 %.
ImportantSelon la Banque de France, la rémunération moyenne des CAT de deux ans ou moins a grimpé de 2,30 % bruts en juin à 2,38 % en août. Pour les contrats plus longs, elle est passée de 2,85 % à 2,90 %.
Les établissements cherchent à attirer davantage de dépôts. En effet, leurs emprunts sur les marchés obligataires leur coûtent désormais plus cher, puisque la marge qu’ils doivent verser par rapport aux OAT a augmenté. Ils doivent donc trouver des moyens de séduire les épargnants et le choix du produit prend toute son importance.
Une hausse du taux d’un livret s’applique aux sommes qui y sont déposées et renchérit la rémunération de l’ensemble de l’encours. Avec un compte à terme, les conditions sont fixées individuellement pour chaque contrat. Les établissements peuvent ainsi proposer de nouveaux taux sans revaloriser automatiquement les placements souscrits auparavant.
Le TRAAB, l’indicateur le plus fiable pour comparer les contrats
Les comptes à terme n’ont pas les mêmes caractéristiques. D’un établissement à l’autre, leur taux peut être fixe, progressif ou variable. Certains sont couplés à un autre produit, comme un plan épargne logement. Autant de particularités qui rendent les offres difficiles à départager.
Le taux de rendement annuel actuariel brut (TRAAB) permet d’y voir plus clair. Exprimé sur la base de douze mois, il facilite la comparaison des contrats, quelle que soit leur durée ou la fréquence de versement des intérêts. Les banques sont tenues de le communiquer, mais il est généralement peu mis en avant par rapport au taux nominal indiqué dans leurs brochures commerciales.
Sur trois mois, il varie de 2,22 % à 4,06 % selon les établissements, le haut de la fourchette correspondant à l’offre promotionnelle évoquée plus haut. Sur douze mois, il oscille entre 2,20 % et 3,31 %. Sur cinq ans, il s’échelonne de 2,81 % à 3,60 %. À durée identique, l’écart dépasse parfois un point de pourcentage.
Un ticket d’entrée de 1 000 à 10 000 euros
Le montant minimum à déposer pour ouvrir un CAT diffère sensiblement selon les enseignes. Il s’établit à 1 000 euros dans certains établissements, à 3 000 ou 5 000 euros dans d’autres, et grimpe jusqu’à 7 500, voire 10 000 euros.
À titre de comparaison, un livret bancaire classique est accessible dès 10 euros. Ainsi, le compte à terme s’adresse davantage aux ménages aisés qui disposent d’une réserve disponible importante, notamment ceux ayant déjà rempli les plafonds du Livret A et du LDDS.
ImportantEn échange, le placement séduit par sa sécurité et sa souplesse : le CAT est un produit d’épargne sans risque et les durées courent de quelques mois à plusieurs années, le plus souvent de 1 mois à 5 ans.
Possibilité de retirer son argent sur un compte à terme, mais à quel prix ?
Contrairement à une idée répandue, l’argent placé sur un compte à terme n’est pas bloqué. Un retrait anticipé reste autorisé, sous réserve de respecter certaines conditions. D’abord, le délai de récupération peut atteindre 32 jours, soit le maximum prévu par la réglementation. Celui-ci est bien plus long que pour les livrets ou les fonds euros de l’assurance vie. En outre, aucun intérêt n’est versé lorsque la sortie intervient au cours du premier mois suivant l’ouverture.
Au-delà, chaque établissement applique son propre barème. Certaines banques facturent une pénalité équivalente à 0,50 % du taux correspondant au terme effectif du placement. D’autres rognent le rendement selon le moment du retrait : par exemple, 30 % avant le premier tiers de la durée initiale, 20 % jusqu’aux deux tiers, puis 10 %.
Les conditions peuvent être plus sévères encore. Pour un CAT à 12 mois rémunéré au départ à 2,80 %, un établissement abaisse le taux à 0,70 % en cas de déblocage au premier semestre, puis à 1,30 %. Un autre ne verse aucun intérêt si la clôture intervient avant l’échéance.
Livret à taux boosté ou fonds daté : deux alternatives à comparer
Pour une épargne qui doit rester disponible, un livret bancaire à taux boosté mérite d’être comparé au compte à terme : notre sélection des meilleurs livrets d’épargne recense les offres du moment. Le Livret Meilleurtaux affiche ainsi 4 % annuel brut pendant six mois, puis 2 %, dès 10 euros de versement et sans frais de retrait (offre valable pour une première souscription du 1er novembre au 15 décembre 2026, dans la limite de 200 000 euros).
Pour un horizon plus long, les fonds obligataires datés constituent une autre piste, en contrepartie d’un risque de perte en capital. Meilleurtaux Horizon 2031 vise un rendement annualisé de 4,70 % à maturité, net des frais de gestion du support, estimé sur la base des conditions de marché au 29 septembre 2026 et non garanti, pour une durée de placement recommandée de 7 ans.