Au 1er août, la rémunération du Livret A et du LDDS pourrait évoluer en fonction de la formule réglementaire… ou d’une décision politique. Trois pistes sont sur la table : hausse « mécanique », statu quo ou coup de pouce.
- Au 1er août, le Livret A et le LDDS sont aujourd’hui à 1,50% net de fiscalité.
- Scénario « formule » : +0,30 point, à 1,80% net, et LEP de 2,50% à 2,80%.
- Le ministre peut ne pas appliquer la formule, après recommandation du gouverneur.
- Un statu quo est défendu au nom du coût des prêts indexés sur le Livret A et de la consommation.
- Un coup de pouce (ou un compromis en faveur du LEP) dépendra aussi du contexte inflation/conflit.
À compter du 1er août, le taux du Livret A et celui du LDDS, actuellement à 1,50% net de fiscalité, pourraient être révisés. La reprise de l’inflation, notamment liée à la hausse des prix des carburants, combinée à la stabilité de l’€ster (un des paramètres de la formule officielle), ouvre la voie à un premier scénario : une hausse de 0,30 point, à 1,80% net. Dans ce cas, le LEP suivrait, de 2,50% à 2,80%.
Note trustpilot :
- Taux boosté à 4,75 % annuel brut sur les 2 premiers mois, puis 1,60 %/an
- Capital garanti et toujours disponible
- O frais
- Accessible dès 10€, offre sous conditions visible sur la page produit
Offre du moment
Mais cette trajectoire n’est pas automatique. Après avis du gouverneur de la Banque de France, le ministre de l’Économie et des Finances peut en effet choisir de ne pas appliquer la formule et fixer les taux selon d’autres considérations (conjoncture, mais aussi contexte politique).
Trois options possibles pour les nouveaux taux
Au-delà de la hausse « mathématique », deux voies se dégagent aujourd’hui : le statu quo ou un coup de pouce.
Option 1 : appliquer la formule et remonter à 1,80%
Ce scénario, souvent présenté comme le plus probable, s’appuie sur les paramètres actuels : inflation plus dynamique et €ster stable. Il conduirait à 1,80% net pour le Livret A et le LDDS, et à 2,80% pour le LEP.
Option 2 : maintenir le taux, au nom de l’économie
Une hausse des taux des livrets réglementés profite aux épargnants, mais elle renchérit le financement des acteurs qui empruntent l’épargne centralisée à la Caisse des dépôts. Les bailleurs sociaux et les collectivités s’appuient sur ces ressources pour des logements sociaux ou des équipements publics, avec des prêts dont le coût est fréquemment indexé sur le taux du Livret A.
Et l’effet pourrait dépasser ces seuls emprunteurs. « (...) Une hausse du taux du Livret A serait une incitation au relèvement des taux de crédit des banques », estime l’économiste Philippe Crevel cité par MoneyVox, dans un récent communiqué. « Or, le gouvernement souhaite avant tout une reprise de l'investissement et n'entend pas encourager l'épargne de précaution afin de ne pas pénaliser la consommation ».
Autre élément avancé : l’inflation actuelle reste considérée comme purement conjoncturelle, car liée aux conséquences du conflit déclenché par les Etats-Unis et Israël au Moyen-Orient. « Si, en juillet, une solution diplomatique est trouvée entre l'Iran et les États-Unis, une baisse du cours du pétrole devrait rapidement intervenir et faire baisser la pression inflationniste », note Philippe Crevel. « Dans ce contexte, le gouverneur pourrait juger inutile de relever le taux, sachant qu'en février 2027, à quelques semaines de l'élection présidentielle, il sera plus difficile de le baisser. »
Dans cette lecture, le contexte macro-économique plaide plutôt pour un statu quo.
Option 3 : un « coup de pouce », décision plus politique
La recommandation du gouverneur de la Banque de France est attendue à la mi-juillet. Or, un changement est en cours à la tête de l’institution : François Villeroy de Galhau a annoncé son départ début juin. Le président de la République a proposé Emmanuel Moulin (ancien secrétaire général de l’Élysée et ex-directeur général du Trésor), sous réserve de l’avis des commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Dans ce contexte, une décision plus volontariste est possible. « Si l'inflation accélère, autour de 3%, et si le conflit au Moyen-Orient perdure, il lui sera difficile de maintenir à 1,5% le taux du Livret A », estime Philippe Crevel. « Il pourrait être conduit à le relever à 1,8%/2% ».
Une voie intermédiaire est également évoquée : limiter l’évolution du Livret A et concentrer l’effort sur le LEP, produit ciblant les ménages les moins aisés.