Le rebond estival aura été de courte durée pour le Livret A. Après deux mois de collecte positive en juillet et août, ce produit d’épargne réglementé replonge dans le rouge en septembre 2026, avec 1,52 milliard d’euros de retraits nets. Depuis janvier, la décollecte cumulée avoisine les 7 milliards d’euros. La hausse des prix et les dépenses liées à la rentrée incitent certains ménages à puiser dans leurs réserves, tandis que d’autres privilégient des placements mieux rémunérés.
- Le Livret A subit une décollecte nette de 1,52 milliard d’euros en septembre 2026.
- La hausse de son taux à 1,7 % en août n’aura pas suffi à séduire durablement les épargnants.
- L’inflation et les dépenses de rentrée poussent les ménages à piocher dans leur bas de laine.
- Pour 22 950 euros placés pendant un an, le Livret Meilleurtaux génère environ 472 euros d’intérêts nets, contre 390 euros pour le Livret A, à taux inchangés.
Vers une décollecte de 9 à 10 milliards d’euros en 2026
La collecte du Livret A poursuit son repli en 2026. Depuis janvier, les retraits nets cumulés s’élèvent à près de 7 milliards d’euros et pourraient s’accentuer au cours du quatrième trimestre, une période traditionnellement marquée par les dépenses de fin d’année. Ceux-ci pourraient ainsi atteindre 9 à 10 milliards d’euros, contre 2,12 milliards en 2025.
Malgré ce recul, l’encours total dépasse les 440 milliards d’euros, contre 260 milliards en 2016. À ce stade, le financement du logement social ne semble pas menacé. Dans le contexte actuel, certains observateurs anticipent une remontée du taux de ce livret d’épargne à 2,5 % au 1er février 2027, ce qui pourrait renforcer son attractivité.
De son côté, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) connaît lui aussi un mois de septembre peu favorable, avec 700 millions d’euros de décollecte. Sur neuf mois, les retraits nets s’élèvent à 1,61 milliard d’euros.
L’inflation et les dépenses de rentrée pèsent sur le budget des ménages
En septembre, les dépenses de rentrée scolaire, la fin des vacances et le paiement du solde de l’impôt sur le revenu pèsent sur les finances des ménages. En 2026, l’envolée des prix de l’énergie accentue cette pression, le baril de pétrole ayant dépassé les 100 dollars. Les foyers modestes se voient contraints de puiser dans leur bas de laine pour couvrir leurs charges courantes.
La hausse du taux du Livret A à 1,7 % au 1er août, après un niveau de 1,5 %, n’a pas permis de soutenir durablement la collecte. Celle-ci a atteint seulement 50 millions d’euros en juillet et 540 millions en août, avant de basculer de nouveau dans le rouge le mois dernier.
ImportantEn septembre, l’inflation se situe à 3,4 %, ramenant le rendement réel du produit à -1,7 %. Les épargnants disposant de liquidités se tournent ainsi vers des produits plus rémunérateurs, tels que les super-livrets, les dépôts à terme ou les fonds en euros de l’assurance vie. L’intérêt de ces placements dépend néanmoins du taux servi et de la fiscalité applicable.
Le Livret Meilleurtaux affiche un gain net supérieur à celui des livrets règlementés
Les épargnants ayant rempli le plafond du Livret A peuvent envisager d’autres solutions pour faire fructifier leurs liquidités. Le Livret Meilleurtaux figure parmi les options à étudier, notamment grâce à son taux promotionnel de 4 % brut pendant les six premiers mois, puis de 2 %, pour une première souscription jusqu’au 15 décembre 2026, dans la limite de 200 000 euros.
Pour un placement de 22 950 euros pendant un an, les intérêts cumulés atteignent environ 688,50 euros avant impôts et prélèvements sociaux. Après application du PFU de 31,4 %, le gain net s’élève à 472,31 euros. Le même capital investi sur un Livret A rémunéré à 1,7 % génère 390,15 euros nets. À taux inchangés, le Livret Meilleurtaux rapporte donc environ 82 euros supplémentaires sur un an.