Délai de paiement, remise gracieuse ou ajustement du prélèvement à la source : trois options existent si vous rencontrez une difficulté pour régler vos impôts en 2026. Voici comment les activer, les délais de réponse et les points de vigilance.
- Délai de paiement : demande via la messagerie sécurisée d’impots.gouv.fr ou en papier au centre des impôts.
- Sans réponse sous 2 mois : la demande est réputée rejetée (jusqu’à 4 mois si dossier complexe, avec information).
- Remise gracieuse : peut effacer tout ou partie de la somme, selon votre situation et votre dossier.
- Prélèvement à la source : modulation possible si l’impôt à prélever baisse d’au moins 5%.
- Acomptes (foncier/indépendant) : possibilité de supprimer ou reporter, avec régularisation en 2027.
Quand un avis d’impôt arrive au mauvais moment (perte de revenus, accident de la vie, charges qui explosent), il existe plusieurs voies pour éviter de se retrouver en défaut. Selon votre situation, vous pouvez étaler le paiement, demander une annulation partielle ou totale, ou encore réduire ce qui est prélevé chaque mois via le prélèvement à la source.
Obtenir un échéancier : comment demander un délai
La première démarche consiste à solliciter un délai de paiement en ligne. Sur impots.gouv.fr, connectez-vous à votre espace personnel, ouvrez la messagerie sécurisée, puis suivez le chemin : Écrire > Paiement > Difficulté de paiement > Difficulté de paiement (tout impôt).
Vous devrez ensuite préciser l’impôt concerné et l’année d’imposition, choisir l’avis que vous ne pourrez pas régler à temps, puis détailler les raisons de vos difficultés (naissance, licenciement, séparation, accident…). Des éléments sur vos ressources et charges actuelles seront également demandés.
La demande peut aussi être déposée sur papier : remplissez le questionnaire « difficultés de paiement », joignez votre avis d’impôt et des justificatifs, puis rendez-vous au centre des impôts indiqué sur votre avis (adresse dans l’encadré à gauche en première page).
Attention aux délais : la DGFiP rappelle que « si l'administration n'a pas répondu dans le délai de 2 mois, la demande de délai est considérée comme rejetée ». Le délai peut aller jusqu’à 4 mois en cas de dossier complexe, avec information préalable du Trésor public. En pratique, sans réponse après 2 mois, il faut considérer qu’il s’agit d’un refus, d’où l’intérêt de ne pas attendre après réception de l’avis.
En cas d’accord, un nouvel échéancier vous est transmis. En théorie, la majoration de 10% reste due, même si l’administration peut décider d’en accorder la remise ou la suppression.
Remise gracieuse : demander l’effacement d’une partie de la somme
Contrairement au délai, la remise gracieuse vise à réduire la somme à payer, voire à l’annuler. Cette demande doit être motivée (chômage, problème de santé, décès ou invalidité du conjoint, forte baisse de revenus liée à la crise sanitaire du coronavirus…).
La demande s’adresse au centre des Finances publiques dont vous dépendez (coordonnées sur le récapitulatif de déclaration automatique, l’ASDIR ou votre dernier avis). Vous pouvez utiliser la messagerie sécurisée ou vous déplacer au guichet : sur place, la demande est actée via une « fiche de visite ».
Le Trésor public recommande de préparer le même « questionnaire difficultés de paiement » que pour un délai. L’administration examine ensuite votre dossier au regard de votre « civisme fiscal » (déclarations et paiements des dernières années), de votre situation financière actuelle et de l’importance de votre dette.
Comme pour le délai, l’absence de réponse sous 2 mois vaut rejet. L’issue peut être un refus, une remise totale ou une remise partielle sous conditions (paiement d’autres taxes, renonciation à un contentieux…), sans obligation pour le fisc de motiver sa décision.
Cette procédure peut également être utilisée si vous rencontrez des difficultés pour régler la taxe foncière.
Et si vos revenus baissent en 2026 : ajuster le prélèvement à la source
Si vos difficultés apparaissent en 2026, les deux démarches précédentes ne concernent que le solde restant dû. Or, vous continuez d’être prélevé à la source sur salaire ou sur votre compte. En cas de chute marquée des ressources, une modulation du taux peut permettre de réduire les prélèvements à venir.
Condition : la baisse doit entraîner un nouvel impôt prélevé à la source inférieur d’au moins 5% au prélèvement initial. Pour faire la demande, allez dans votre espace personnel, rubrique Gérer mon prélèvement à la source, puis Actualiser suite à une hausse ou une baisse de vos revenus.
Il faudra notamment estimer vos revenus nets imposables de l’année 2026. Dans l’aide à la saisie, la DGFiP recommande de projeter le revenu imposable sur l’année à partir des premiers mois. Et si vous ne connaissez pas votre revenu imposable, elle précise que « vous pouvez l'estimer en augmentant de 3% votre revenu net ». En cas d’acceptation, le nouveau taux doit s’appliquer sous un délai maximal de 2 mois.
Pour les revenus fonciers ou issus d’une activité indépendante en forte baisse en 2026, la rubrique dédiée permet aussi de Gérer vos acomptes : vous pouvez cliquer sur Supprimer un acompte devenu sans objet, ou sur Reporter si la difficulté est temporaire. À noter : l’impôt dû au titre des revenus 2026 sera régularisé en 2027 après la déclaration du printemps prochain. La suppression d’un acompte ne supprime donc pas définitivement l’impôt correspondant.