La prochaine révision du taux du Livret A interviendra au 1er février 2027. Sur la base des données provisoires d’inflation et de taux interbancaire disponibles fin août 2026, la formule de calcul conduit, à ce stade, vers une hausse au-delà de 2%.
- Le taux du Livret A est recalculé deux fois par an, pour application au 1er février et au 1er août.
- La formule combine la moyenne semestrielle de l’€STR et celle de l’inflation hors tabac (Insee), puis arrondit au dixième supérieur.
- Avec des hypothèses actuelles, le Livret A ressortirait entre 2,3% et 2,4% au 1er février 2027.
- Dans ce cas, le LEP pourrait mécaniquement remonter de 2,5% à 2,9% (écart minimum de 0,5 point).
- Ces estimations restent provisoires : elles dépendent des données définitives et d’une éventuelle décision de Bercy.
Le taux du Livret A n’évolue pas au fil de l’eau. Il est recalculé deux fois par an, avec une application au 1er février et au 1er août. Après le passage de 1,5% à 1,7% au 1er août 2026, le même mécanisme s’enclenchera à la mi-janvier pour l’échéance de février 2027.
Un recalcul semestriel, validé (ou non) par Bercy
Le gouverneur de la Banque de France établit, mi-janvier et mi-juillet, une proposition de taux. Le ministère de l’Économie peut ensuite valider le résultat ou s’en écarter, dans un cadre prévu par la réglementation.
La formule de référence utilisée par la Banque de France
Le calcul repose sur la moyenne arithmétique de deux indicateurs, observés sur le semestre :
- la moyenne semestrielle de l’€STR ;
- la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac, en glissement annuel, telle que publiée par l’Insee.
Deux règles techniques s’ajoutent. D’abord, le résultat est arrondi au dixième supérieur. Ensuite, un plancher s’applique : si le calcul aboutit à un taux inférieur à 0,50%, le Livret A ne peut pas descendre sous 0,5%.
Quels niveaux pour l’inflation et l’€STR d’ici fin 2026 ?
Pour anticiper le taux au 1er février 2027 (et, par ricochet, ceux du LDDS, du LEP, etc.), il faut se projeter sur la période juillet à décembre 2026 : l’inflation hors tabac et l’€STR sur ce semestre seront déterminants.
Sur l’inflation, l’Insee a diffusé le vendredi 28 août une estimation provisoire pour août, à 2,4%. Dans sa note de conjoncture trimestrielle de juin, l’institut évoque aussi une progression possible jusqu’à 2,7% en décembre, avec en toile de fond la hausse des prix du pétrole et de l’énergie. Dans ce scénario, la moyenne semestrielle d’inflation hors tabac au second semestre 2026 se rapprocherait de 2,4%.
Du côté de l’€STR, étroitement lié aux décisions de la Banque centrale européenne, l’hypothèse d’une nouvelle hausse d’un quart de point est jugée très probable. À partir d’un niveau de 2,188% actuellement, la moyenne semestrielle pourrait ainsi se situer entre 2,3% et 2,4%.
Ce que donne la formule aujourd’hui : un Livret A entre 2,3% et 2,4%
En combinant deux moyennes semestrielles estimées entre 2,3% et 2,4%, la règle de calcul mènerait, si elle est appliquée strictement, à un taux du Livret A compris entre 2,3% et 2,4%. À ce stade, l’équilibre penche plutôt vers 2,4%.
Une telle configuration aurait aussi des conséquences sur le Livret d’épargne populaire (LEP) : avec un écart minimum de 0,5 point par rapport au Livret A, il passerait de 2,5% actuellement à 2,9%. Un éventuel « coup de pouce » pourrait conduire Bercy à arrondir ce taux à 3%.
Prudence : ces ordres de grandeur reposent sur des projections d’inflation et sur des anticipations de marché, donc par nature révisables, alors que l’échéance est encore à plus de cinq mois. Un point ressort néanmoins : sauf choix politique contraire, le taux du Livret A devrait continuer de remonter en février, et franchir très probablement la barre des 2%.