Livret d’épargne et courbes de taux en arrière-plan

    La formule de calcul du Livret A combine inflation et taux interbancaire €STR (Euro Short-Term Rate ou taux à court terme en euros en français). Avec des prévisions d’inflation revues à la hausse et des taux BCE relevés, le taux « légal » de février 2027 ressortirait autour de 2,5%, sauf dérogation.

    À retenir
    • Le taux du Livret A est révisé au moins deux fois par an : 1er février et 1er août.
    • La formule combine la moyenne semestrielle de l’€STR et celle de l’inflation hors tabac (arrondi au dixième).
    • L’INSEE vise désormais 2,55% d’inflation moyenne au 2e semestre 2026, contre 2,40% auparavant.
    • Après deux hausses, le taux de dépôt de la BCE est à 2,50% ; l’€STR pourrait s’approcher de 2,40% en fin d’année.
    • La formule donnerait un Livret A entre 2,40% et 2,50% au 1er février 2027, sauf dérogation pour « circonstances exceptionnelles ».

    Le taux du Livret A est recalculé deux fois par an. Pour l’échéance du 1er février 2027, les derniers signaux sur l’inflation et sur les taux de la BCE conduisent à un résultat provisoire nettement supérieur au niveau actuel (1,70%).

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    Calendrier et décision : qui fixe le taux, et quand ?

    La révision intervient au minimum le 1er février et le 1er août, et concerne aussi, par ricochet, le LDDS, le LEP et le CEL.

    En pratique, la procédure suit deux étapes :

    • la Banque de France applique la formule prévue par les textes et son gouverneur transmet au ministre de l’Économie une recommandation de taux (application du taux issu de la formule ou non, en cas de « circonstances exceptionnelles ») ;
    • le ministre arbitre et annonce les nouveaux taux environ 15 jours avant leur entrée en vigueur.

    La formule du Livret A : inflation + €STR

    Le calcul retenu par la Banque de France correspond à une moyenne arithmétique entre :

    • la moyenne semestrielle de l’€STR ;
    • la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac en glissement annuel.

    Le résultat est ensuite arrondi au dixième le plus proche. À noter : le taux ne peut pas descendre sous 0,50%.

    Pour projeter le taux au 1er février 2027, il faut donc estimer l’inflation hors tabac moyenne de juillet à décembre 2026, ainsi que l’évolution de l’€STR sur la même période.

    Prévisions INSEE : inflation du 2e semestre 2026 réévaluée

    L’INSEE a publié le jeudi 10 septembre de nouvelles anticipations pour la fin d’année. Dans sa note de conjoncture du 17 juin, l’institut visait une inflation moyenne de 2,40% au second semestre 2026. La mise à jour du jour relève cette estimation à 2,55%.

    Cette révision s’inscrit dans un contexte de hausse des prix de l’énergie, liée à la guerre au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz, avec un prix des carburants passé au-delà des 2 euros. Sur l’ensemble de l’année 2026, l’inflation sur les produits pétroliers est attendue un peu au-dessus de 20%.

    BCE : deux relèvements successifs, impact sur l’€STR

    Face à une inflation marquée dans la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux directeurs. Le taux de la facilité de dépôt est monté de 2% à 2,25% en juin, puis à 2,50%, comme l’a confirmé l’institution ce jeudi à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs.

    L’€STR suivant cette dynamique, la moyenne semestrielle devrait accélérer. À 2,06% ce 10 septembre, il pourrait s’approcher des 2,40% en fin d’année, voire davantage si une troisième hausse consécutive intervenait.

    Projection au 1er février 2027 : quel taux « légal » en sortie de formule ?

    Avec une inflation autour de 2,50% et un €STR proche de 2,40%, l’application mécanique de la formule conduirait à un taux compris entre 2,40% et 2,50%, avec une balance qui pencherait actuellement plutôt du côté des 2,50%.

    Dans ce scénario, le LEP remonterait de 2,50% à 3%, l’écart minimal entre LEP et Livret A étant de 0,5 point.

    Dérogation possible : les « circonstances exceptionnelles » en question

    Ces estimations restent à prendre avec les précautions d’usage : elles reposent sur des projections d’inflation, par nature évolutives, et sur une trajectoire de l’€STR encore hypothétique.

    Dernier facteur d’incertitude : les choix politiques. Le gouverneur de la Banque de France peut invoquer des « circonstances exceptionnelles » pour recommander de s’écarter de la formule. La situation économique début 2027 conduira-t-elle le gouvernement à suivre ce type de recommandation ? Cela a déjà été observé par le passé.

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    Rédaction meilleurtaux Placement

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