La défiscalisation est souvent associée aux contribuables les plus aisés. Pourtant, certains dispositifs fiscaux sont accessibles avec quelques milliers d’euros d’épargne et peuvent permettre de réduire son impôt sur le revenu.
Mais réduire son impôt ne signifie pas nécessairement réaliser un investissement patrimonial. Entre une opération à fonds perdu comme le Girardin industriel et des solutions permettant de conserver un investissement, les mécanismes et les objectifs sont très différents.
Alors, faut-il réellement être « riche » pour défiscaliser ? Et surtout, quelle solution correspond à votre situation ?
Défiscaliser : quelles conditions et pour quels objectifs ?
Il s'agit avant tout de trouver une solution proportionnée à son niveau d’impôt, à sa capacité d’épargne et à ses objectifs.
Et toutes les solutions de défiscalisation ne répondent pas au même objectif.
Certaines ont pour vocation principale de réduire l’impôt. D’autres permettent de bénéficier d’un avantage fiscal tout en réalisant un véritable investissement patrimonial.
C’est notamment le cas du Girardin industriel, du FIP Corse et du Groupement Forestier d'Investissement, trois solutions qui reposent sur des mécanismes très différents.
Dans le cadre du Girardin industriel, l'apport est à fonds perdu : le souscripteur ne récupère pas son investissement à terme et l'intérêt de l'opération repose sur l'économie d'impôt obtenue. À l'inverse, avec un FIP Corse ou un Groupement Forestier d'Investissement (GFI), l'épargnant acquiert des parts d'un investissement qu'il a vocation à conserver plusieurs années puis à revendre ou à récupérer à terme, sans garantie sur le capital.
La question n'est donc pas simplement de savoir quelle solution permet de réduire le plus son impôt, mais de déterminer celle qui est cohérente avec sa situation fiscale, sa capacité d'épargne, son besoin de liquidités et ses objectifs patrimoniaux.
Le Girardin industriel : payer son impôt moins cher
Le Girardin industriel est un dispositif assez particulier dans l’univers de la défiscalisation.
Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas véritablement d’un investissement patrimonial. Son objectif est avant tout fiscal : réduire le coût de son impôt.
Notre solution Girardin industriel avec agrément est actuellement accessible à partir de 5 000 € d’apport, pour une réduction d’impôt de 5 618 €, sous réserve de l’éligibilité du contribuable et du respect des conditions du dispositif. La rentabilité de l’opération est donc de 12,36 %.
Concrètement, que signifie cette rentabilité ?
Prenons un exemple simple.
Vous avez 5 618 € d’impôt sur le revenu à payer.
Plutôt que de régler cette somme intégralement, vous pouvez, dans le cadre d’une opération Girardin adaptée à votre situation, mobiliser 5 000 € en amont pour obtenir une réduction d’impôt de 5 618 €.
Économiquement, cela revient donc à financer 5 618 € d’impôt avec 5 000 €.
Autrement dit : vous payez environ 89 % de votre impôt
C'est probablement la manière la plus simple de comprendre le mécanisme.
Vous avez donc, en quelque sorte, payé votre impôt en avance, mais moins cher.
La différence, soit 618 €, correspond à l'avantage économique de l'opération. Autrement dit, vous financez environ 89 % de votre impôt.
C'est précisément là que réside tout l'intérêt du Girardin.
Plus votre impôt à gommer est élevé, plus le montant de l’économie fiscale potentielle est important.
| Impôt à gommer | Apport | Gain fiscal |
|---|---|---|
| 5 618 € (minimum)* | 5 000 € | 618 € |
| 10 000 € | 8 900 € | 1 100 € |
| 20 000 € | 17 800 € | 2 200 € |
| 40 000 € | 35 600 € | 4 400 € |
| 52 941 € (maximum)* | 47 117 € | 5 824 € |
* Selon les caractéristiques de la solution proposée au moment de la rédaction de cet article.
Bien évidemment, le montant à investir doit être déterminé avec votre conseiller Meilleurtaux Placement. Il doit notamment tenir compte de votre capacité de défiscalisation, de votre impôt sur le revenu, des plafonds fiscaux applicables et de votre capacité à mobiliser cette épargne sans fragiliser votre situation financière.
Une différence essentielle : le Girardin est à fonds perdu
C’est un point important à comprendre avant de souscrire. Les 5 000 € versés dans le cadre du Girardin n’ont pas vocation à vous être restitués.
Le Girardin industriel est une opération à fonds perdu.
Vous ne détenez pas un capital que vous pourrez récupérer quelques années plus tard. Vous ne cherchez pas non plus à percevoir des revenus ou à réaliser une plus-value.
L’intérêt de l’opération repose uniquement sur l’économie d’impôt réalisée.
C’est précisément ce qui distingue le Girardin d’un investissement patrimonial classique. On peut donc résumer son fonctionnement très simplement :
Vous mobilisez 5 000 € pour obtenir 5 618 € de réduction d’impôt. Vous ne récupérez pas les 5 000 € : votre gain réside dans les 618 € d’économie réalisés.
Le Girardin peut donc répondre à une situation très précise : vous avez un impôt suffisamment élevé à réduire, vous disposez de l’épargne nécessaire et votre objectif est avant tout de payer moins d’impôt.
En revanche, si vous souhaitez profiter de votre démarche de défiscalisation pour investir votre épargne et conserver un actif, d’autres solutions peuvent répondre à une logique différente.
FIP Corse et GFI : défiscaliser tout en investissant
Avec un FIP Corse ou un GFI, le fonctionnement est différent.
Cette fois, votre argent sert bien à réaliser un investissement. Vous détenez des parts et votre épargne a vocation à être récupérée à terme, même si le capital n’est pas garanti et que sa valeur peut évoluer à la hausse comme à la baisse.
Vous poursuivez donc un double objectif : bénéficier d’un avantage fiscal et diversifier votre épargne.
Le FIP Corse
Notre solution FIP Corse Kallisté Capital n°18, accessible à partir de 1 000 €, permet de bénéficier d’une réduction d’impôt de 30 % du montant investi, sous réserve du respect des conditions applicables.
Pour 1 000 € investis, la réduction d’impôt peut donc atteindre 300 €.
Mais les 1 000 € investis ne sont pas « consommés » pour obtenir cette réduction. Votre souscription vous permet de détenir des parts d’un fonds qui investit dans des entreprises corses éligibles. En contrepartie de l’avantage fiscal, votre épargne est immobilisée pendant plusieurs années. Pour le FIP proposé, la durée de blocage est de 7 ans, prorogeable deux fois un an. À l’issue de cette période, le fonds a vocation à être liquidé et vous pouvez récupérer un capital.
Mais ce capital n’est pas garanti. La valeur des participations détenues par le fonds peut évoluer à la hausse comme à la baisse et le risque de perte en capital doit être accepté.
Le FIP Corse répond donc à une logique différente du Girardin : vous défiscalisez, mais vous investissez également.
Le Groupement Forestier d'Investissement
Le Groupement Forestier d’Investissement repose sur une logique comparable.
Notre solution GFI France Valley Forêts XIX est accessible à partir de 5 000 € et permet de bénéficier d’une réduction d’impôt de 18 % du montant investi, sous réserve des conditions fiscales applicables.
Pour 5 000 € investis, la réduction d’impôt est de 900 €.
Mais contrairement au Girardin, ces 5 000 € correspondent à un véritable investissement. Vous détenez des parts d’un investissement forestier et votre épargne est immobilisée pendant plusieurs années (minimum 6 ans pour ne pas remettre en cause l’avantage fiscal).
À l'issue de la période de détention recommandée (8 ans), vous aurez la faculté de revendre vos parts de ce GFI. Mais sa valeur n’est pas garantie. Elle dépend notamment de l’évolution de la valeur des forêts, du prix du bois, des conditions d’exploitation et des risques naturels.
Le GFI s’inscrit donc dans une démarche de diversification patrimoniale à long terme, en complément de l’avantage fiscal.
Faut-il donc être « riche » pour défiscaliser ?
Non. En revanche, il faut être en situation de payer suffisamment d’impôt et disposer d’une épargne disponible pour réaliser l’opération. C’est une nuance importante.
La défiscalisation n’est pas un moyen de créer de l’argent à partir de rien. Elle consiste à utiliser une partie de son épargne pour bénéficier, en contrepartie et sous certaines conditions, d’un avantage fiscal.
La bonne question n’est donc pas :
« Suis-je assez riche pour défiscaliser ? »
Mais plutôt :
« Est-ce que ma situation fiscale et patrimoniale me permet d’envisager une solution de défiscalisation ? »
Prenons quelques exemples.
Un contribuable qui paie 5 618 € d’impôt et dispose de 5 000 € d’épargne disponible peut étudier une solution Girardin s’il recherche uniquement une économie d’impôt.
Un contribuable qui paie moins d’impôt ou qui souhaite conserver un investissement pourra plutôt regarder du côté d’un FIP Corse ou d’un GFI, en fonction de son profil et de ses objectifs.
Et un contribuable qui ne dispose pas de l’épargne nécessaire n’a pas intérêt à chercher à défiscaliser à tout prix.
La défiscalisation doit rester un choix patrimonial, pas une course à la réduction d’impôt. Un avantage fiscal ne doit jamais être la seule raison d’investir.
Avant de souscrire, il faut notamment tenir compte :
- du montant et de la nature de son impôt ;
- de sa capacité d’épargne ;
- de son besoin de liquidités ;
- de son horizon de placement ;
- de son acceptation du risque de perte en capital ;
- des conditions et plafonds fiscaux applicables.
Certains dispositifs, comme le FIP Corse et le GFI, impliquent de conserver son investissement pendant plusieurs années. Leur valeur n’est pas garantie et le capital récupéré à terme peut être inférieur au montant initialement investi.
Le Girardin présente une autre nature de risque : l’apport est à fonds perdu et l’avantage fiscal peut notamment être remis en cause si les conditions du dispositif ou du montage ne sont pas respectées, d'où l'importance de bien sélectionner le projet dans lequel on investit.
La défiscalisation ne consiste donc pas à chercher coûte que coûte le dispositif qui offre la plus forte réduction d’impôt. Elle consiste à mettre en adéquation un avantage fiscal avec sa situation financière, son niveau d’impôt, ses objectifs et son profil de risque.