Les données d'inflation publiées vendredi 29 mai relancent le débat sur l'évolution des livrets réglementés. Avec une augmentation des prix nettement supérieure aux prévisions, le rendement du Livret A et du LEP pourrait être révisé à la hausse dès le 1ᵉʳ août.
- L'inflation atteint 2,40 % en mai, dépassant les prévisions de 0,5 point.
- La hausse moyenne des prix sur le premier semestre pourrait approcher 1,60 %.
- Le taux du Livret A pourrait passer de 1,50 % à 1,70 % ou 1,80 % au 1ᵉʳ août.
- Le LEP pourrait être revalorisé entre 2,70 % et 2,80 %, contre 2,50 % actuellement.
- La décision finale dépendra du gouvernement et du nouveau gouverneur de la Banque de France.
L'Insee a dévoilé ce vendredi 29 mai une estimation provisoire qui surprend : l'inflation a grimpé à 2,40 % en mai. Cette progression dépasse d'environ 0,5 point les anticipations formulées il y a deux mois par l'institut dans sa dernière note de conjoncture. Le contexte géopolitique, notamment la guerre au Moyen-Orient, continue d'alimenter cette dynamique inflationniste plus rapide que prévu.
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Quel impact sur la progression annuelle des prix ?
Si l'on considère le premier semestre dans son ensemble, la hausse moyenne annuelle des prix pourrait avoisiner 1,60 %. Un écart significatif avec la prévision initiale de 1,25 %, établie avant l'escalade du conflit qui perturbe l'économie mondiale. Cette accélération inattendue alimente désormais l'hypothèse d'un ajustement à la hausse des taux des livrets réglementés — Livret A, LEP et LDDS — dont la révision intervient le 1ᵉʳ août. Rappelons que la formule de calcul de ces produits d'épargne intègre directement l'évolution de l'inflation.
Le rôle de la Banque centrale européenne
Au-delà de l'inflation, un second paramètre joue un rôle déterminant : les décisions de la BCE en matière de politique monétaire. Son taux de dépôt conditionne l'€ster, taux interbancaire de court terme dont la moyenne sur six mois constitue l'autre composante de la formule. Pour le moment, la BCE n'a pas modifié ce taux et l'€ster moyen semestriel demeure stable à 1,94 % depuis décembre dernier.
Néanmoins, lors de la réunion du conseil des gouverneurs prévue le 5 juin, une légère hausse d'un quart de point est attendue. Cette mesure serait une réponse directe à la poussée inflationniste.
Des ajustements limités dans la formule de calcul
Toutefois, d'un point de vue arithmétique, cette décision interviendrait trop tard pour peser réellement sur la moyenne lissée de l'€ster sur six mois. Son influence sur le futur taux du Livret A sera donc marginale.
En conséquence, c'est surtout la forte inflation qui pourrait faire grimper le taux du Livret A entre 1,70 % et 1,80 %, contre 1,50 % actuellement. Le LEP, quant à lui, pourrait passer de 2,50 % à une fourchette comprise entre 2,70 % et 2,80 %, à condition de maintenir le différentiel d'un point par rapport au Livret A.
Feu vert du gouvernement et de la Banque de France ?
Cette revalorisation devra toutefois recevoir l'aval du gouvernement, qui dispose du pouvoir — qu'il utilise régulièrement — de déroger à l'application stricte de la formule. Elle nécessitera également l'accord du nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, cité par MoneyVox, qui prendra ses fonctions le 2 juin et formulera sa première recommandation sur le Livret A.
Le statu quo sera-t-il privilégié ? Cette option paraît peu vraisemblable. L'espoir d'une résolution rapide de la crise initiée par les États-Unis et Israël, permettant un retour à la normale, semble de plus en plus incertain.