340 milliards d'euros perdus en vingt ans. C'est le coût de l'allocation trop prudente des Français, selon une étude Rexecode de mai 2026. Avec 6 500 milliards d'euros de patrimoine financier fin 2025, les Français épargnent beaucoup, mais investissent trop prudemment : trop peu d'actions, trop de placements peu rémunérateurs. Résultat : un patrimoine inférieur à celui de leurs voisins européens du Nord.
Le paradoxe français : beaucoup d'épargne, peu de patrimoine
Si les Français affichent un taux d'épargne comparable, voire supérieur à celui des Américains, leur patrimoine financier rapporté au revenu disponible brut est près de deux fois inférieur à celui des ménages américains, suédois ou danois. Ce décalage s'explique principalement par une différence de rendement : l'étude Rexecode estime l'écart de performance annuelle entre le patrimoine financier français et scandinave à 3 à 4 points de pourcentage par an.
Sur une période de vingt ans (2005-2025), cette différence de rendement a permis au patrimoine financier des ménages suédois de croître 2,6 fois plus vite que celui des Français. Un écart qui se traduit concrètement : si le patrimoine financier des Français atteignait le niveau de celui des Américains ou des Suédois, il serait aujourd'hui presque deux fois plus élevé.
Patrimoine financier par habitant (2022, en milliers de dollars PPA) :
| Pays | Patrimoine financier/habitant |
|---|---|
| États-Unis | ~300 000 $ |
| Danemark | ~250 000 $ |
| Suède | ~225 000 $ |
| Pays-Bas | ~200 000 $ |
| France | ~125 000 $ |
| UE27 | ~150 000 $ |
Une allocation trop prudente qui coûte cher
Le patrimoine financier des Français se caractérise par une répartition particulièrement défensive. Après « transparisation » des supports (c'est-à-dire en regardant la nature réelle des actifs détenus via l'assurance-vie, les fonds, etc.), l'allocation se décompose ainsi :
- 42 % en numéraire et dépôts (Livret A, LDDS, LEP, comptes courants)
- 39 % en obligations
- Seulement 19 % en actions
Cette proportion d'actions est trois fois inférieure à celle observée aux États-Unis (64 %) ou en Suède (63 %). Les Pays-Bas (30 %) et le Danemark (35 %) affichent aussi une exposition aux actions nettement supérieure.
Or, sur longue période, les actions offrent un rendement qui écrase celui des placements liquides : 8,2 % en moyenne par an entre 2005 et 2025, contre seulement 1,2 % pour l'épargne liquide. Cette différence de rendement, composée sur deux décennies, explique l'essentiel du retard patrimonial français.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Rendement annuel moyen du patrimoine financier (2005-2025) :
| Pays | Écart vs France |
|---|---|
| Suède | +5 points |
| Danemark | +2,5 points |
| Pays-Bas | +2 points |
| Allemagne | +1 point |
| Espagne | +0,5 point |
C'est d'autant plus regrettable que les Français, contrairement aux idées reçues, n'ont rien de plus prudent que leurs voisins européens. L'enquête Global Preference Survey (Rexecode) le confirme : leur rapport au risque financier est tout à fait comparable à la moyenne européenne.
Leurs choix d'investissement moins diversifiés s'expliqueraient donc davantage par des politiques publiques et fiscales historiques que par un trait psychologique national.
Bon à savoir : Pour profiter de la performance des marchés actions tout en bénéficiant d'une fiscalité optimisée, le PEA Meilleurtaux permet d'investir simplement sur les marchés européens avec une exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans.
340 milliards d'euros de rendements perdus
L'étude Rexecode a modélisé une allocation optimale du patrimoine financier français, en tenant compte de l'aversion au risque moyen des ménages. Cette allocation optimale suggère :
- 39 % en numéraire et dépôts (contre 42 % actuellement)
- 34 % en obligations (contre 39 %)
- 27 % en actions (contre 19 %)
Cette réallocation, qui ne représente qu'une augmentation de 8 points de pourcentage en actions, aurait permis de dégager un rendement supplémentaire de 340 milliards d'euros sur vingt ans, soit l'équivalent de 12 % du PIB français de 2024. Et ce, avec une prise de risque additionnelle limitée : la volatilité du portefeuille passerait de 3,9 % à 4,8 %, un niveau qui reste très raisonnable sur un horizon de placement long terme.
Ces chiffres démontrent que l'allocation actuelle de l'épargne française est sous-optimisée, même en tenant compte de l'aversion au risque des ménages. Autrement dit, les Français pourraient améliorer significativement le rendement de leur patrimoine sans nécessairement prendre beaucoup plus de risques.
Investir en actions : des solutions adaptées existent
Face à ce constat, comment les épargnants français peuvent-ils rééquilibrer leur allocation vers les actions ? Plusieurs enveloppes fiscalement avantageuses permettent d'investir sur les marchés financiers de manière progressive et adaptée à son profil.
Le Plan d'Épargne en Actions (PEA)
Le PEA reste l'enveloppe fiscale la plus attractive pour investir en actions européennes. Après 5 ans de détention, les plus-values et dividendes sont exonérés d'impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent). Le plafond de versement est fixé à 150 000 euros, ce qui permet de construire un portefeuille actions conséquent.
Pourtant, le PEA reste largement sous-utilisé : selon une étude de l'AFG et de l'OEE, seuls 13,4 % des Français en détenaient un fin 2023. Un paradoxe quand on connaît ses avantages fiscaux. La tendance est toutefois à l'ouverture : selon l'AMF, le nombre de nouveaux investisseurs particuliers en actions a connu une progression notable, avec 559 000 nouveaux entrants sur les marchés pour la seule année 2025. Cette dynamique est particulièrement portée par les ETF, dont le volume de transactions a presque doublé en deux ans.
Le PEA Meilleurtaux permet d'investir simplement sur les marchés actions européens, avec justement une large gamme d'ETF et d'actions individuelles. Une solution idéale pour ceux qui souhaitent bénéficier d'une fiscalité optimisée tout en diversifiant leur patrimoine.
L'assurance-vie 100 % ETF
Pour les épargnants qui souhaitent coupler l'exposition aux actions avec les avantages de l'assurance-vie (fiscalité attractive après 8 ans, transmission facilitée, souplesse des rachats), l'assurance-vie investie en unités de compte représente une excellente alternative.
On retrouve notamment des ETF mais aussi deux fonds euro, des SCPI et même des titres vifs dans notre contrat Meilleurtaux Liberté Vie. De quoi se constituer une allocation proche de celle proposée dans l'étude de Rexecode au sein d'une même enveloppe.
Si vous préférez une approche 100 % ETF et que vous n'êtes pas à l'aise pour faire votre répartition, le contrat Meilleurtaux Placement Vie 2 propose ainsi une gestion sous mandat 100 % ETF avec l'un des plus grands gestionnaires d'actifs du monde, permettant de bénéficier :
- D'une exposition diversifiée aux marchés actions internationaux
- D'une fiscalité avantageuse après 8 ans (abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple)
- D'une transmission optimisée en cas de décès (abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans)
Le système de retraite : un facteur déterminant
L'étude Rexecode met en lumière un facteur souvent négligé dans l'analyse de l'allocation patrimoniale : le système de retraite. Les pays qui affichent les patrimoines financiers les plus élevés et la plus forte exposition aux actions sont également ceux qui ont développé une dose significative de capitalisation dans leur système de retraite.
Part de la capitalisation dans les systèmes de retraite (2024) :
| Pays | Capitalisation | Répartition |
|---|---|---|
| France | 2,2 % | 97,8 % |
| Allemagne | 6,1 % | 93,9 % |
| Italie | 3,1 % | 96,9 % |
| Espagne | 3,2 % | 96,8 % |
| Pays-Bas | 37,3 % | 62,7 % |
| Danemark | 28,4 % | 71,6 % |
| Suède | 30,8 % | 69,2 % |
Le constat est sans appel : la France, avec seulement 2,2 % de capitalisation dans son système de retraite, se situe très loin derrière les pays nordiques qui affichent des taux compris entre 28 % et 37 %. Cette différence structurelle explique en partie l'écart de patrimoine financier observé.
Répartition vs capitalisation : deux logiques complémentaires
Le système français de retraite repose quasi exclusivement sur la répartition : les cotisations des actifs financent directement les pensions des retraités. Ce système est ainsi fondé sur la solidarité intergénérationnelle.
À l'inverse, la capitalisation consiste à épargner pendant sa vie active pour constituer un capital qui financera sa propre retraite. Ce capital est investi sur les marchés financiers, principalement en actions et obligations, via des fonds de pension.
Les pays nordiques ont fait le choix d'un système mixte, combinant une base de répartition et une couche significative de capitalisation. La Suède, par exemple, a réformé son système au début des années 1990 pour introduire une part obligatoire de capitalisation : 2,5 % du salaire est automatiquement investi en fonds actions dans le cadre du « Premium Pension System ». Près de 90 % des salariés bénéficient ainsi d'un régime complémentaire d'entreprise.
Les avantages de la capitalisation
L'introduction d'une dose de capitalisation présente plusieurs avantages :
- Un patrimoine que l'on peut transmettre : l'argent épargné vous appartient et peut être transmis à vos héritiers, contrairement aux droits à la retraite par répartition qui disparaissent au décès
- Des gains plus élevés : investi en actions sur le long terme, votre capital profite de la croissance des marchés financiers (8,2 % de rendement moyen par an entre 2005 et 2025, contre 1,2 % pour les livrets)
- Un soutien à l'économie réelle : les fonds de pension investissent directement dans les entreprises, finançant ainsi leur développement et l'innovation
- Une meilleure résistance au vieillissement : ce système dépend moins du nombre d'actifs par rapport aux retraités, un avantage face au papy-boom
L'exemple suédois est particulièrement éloquent : le pays affiche 823 introductions en bourse entre 2016 et 2023, contre seulement 130 en France et 84 en Allemagne sur la même période. Les fonds de pension suédois ont représenté près de 30 % des fonds levés par les fonds de capital-investissement entre 2007 et 2023, contre seulement 10 % en France.
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) : une première étape vers la capitalisation
- En France, le Plan d'Épargne Retraite (PER), créé par la loi Pacte en 2019, constitue une première étape vers l'introduction d'une dose de capitalisation dans le système de retraite.
- Depuis son lancement, le succès du dispositif ne se dément pas : fin 2025, le PER rassemble 12,9 millions de titulaires pour un total de 150,4 milliards d'euros d'encours. Une croissance impressionnante de 20 % en un an et de 46 % sur deux ans, qui témoigne d'une prise de conscience croissante des Français face aux incertitudes du système par répartition.
- Cette montée en puissance s'explique par plusieurs facteurs. D'abord, une inquiétude massive : selon une étude du Cercle des Épargnants, 81 % des Français se disent préoccupés par l'avenir du système de retraite par répartition, et 60 % considèrent qu'une part de capitalisation est nécessaire pour assurer sa viabilité. Ensuite, les atouts intrinsèques du PER :
- Déduction des versements du revenu imposable (dans la limite de 10 % des revenus professionnels)
- Gestion pilotée à horizon possible, avec une allocation progressivement sécurisée à l'approche de la retraite
- Sortie possible en capital ou en rente
- Portabilité : le PER suit l'épargnant tout au long de sa carrière
Le contrat Meilleurtaux Liberté PER permet d'investir son épargne retraite sur les marchés actions via des ETF, tout en bénéficiant de la déduction fiscale à l'entrée. Le tout avec une très large sélection de supports et des frais parmi les plus bas du marché.
Une solution idéale pour ceux qui souhaitent préparer leur retraite tout en optimisant leur fiscalité.
Contrairement aux idées reçues, investir son PER en actions n'est pas aussi risqué qu'on le pense : plus l'horizon de placement est long (20 à 30 ans), plus les variations de court terme s'effacent, et plus le rendement moyen surpasse celui des placements obligataires ou monétaires. C'est précisément la logique adoptée par les fonds de pension scandinaves, qui investissent plus de 60 % de leurs actifs en actions.
Vers une épargne plus performante et mieux investie
L'étude Rexecode met en lumière un paradoxe français : nous épargnons beaucoup, mais notre patrimoine reste modeste et peu performant. Cette situation s'explique par une allocation trop défensive et par un système de retraite par répartition qui n'incite pas à la constitution d'un patrimoine financier.
Les 340 milliards d'euros de rendements perdus sur vingt ans ne sont pas une fatalité. En rééquilibrant progressivement leur allocation vers les actions, via des enveloppes fiscalement avantageuses comme le PEA, l'assurance-vie en unités de compte ou le PER, les épargnants français peuvent améliorer significativement la performance de leur épargne.
L'exemple des pays nordiques montre qu'il est possible de concilier sécurité et performance, répartition et capitalisation. La Suède, qui a introduit une dose de capitalisation dans son système de retraite il y a trente ans, affiche aujourd'hui un patrimoine financier par habitant près de deux fois supérieur à celui de la France, tout en maintenant un modèle social solide.
Optimiser l'allocation de notre épargne ne profite pas qu'à notre patrimoine personnel : c'est aussi un moteur pour l'économie française. En investissant davantage en actions, nous alimentons directement l'innovation et le développement des entreprises, créant ainsi un cercle vertueux. Il est temps de sortir de la prudence excessive pour adopter une approche équilibrée et adaptée à nos objectifs de long terme.
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