La Banque de France dresse un nouveau bilan du Livret d’épargne populaire. Nombre de livrets, encours, montant moyen, profils des détenteurs et non-recours : voici les principaux chiffres à fin 2025.
- Le nombre de LEP atteint 12,1 millions fin 2025, après +200 000 sur l’an dernier.
- L’encours total monte à 84 milliards d’euros fin 2025, après 82,1 milliards fin 2024.
- Entre 2021 et 2025, l’encours du LEP progresse de 119% (contre +31% pour le Livret A).
- L’encours moyen par LEP s’établit à 6 902 euros, avec un plafond à 10 000 euros depuis octobre 2023.
- Sur la déclaration de revenus 2023, plus de 6 millions de personnes éligibles ne l’ouvrent pas.
Le Livret d’épargne populaire (LEP), pensé pour les épargnants aux revenus modestes, continue de gagner du terrain. Les dernières données de la Banque de France montrent une progression du nombre de livrets et des sommes déposées, avec des écarts marqués selon l’âge et la catégorie socioprofessionnelle.
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Combien de LEP existent désormais ?
Après une phase de forte accélération, la hausse se poursuit, mais à un rythme moindre. L’an dernier, le nombre de LEP a encore augmenté de 200 000 unités, après un bond d’un million en 2024 et une envolée record de 2,5 millions en 2023.
Entre décembre 2021 et 2025, le total est passé de 6,9 à 12,1 millions de livrets. La Banque de France estime que « Les actions de communication et les mesures de soutien en faveur de ce livret destiné aux ménages les plus modestes continuent ainsi de porter leurs fruits ». Pour Emmanuel Moulin, nouveau gouverneur, « L'objectif est rempli ». L’objectif fixé par François Villeroy de Galhau (atteindre 12,5 millions de LEP) apparaît donc presque atteint.
À titre de comparaison, le Livret A est détenu par 55 millions de personnes, soit 83% de la population.
Encours : le cap des 80 milliards franchi, puis dépassé
Le volume total déposé sur les LEP a nettement progressé sur la période récente. Fin 2024, l’encours a franchi pour la première fois 80 milliards, à 82,1 milliards d’euros, contre 38,3 milliards fin 2021.
La dynamique s’est prolongée avec un encours de 84 milliards d’euros fin 2025. Entre 2021 et 2025, l'encours du LEP a bondi de 119%, quand le Livret A affiche +31% sur la même période, pour atteindre 440 milliards d’euros.
Plafond à 10 000 euros : un effet visible sur le montant moyen
Le relèvement du plafond a changé la donne. En 2022, près de 50% des détenteurs avaient atteint la limite de 7 700 euros. Depuis octobre 2023, le nouveau plafond à 10 000 euros permet de conserver plus d’épargne sur ce livret.
Conséquence : l’encours moyen par LEP ressort à 6 902 euros, contre 6 579 euros fin 2023. La Banque de France note : « Avec 44% des LEP qui dépassent le plafond réglementaire de 10 000 euros et qui représentent 70% de l'encours, la concentration de ce livret s'accroît par rapport à 2024, où 39% des LEP au plafond représentaient 62% de l'encours total ».
Âge des détenteurs : les 18-25 ans restent minoritaires
La montée en puissance observée chez les jeunes adultes en 2023 n’a pas modifié l’équilibre ensuite. Cette année-là, le nombre de LEP avait doublé chez les 18-25 ans, faisant passer leur part dans l’ensemble de 1% en 2021 à 4,1%.
La Banque de France évoquait une poursuite possible pour cette catégorie qui représente 10% de la population majeure et qui « se situe généralement en bas de l'échelle des revenus ». Pourtant, en 2025, la répartition ne bouge pas : les 18-25 ans pèsent toujours 4% des LEP.
Les plus de 65 ans restent surreprésentés : 38% des détenteurs et 46% des encours, pour un poids dans la population estimé à 28%.
Profils : qui détient le plus souvent un LEP ?
Selon les catégories socioprofessionnelles, les écarts sont notables. Les agriculteurs exploitants présentent le taux de détention du LEP le plus élevé, à 33,5%. Les employés suivent avec 29,2%.
La Banque de France souligne aussi des différences avec les détenteurs d’un Livret A : « Le LEP étant principalement détenu par des ménages aux revenus modestes et intermédiaires, les profils sociodémographiques spécifiques de ses détenteurs se distinguent de ceux des détenteurs d'un livret A, notamment du point de vue du genre et de la structure familiale. La proportion de femmes est plus élevée : près de 54%, contre 42% pour les ménages détenteurs d'un livret A. Cette différence se retrouve également dans la structure familiale des ménages, avec une part plus importante de personnes seules – pour plus de 4 ménages détenteurs d'un LEP sur 10 – et une surreprésentation des femmes seules et en situation de monoparentalité. Elles représentent 37% des ménages détenteurs d'un LEP, contre 27% des ménages détenteurs de livret A ».
Non-recours : plus de 6 millions d’éligibles ne l’ouvrent pas
Le LEP est soumis à des critères de revenus. À partir de la déclaration de revenus 2023, 19,5 millions de personnes étaient identifiées par l’administration fiscale comme clientes potentielles. En regard, il resterait donc a priori plus de 6 millions de personnes qui n’utilisent pas leur éligibilité.
La Banque de France observe en particulier que certaines personnes éligibles au LEP n'en profitent pas alors qu'elles ont de l'épargne sur leur Livret A. Or, à partir du 1er août, la rémunération du LEP reste supérieure : 2,5% contre 1,7% pour le Livret A.