La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, souhaite mobiliser une partie de l’épargne du Livret A pour financer l’adaptation au changement climatique, sans créer d’impôt selon elle.
- Monique Barbut propose d’orienter une part de l’épargne du Livret A vers l’adaptation au climat, sans « taxe » selon elle.
- Un plan d’adaptation doit être remis au Premier ministre début octobre.
- Météo France : été le plus chaud depuis début 1900 et 2e moins pluvieux depuis 1959.
- Coût estimé des vagues de chaleur et de la sécheresse : 10 à 15 milliards d’euros.
- Mesure envisagée : plafond du Livret A relevé de 22 950 € à 30 000 €, pour jusqu’à 10 milliards d’euros par an.
Relever le plafond du Livret A afin d’orienter davantage d’épargne vers l’adaptation au changement climatique : c’est l’une des pistes évoquées par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, dans un entretien accordé aux Échos.
La ministre insiste sur la logique de volontariat et récuse l’idée d’un prélèvement. « taxe : il ne s'agit pas de demander aux Français de payer un impôt supplémentaire. Je souhaite leur proposer qu'une partie de leur épargne, tant qu'elle reste placée sur leur Livret A, puisse contribuer au financement de l'adaptation au changement climatique. Je pense que ça donne du sens à cette épargne ».
Un plan attendu début octobre à Matignon
Monique Barbut doit remettre, début octobre, au Premier ministre, un plan visant à accélérer l’adaptation au changement climatique.
Le contexte météorologique pèse dans le débat. D’après Météo France, cet été est le plus chaud jamais enregistré depuis début 1900 et le deuxième été le moins pluvieux depuis 1959.
La ministre décrit une prise de conscience qu’elle juge récente. Selon elle, « les Français sont sidérés. Le dérèglement climatique était jusqu'à présent, pour beaucoup de gens, encore quelque chose de très abstrait ou de lointain, ce n'est plus le cas. Et dans le même temps, je reste étonnée par le peu d'impact sur le débat politique. Il faut que les candidats à la présidentielle l'intègrent vraiment sérieusement, comme un déséquilibre profond de notre modèle, dans leurs propositions ».
Chaleur et sécheresse : un coût estimé entre 10 et 15 milliards
Pour la ministre, les vagues de chaleur et la sécheresse de cet été représenteraient un impact économique de 10 à 15 milliards d'euros.
Les besoins identifiés couvrent notamment la rénovation thermique, l’adaptation des conditions de travail, ainsi que l’évolution des réseaux de transport et des infrastructures énergétiques. Monique Barbut dit avoir sollicité l’ensemble des ministres afin de recenser des « mesures concrètes pour accélérer la mise en œuvre du plan national d'adaptation au changement climatique ».
Plafond à 30 000 € : combien pourrait être levé ?
Pour trouver des financements, la ministre avance l’idée de relever le plafond du Livret A de 22 950 euros à 30 000 euros. L’objectif affiché serait de dégager jusqu'à 10 milliards d'euros par an.
La ministre précise les usages envisagés : « Sur l'adaptation, on ne part pas de rien, mais avec ces 10 milliards supplémentaires, qui pourraient être utilisés sous forme de prêts bonifiés de long terme, on permettrait à des hôpitaux de s'équiper avec des réseaux de froid et de chaleur, à des collectivités de mieux isoler leurs bâtiments publics. Et pour les opérations dont le retour sur investissement est trop faible, comme la renaturation de certains écosystèmes ou le reméandrage de certaines rivières, les aides publiques seront nécessaires ».
Où en est l’examen de la proposition ?
Selon l’article, cette piste aurait été bien reçue par la Caisse des dépôts et consignations, qui en serait garante. En revanche, elle n’aurait pas encore été étudiée par Bercy.
Monique Barbut est citée par MoneyVox.