Livret d’épargne et pièces, illustration du Livret A

    L’idée de porter le plafond du Livret A de 23 000 à 30 000 euros est citée parmi les options du Plan national d’adaptation. La FBF, mais aussi un expert de l’épargne, pointent des effets possibles sur l’investissement et les finances publiques.

    À retenir
    • La ministre Monique Barbut évoque un plafond du Livret A porté de 23.000 à 30.000 euros.
    • La FBF critique une mesure jugée favorable aux détenteurs les plus aisés.
    • Selon Philippe Crevel, le relèvement peut viser 10 milliards d’euros d’encours supplémentaires, sans garantie d’un surcroît d’investissement.
    • Le dispositif est évoqué dans le Plan national d’adaptation au changement climatique, avec des conclusions attendues fin septembre.
    • Les exonérations sur plusieurs livrets impliquent un manque à gagner fiscal, proche de 5 milliards d’euros en 2025.

    Un relèvement du plafond du Livret A refait surface dans le cadre des mesures liées à l’adaptation au changement climatique. La Fédération bancaire française (FBF) s’y oppose, estimant que la mesure profiterait surtout aux épargnants déjà les plus dotés et pourrait détourner des flux d’épargne d’investissements de long terme.

    Une piste évoquée pour financer l’adaptation climatique

    Dans le contexte du Plan national d’adaptation au changement climatique, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a indiqué aux Echos envisager un plafond du Livret A porté de 23.000 à 30.000 euros. Selon l’AFP, Bercy, sollicité, n’avait pas répondu immédiatement.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à la ministre de lui présenter des propositions pour « acc élérer » la mise en œuvre du plan. Monique Barbut a annoncé des conclusions attendues d’ici fin septembre.

    Ce que critique la Fédération bancaire française

    Dans une déclaration transmise à l’AFP vendredi soir, la FBF affirme : « « Relever le plafond du Livret A reviendrait à accroître une dépense publique au bénéfice des détenteurs de Livret A les plus aisés et au détriment de ceux qui investissent pour la transition », estime la FBF dans une déclaration transmise à l'AFP vendredi soir.

    Le lobby bancaire avance aussi que la mesure « immobiliserait davantage d'épargne dans des placements liquides et garantis plutôt que dans des placements de long terme dont les entreprises ont besoin ». Et il ajoute : « L'enjeu est de créer les conditions économiques pour les entreprises, les ménages et les collectivités d'investir davantage dans la transition. Le relèvement du plafond du Livret A dégraderait ces conditions ».

    Le rôle de la Caisse des dépôts et l’état de l’arbitrage

    Pour la ministre, relever le plafond du Livret A permettrait de dégager des marges de financement supplémentaires afin que la Caisse des dépôts accorde des prêts de long terme, destinés à financer l’adaptation au changement climatique.

    Le quotidien économique indique que la proposition « a été accueillie favorablement par la Caisse des Dépôts (...) mais n'a pas encore été arbitrée par Matignon, ni approuvée par Bercy ». Contactée par l’AFP, la Caisse des dépôts a rappelé que l’emploi du fonds d’épargne relève du ministre, tout en précisant être « déjà fortement mobilisée en faveur de la transformation écologique du pays ».

    Conséquences possibles : encours, investissement et fiscalité

    Dans une note, Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne (centre de réflexion sur l’épargne) — cité par MoneyVox — souligne : « Le relèvement (du plafond du Livret A) peut potentiellement générer 10 milliards d'euros d'encours supplémentaires », tout en avertissant que « le relèvement du plafond ne signifie pas automatiquement une hausse de l'investissement ».

    Il met aussi en garde contre un « manque à gagner fiscal » et des « surcoûts » pour les banques. En arrière-plan, plusieurs produits réglementés — vieux PEL, Livret A, LDDS, LEP et livrets jeunes — restent exonérés d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales. D’après les éléments rapportés, le manque à gagner pour les caisses de l’État a frisé les 5 milliards d’euros en 2025.

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    Rédaction meilleurtaux Placement

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