Impôt: qui utilise encore la déclaration papier en 2024

    La déclaration en ligne s’est imposée progressivement, avec des exceptions. Les dernières données disponibles (2024) décrivent le profil des foyers qui restent au papier.

    À retenir
    • 2004 : réduction d’impôt de 20 euros pour encourager la télédéclaration (fin en 2006, puis 2009 pour les premières déclarations en ligne).
    • 2015–2019 : mise en place progressive de l’obligation de déclarer en ligne, avec exceptions (absence d’Internet ou impossibilité déclarée).
    • En cas de non-respect, une amende de 150 euros est prévue « en théorie ».
    • En 2024, 5,1 millions de foyers déposent encore une déclaration papier ; leur impôt moyen est inférieur à la moyenne.
    • Le papier reste plus fréquent chez les retraités (17,3%), le micro-agricole (14,7%) et les foyers sans revenu (plus de 20%).

    De l’incitation à l’obligation : en deux décennies, l’administration fiscale a fait basculer l’impôt sur le revenu vers le numérique, tout en maintenant une règle d’exception pour certains contribuables.

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    2004 puis 2015: la bascule vers l’en ligne

    2004 : pour pousser les contribuables à adopter la télédéclaration, le fisc met en place un avantage fiscal. Une réduction d’impôt de 20 euros est accordée aux foyers qui passent à la déclaration en ligne. Le dispositif s’éteint ensuite : en 2006 pour la majorité des foyers, puis en 2009 pour ceux qui effectuaient leur première déclaration sur internet.

    2015 : changement d’approche. La déclaration en ligne devient obligatoire progressivement, selon des tranches de revenus, en commençant par les contribuables les plus aisés, jusqu’à 2019. Déclarer depuis son espace sur impots.gouv.fr devient la norme, avec une exception pour les personnes sans connexion Internet ou se disant dans l’impossibilité de remplir le formulaire en ligne.

    Ce principe d’obligation « sauf exception » s’applique toujours. Si vous ne respectez pas cette obligation, vous êtes en théorie passible d'une amende de 150 euros selon le Code général des impôts.

    Déclaration automatique: un accélérateur du recul du papier

    Un autre dispositif a renforcé le mouvement : la déclaration automatique. Lorsque la Direction générale des finances publiques (DGFiP) dispose déjà de l’ensemble des informations sur vos ressources et charges, l’obligation déclarative est considérée comme satisfaite même sans renvoyer de formulaire, ou sans valider la déclaration. Cette évolution concerne environ 10 millions de foyers éligibles et a contribué à la baisse des déclarations papier.

    En 2025, la DGFiP a franchi une étape supplémentaire en décidant « depuis l'an passé de ne plus envoyer de déclaration préremplie aux contribuables ayant fait leur déclaration sur internet, même s'ils avaient choisi expressément de conserver cette déclaration papier », selon le syndicat Solidaires Finances publiques. Et l’exécutif a insisté sur l’absence de contrainte : « Toutes celles et ceux qui voudront pouvoir obtenir au guichet des impôts la déclaration papier pourront évidemment le faire. Nous ne forçons personne », déclarait l’an passé Amélie de Montchalain, alors ministre chargée des Comptes publics.

    5,1 millions de déclarations papier: ce que montre l’arrêté 2024

    Dans une publication datée du mardi 7 juillet, la DGFiP ne détaille pas les chiffres pour 2025 et 2026 et s’arrête à 2024. Les données permettent toutefois d’identifier les caractéristiques des contribuables à l’origine des 5,1 millions de déclarations papier.

    Premier point marquant : l’impôt sur le revenu moyen des foyers déclarant au format papier est nettement inférieur à la moyenne. Autrement dit, ce mode de déclaration est davantage utilisé par des ménages plus modestes.

    La DGFiP met aussi en avant des cas particuliers, par exemple « situations personnelles particulières, comme un décès dans le foyer ou la réalisation d'une première déclaration de revenus », des situations qui « sont aussi associées à une fréquence plus élevée de dépôt de déclaration sous forme papier ».

    Autre enseignement : l’âge n’explique pas à lui seul le recours au papier. « En 2024, la déclaration papier est désormais minoritaire dans toutes les tranches d'âge hormis les 16-19 ans : même chez les foyers de 90 à 94 ans elle ne représente plus que 35% des déclarations. » En revanche, la déclaration papier reste plus fréquente chez les retraités : « Les foyers percevant principalement des pensions et rentes sont 17,3% à déclarer au format papier. »

    Des proportions élevées sont aussi observées pour certains profils : 14,7% chez les foyers déclarant des revenus agricoles au régime micro, et plus de 20% chez les foyers sans aucun revenu.

    Enfin, la DGFiP note que les salariés (« soit plus de la moitié des foyers fiscaux ») sont ceux qui déclarent le plus souvent en ligne, via impots.gouv.fr ou l’application Impots.gouv.

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    Rédaction meilleurtaux Placement

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