La remontée des prix en mars, sur fond de tensions au Moyen-Orient, rebat les cartes pour le calcul des taux du Livret A, du LDDS et du LEP. L’Insee, des économistes et la Caisse des dépôts évoquent un possible ajustement au 1er août 2026, sous conditions.
- Inflation : 1,7% sur un an en mars, après 0,9% en février.
- Insee : inflation moyenne du 1er semestre attendue à 1,42% (contre 1,17% avant le conflit).
- Scénario Insee : Livret A/LDDS à 1,70% au 1er août ; une hypothèse à 1,80% est aussi évoquée.
- LEP : 2,70% ou 2,80% si l’avantage d’un point sur le Livret A est maintenu.
- Le gouvernement peut déroger à la formule : la hausse n’est pas garantie.
Premier signal le 24 mars, puis nouvelle confirmation le mercredi 15 avril : l’Insee, dans sa note de conjoncture, estimait que les perturbations d’approvisionnement en pétrole et en gaz liées au conflit opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis pouvaient relancer l’inflation.
Les derniers chiffres vont dans ce sens : l’indice des prix à la consommation en mars progresse de 1,7% sur un an, alors qu’il était à 0,9% en février. Désormais, sur le 1er semestre, la hausse moyenne des prix est attendue à 1,42%, contre 1,17% avant le début de la guerre. À noter aussi : pour les seuls produits pétroliers, la hausse sur un an pourrait atteindre 25% en mai.
Des livrets réglementés potentiellement revalorisés
Cette inflation semestrielle plus élevée pourrait se traduire par un ajustement plus marqué qu’anticipé des taux du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), puisque ces paramètres entrent dans leur formule.
Dans le scénario retenu par l’Insee, le taux du Livret A (et du LDDS) pourrait passer de 1,50% aujourd’hui à 1,70% au 1er août prochain. Une hypothèse plus haute circule aussi : 1,80%, selon le macroéconomiste Philippe Crevel, dans une note récente (cité par MoneyVox).
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Si le gouvernement conservait un avantage d’un point pour le Livret d’épargne populaire (LEP) par rapport au Livret A, son taux évoluerait alors de 2,50% à 2,70% ou 2,80%.
Le rôle de la BCE via le taux €ster
Le niveau exact du relèvement, même s’il resterait limité, dépend aussi de la politique monétaire. Le taux de dépôt de la Banque centrale européenne (BCE) pèse directement sur le taux court interbancaire €ster, lui-même intégré au calcul.
Ce taux de dépôt est stable depuis juin 2025. Mais la reprise de l’inflation et l’incertitude économique associées au conflit pourraient amener la BCE à le remonter lors de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs, prévue fin avril.
Une décision possible, pas automatique
Un point reste déterminant : l’ajustement ne s’appliquerait qu’avec l’aval du gouvernement, qui peut déroger à la formule. Philippe Crevel juge ainsi que l’exécutif pourrait choisir de « ne pas relever le taux du Livret A, considérant que la hausse des prix ne serait que temporaire, le prix du pétrole et du gaz revenant à leur niveau d'avant le conflit assez rapidement après la cessation des hostilités ».
De son côté, la Caisse des dépôts et consignations, qui centralise près de 60% de l’encours de l’épargne réglementée, anticipe plutôt un mouvement à la hausse : avec « une inflation qui a tendance à remonter », elle « s'attend quand même plutôt à ce que le taux du Livret A remonte » d’ici la fin de l’année, selon son directeur adjoint Antoine Saintoyant.