Calcul du taux du Livret A avec inflation et €STR

    Inflation plus élevée, €STR orienté à la hausse : la formule réglementaire suggère un relèvement du taux du Livret A au 1er février 2027, sous réserve d’une décision finale du gouvernement.

    À retenir
    • Le Livret A (ainsi que LDDS, LEP et CEL) est revu au moins deux fois par an : 1er février et 1er août.
    • La formule combine inflation hors tabac et €STR, puis arrondit au dixième (plancher à 0,50%).
    • Les dernières données pointent vers une inflation semestrielle proche de 2,70% et un €STR approchant 2,40%.
    • La formule donnerait un taux légal du Livret A entre 2,50% et 2,60% (plutôt 2,50%), contre 1,70% actuellement.
    • Une dérogation reste possible si des « circonstances exceptionnelles » sont retenues.

    Le prochain ajustement du taux du Livret A interviendra, comme le prévoit le calendrier, le 1er février 2027. En appliquant la formule utilisée par la Banque de France, une fourchette se dessine déjà, même si elle reste dépendante des données des prochains mois et d’un éventuel choix politique.

    Révision des taux : qui fait quoi, et quand ?

    Le taux du Livret A — et, par ricochet, ceux du LDDS, du LEP et du CEL — fait l’objet d’une révision au minimum deux fois par an, au 1er février et au 1er août.

    Avant chaque échéance :

    • la Banque de France applique la formule inscrite dans les textes, puis son gouverneur transmet au ministre de l’Économie une recommandation de taux : suivre le résultat légal ou s’en écarter au titre de « circonstances exceptionnelles » ;
    • le gouvernement arbitre et publie les nouveaux taux 15 jours avant leur entrée en vigueur.

    La formule du Livret A : inflation et €STR au cœur du calcul

    Le taux est obtenu en prenant la moyenne arithmétique de :

    • la moyenne semestrielle de l’€STR ;
    • la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac, en glissement annuel.

    Le résultat est ensuite arrondi au dixième le plus proche. Le taux du Livret A ne peut pas descendre sous 0,50%.

    Conséquence pratique : pour anticiper le taux au 1er février 2027, il faut projeter l’inflation (hors tabac) entre juillet et décembre 2026, ainsi que l’€STR sur la même période.

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    Inflation : une révision à la hausse en septembre

    L’INSEE a publié le jeudi 15 octobre l’inflation définitive de septembre. Particularité notable : le chiffre a été revu à la hausse par rapport à l’estimation de 15 jours plus tôt, ce qui traduit une progression des prix plus marquée, en particulier sur l’énergie (+21,3% sur un an en septembre 2026, après +16,7% en août et +12,6% en juillet).

    Dans sa note de conjoncture du 10 septembre, l’INSEE tablait sur une inflation semestrielle moyenne de 2,55% (contre 2,40% dans la précédente publication de juin). Au vu des derniers éléments, elle devrait se rapprocher des 2,70%.

    Taux directeurs de la BCE : quel impact sur l’€STR ?

    La remontée de l’inflation à l’échelle de la zone euro a conduit la BCE à relever ses taux directeurs. Le taux de la facilité de dépôt est passé de 2% à 2,25% en juin, puis à 2,50% en septembre. Une nouvelle hausse est envisagée, possiblement à la mi-décembre.

    L’€STR suivant de près cette dynamique, sa moyenne semestrielle pourrait accélérer. Donné à 2,06% au 10 septembre, il devrait s’approcher des 2,40% en fin d’année.

    Application de la formule : une fourchette déjà visible

    Avec une inflation autour de 2,70% et un €STR proche de 2,40%, la mécanique de calcul conduit à un taux légal attendu entre 2,50% et 2,60%, avec une balance qui pencherait actuellement plutôt du côté des 2,50%. À titre de comparaison, le taux du Livret A est aujourd’hui de 1,70%.

    Dans ce scénario, le LEP progresserait également : il passerait de 2,50% à 3%, l’écart minimal entre LEP et Livret A étant fixé à 0,5 point.

    La formule peut-elle ne pas être suivie ?

    Ces estimations restent à prendre avec les précautions d’usage. Elles reposent sur des projections d’inflation encore susceptibles d’évoluer, et sur une trajectoire de l’€STR qui n’est pas, à ce stade, certaine.

    Enfin, une part d’incertitude tient aux arbitrages publics. Le gouverneur de la Banque de France peut invoquer des « circonstances exceptionnelles » pour recommander de ne pas appliquer strictement la formule. Reste à savoir si la situation économique au moment de la décision, début 2027, conduira l’exécutif à retenir ou non cette option.

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    Rédaction meilleurtaux Placement

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