Un livret d’épargne et des euros sur une table

    La ministre de la Transition écologique a évoqué un relèvement du plafond du Livret A de 22 950 € à 30 000 €. Pour l’instant, la mesure n’est pas actée et les banques y sont opposées.

    À retenir
    • Le plafond du Livret A a été évoqué à 30 000 euros, contre 22 950 euros aujourd’hui.
    • La piste est liée au Plan national d’adaptation au changement climatique, attendu fin septembre.
    • Selon Les Echos, la mesure n’a pas été arbitrée par Matignon ni approuvée par Bercy.
    • La FBF s’oppose au relèvement, notamment pour des raisons de coût de rémunération des dépôts.
    • Le manque à gagner fiscal était d’environ 5 milliards d’euros en 2025.

    Question de José (8 septembre) : « Le plafond du Livret va-t-il vraiment augmenter à 30 000 euros ? Si oui, quand ? »

    Cette interrogation intervient après un précédent article sur la réserve exprimée par les banques face à un éventuel relèvement du plafond du Livret A, piste mentionnée la semaine dernière par la ministre de la Transition écologique.

    Une idée liée au plan climat présenté fin septembre

    Dans le cadre des mesures envisagées pour accélérer la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique, que la ministre doit dévoiler fin septembre, Monique Barbut a avancé auprès des Echos une option : porter le plafond du Livret A de 22 950 euros à 30 000 euros. Cette proposition a été formulée alors que la France a connu en 2026 son été le plus chaud jamais enregistré.

    Pourquoi relever le plafond ? La logique de financement

    Selon la ministre, augmenter le plafond permettrait de dégager des capacités supplémentaires de financement. L’objectif affiché : permettre à la Caisse des dépôts d’accorder des prêts de long terme destinés à financer l’adaptation au changement climatique.

    La Caisse des dépôts centralise 60% des sommes déposées sur les Livrets A, les LDDS et les LEP. Environ 200 milliards d’euros sont ensuite prêtés à taux préférentiels pour des projets d’intérêt général, principalement le logement social et le service public local.

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    Décision politique : rien n’est arbitré à ce stade

    Pour l’instant, la mesure n’est pas validée. D’après Les Echos, la proposition de la ministre « a été accueillie favorablement par la Caisse des Dépôts (...) mais n'a pas encore été arbitrée par Matignon ni approuvée par Bercy ». En clair, il s’agit aujourd’hui d’une piste, sans calendrier arrêté.

    Pourquoi les banques s’y opposent

    Les établissements bancaires, via la Fédération bancaire française (FBF), ont exprimé leur opposition au relèvement du plafond du Livret A. Ils rappellent qu’ils rémunèrent les dépôts (Livret A, LDDS, LEP) sur environ 40% de la collecte totale, à des taux plus élevés que ceux servis sur d’autres produits similaires, comme leurs livrets bancaires.

    Autre argument avancé : « Relever le plafond du Livret A reviendrait à accroître une dépense publique au bénéfice des détenteurs de Livret A les plus aisés et au détriment de ceux qui investissent pour la transition », selon la FBF.

    Un enjeu budgétaire, dans un contexte de finances publiques tendues

    Au moins 15% des Livrets A dépassent déjà le plafond de 22 950 euros en 2025. Comme le LDDS, le LEP ou encore les anciens PEL, le Livret A bénéficie d’une exonération fiscale. Le manque à gagner pour l’État était d’environ 5 milliards d’euros en 2025.

    Dans ce contexte, et alors que les finances publiques sont sous tension, un relèvement du plafond — susceptible de profiter à une minorité d’épargnants — pourrait ne pas être validé par l’exécutif.

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    Rédaction meilleurtaux Placement

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