Après un Conseil de politique nucléaire à Penly, l’Élysée a précisé le mode de financement d’une partie du programme EPR 2. Le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, alimenté par une part des livrets réglementés, est mis à contribution.
- Après le CPN, l’Élysée annonce un financement via le fonds d’épargne de la CDC.
- Le prêt bonifié de l’État pour EPR 2 concerne 60% du montant total du programme.
- Le Fonds d’épargne regroupe 59,5% de l’épargne réglementée (Livret A, LDDS, LEP), soit environ 400 milliards d’euros.
- Les coûts du programme ne sont pas définitivement arrêtés : « en dessous de 100 milliards d’euros » selon l’exécutif, 73 milliards d’euros selon EDF.
- Les Français interrogés par MoneyVox sont partagés : 45% favorables, 37% opposés.
Lors d’un déplacement sur le site de la centrale de Penly (Seine-Maritime), jeudi 12 mars, Emmanuel Macron a présidé un Conseil de politique nucléaire (CPN). Cette instance fixe des orientations pour la relance du nucléaire civil en France.
Relance du nucléaire : quels projets sont visés ?
Le programme présenté prévoit la construction par EDF d’au moins six nouveaux réacteurs, conformément à la nouvelle feuille de route énergétique. Les implantations citées sont Penly, Gravelines (Nord) et Bugey (Ain).
Le président de la République a déclaré : « On n'arrivera pas à gagner la bataille du climat, de la compétitivité et de la souveraineté sans le nucléaire », en évoquant le « chantier du siècle » de la relance du nucléaire en France.
Ce que dit l’Élysée sur l’argent des livrets
À l’issue du CPN, l’Élysée a indiqué que « le prêt bonifié de l’Etat accordé au programme EPR 2 pour 60% du montant total du programme sera financé par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts ».
En pratique, cela revient à mobiliser, notamment, une partie des ressources du Livret A pour contribuer au financement de nouveaux réacteurs EPR en France. Les coûts exacts n’ont pas été arrêtés : l’exécutif a évoqué un montant « en dessous de 100 milliards d’euros », tandis qu’EDF avance un budget d’environ 73 milliards d’euros.
Pourquoi la Caisse des dépôts est au centre du dispositif
Le recours à l’épargne réglementée n’est pas nouveau dans le débat. Olivier Sichel, directeur général de la Caisse des dépôts (CDC) cité par MoneyVox, avait expliqué en octobre dernier qu’un accord avait été trouvé entre le ministère de l’Économie et EDF pour s’appuyer sur le Fonds d’épargne de la CDC afin de financer de nouveaux réacteurs EPR.
Fonds d’épargne : d’où viennent les 400 milliards ?
Le Fonds d’épargne centralise et pilote 59,5% de l’épargne réglementée placée sur le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d’épargne populaire (LEP). Son encours atteint environ 400 milliards d’euros.
La moitié est consacrée à des prêts de long terme, notamment pour le logement social et des actions liées à la politique de la ville. Le solde est placé en titres de dette (principalement d’État) et en actions d’entreprises cotées, sans publication d’une liste exhaustive. Le nucléaire « fait partie évidemment de notre souveraineté énergétique », rappelait Olivier Sichel à l’automne dernier.
Sondage MoneyVox : une opinion partagée
L’idée d’utiliser l’argent des livrets réglementés pour le renouvellement du parc nucléaire est discutée depuis le début de l’année 2023. Un sondage MoneyVox montrait des avis divisés : 45% des répondants étaient favorables (16% totalement, 29% plutôt), tandis que 37% se disaient opposés à cette orientation.