Instaurée par la loi de finances pour 2025, la Contribution différentielle sur les hauts revenus s’ajoute désormais à la CEHR créée en 2012. Ce nouveau mécanisme de rattrapage cible en priorité les investisseurs et dirigeants percevant des revenus du capital, même lorsqu’ils sont déjà soumis au prélèvement forfaitaire unique.
- La CEHR est une surtaxe progressive de 3 % à 4 % déclenchée dès 250 000 euros de RFR pour un célibataire.
- Le mécanisme de la CDHR garantit un niveau d’imposition sur le revenu d’au moins 20 %.
- Les prélèvements sociaux (18,6 %) sont exclus du calcul pour apprécier le plancher de la CDHR.
- Les revenus du capital au PFU s’exposent à un rattrapage de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Deux contributions fiscales aux logiques très différentes
Les foyers fiscaux aisés font face à l’empilement de deux dispositifs distincts. La Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), en vigueur depuis plus de dix ans, s’applique automatiquement dès que le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse 250 000 euros pour une personne seule, et le double pour un couple. Cette surtaxe directe de 3 % ou 4 % s’additionne au barème classique de l’impôt.
À l’inverse, la Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) fonctionne comme un filet de sécurité pour le Trésor public. Elle n’a pas vocation à introduire une majoration forfaitaire, mais à vérifier que le taux effectif de taxation du foyer ne descend pas sous la barre des 20 %.
ImportantSi l’impôt réellement payé s’avère inférieur à ce seuil plancher, notamment grâce à des stratégies de défiscalisation ou d’optimisation intensives, la CDHR couvre la différence.
Le piège du prélèvement forfaitaire pour les investisseurs et dirigeants
Cette superposition risque de pénaliser en premier lieu les contribuables tirant une grande part de leurs ressources de dividendes, de plus-values ou de rachats sur l’assurance vie, et non de salaires bruts. Ces gains sont généralement soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) affichant un taux global de 31,4 % depuis début 2026. De nombreux épargnants pensent à tort être exemptés de toute contribution supplémentaire.
Le piège réside dans la décomposition du PFU. La CDHR ne prend en compte que la fraction correspondant à l’impôt sur le revenu (12,8 %) et exclut les prélèvements sociaux (18,6 %). Un foyer percevant majoritairement des dividendes se retrouve par conséquent sous le seuil minimal des 20 %, ce qui déclenche de manière automatique le paiement de la CDHR. Certains investisseurs ou dirigeants sont particulièrement exposés à l’addition de ces charges fiscales.
Le calcul de la CDHR est extrêmement technique et complexe. Il fait intervenir de multiples paramètres, ce qui peut entraîner des écarts d’imposition significatifs pour des revenus globaux pourtant comparables.
Aussi, avant toute cession d’actifs générant des gains, ou distribution de dividendes, les spécialistes recommandent d’anticiper cette contribution.