La déclaration des revenus 2025 a démarré le 9 avril. Même si vous avez déjà validé, une rectification reste possible pour récupérer un crédit ou une réduction d’impôt passé à la trappe.
- Une déclaration validée peut encore être corrigée pour récupérer un crédit ou une réduction d’impôt oublié.
- Dons : plafond « Coluche » doublé de 1 000 à 2 000 euros (dons réalisés à partir du 14 octobre 2025).
- Frais de voiture : comparer forfait 10% et frais réels, le barème restant gelé en 2026.
- Épargne : la case 2OP peut éviter l’impôt forfaitaire de 12,8% pour les non imposables ; la flat tax passe à 31,4% depuis le 1er janvier 2026.
- Ehpad, scolarité, garde d’enfants et cotisations syndicales : des avantages existent mais doivent souvent être demandés.
La campagne de déclaration 2026 (sur les revenus 2025) est ouverte depuis le 9 avril. Si un avantage fiscal a été oublié, il est encore temps de corriger la déclaration pour le demander.
Dons : la « loi Coluche » élargie et un plafond doublé
Les dons à certains organismes d’aide aux personnes ouvrent droit à 75% de réduction, tandis que les dons d’intérêt général donnent accès à 66%.
Avec l’adoption du Budget 2026, l’augmentation de la réduction d’impôt souvent appelée « loi Coluche » est entrée en vigueur. Le plafond de la réduction à 75% est désormais doublé, passant de 1 000 à 2 000 euros, soit jusqu’à 1 500 euros de réduction d’impôt. La mesure vise les dons à des associations intervenant notamment pour les repas, l’hébergement, les soins médicaux ou les violences conjugales, pour des versements réalisés à partir du 14 octobre 2025.
Oubli de déclaration : 45 euros par foyer en moyenne
À partir des statistiques 2020 de la DGFiP, MoneyVox a estimé qu’en se limitant aux foyers imposés (près de 40 millions de foyers fiscaux), plus de 12 millions pourraient omettre cet avantage. Le manque à gagner ressort à 45 euros de réduction d’impôt par foyer « étourdi » en moyenne.
Trajets domicile-travail : forfait 10% ou frais réels ?
Si vous utilisez votre voiture pour travailler, deux options existent : conserver l’abattement forfaitaire de 10% pour frais professionnels, ou choisir les frais réels en déclarant les kilomètres selon le barème officiel. Cette seconde solution peut se révéler intéressante si vous effectuez un trajet régulier de plus de 15 km, par exemple.
Le barème kilométrique reste gelé en 2026, comme en 2025. Le simulateur officiel « calcul des frais kilométriques » permet de comparer. À noter : si l’option frais réels n’est pas favorable, le fisc corrige automatiquement en rebasculant sur le forfait à 10%.
Garde d’enfants : le crédit d’impôt s’étend jusqu’à 6 ans
Pour des frais de garde (crèche, assistant maternel), le crédit d’impôt peut réduire la dépense de moitié, y compris pour les ménages non imposables. Le montant peut atteindre 1 750 euros.
Il peut aussi s’appliquer pendant l’école maternelle, pour des dépenses de périscolaire ou de centre de loisirs, à condition de conserver les justificatifs et de déclarer les sommes payées.
904 euros en moyenne selon les données disponibles
D’après les calculs de MoneyVox, environ 100 000 enfants scolarisés de moins de 6 ans fréquentant le périscolaire ne seraient pas déclarés.
En 2023 (sur les revenus 2022), le crédit d’impôs garde d’enfants s’élevait à 904 euros en moyenne, pour 1,9 million de foyers bénéficiaires.
Collège, lycée, études supérieures : une réduction à demander
Pour un enfant scolarisé, la réduction d’impôt est de 61 euros au collège, 153 euros au lycée, et 183 euros dans l’enseignement supérieur. Elle doit être explicitement demandée dans la déclaration (lignes 7EA à 7EG).
Comme il s’agit d’une réduction d’impôt, elle ne bénéficie qu’aux foyers imposables (un peu plus d’un foyer fiscal sur deux étant non imposable).
Une perte moyenne estimée à 107 euros
À partir des dernières données disponibles, MoneyVox indiquait en 2022 une estimation d’oubli conduisant à 107 euros de réduction d’impôt perdus en moyenne, pour plus de 4 millions d’enfants scolarisés non pris en compte.
Revenus de l’épargne : la case 2OP pour éviter l’impôt à 12,8%
Les revenus de l’épargne et du capital sont en principe soumis au PFU (flat tax) : 30% au total, soit 17,2% de prélèvements sociaux et 12,8% d’impôt sur le revenu. Exception : les intérêts des livrets réglementés (Livret A, LEP, LDDS) restent défiscalisés.
Un point d’attention concerne les ménages non imposables : l’impôt forfaitaire de 12,8% peut quand même être prélevé. Pour être imposé au barème (potentiellement 0%), il faut opter via la case 2OP, une démarche qui n’est pas automatique.
Hausse des prélèvements sociaux au 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le taux des prélèvements sociaux est passé de 17,2% à 18,6%, en raison d’une hausse de 1,4 point de la CSG sur les revenus de l’épargne financière. La flat tax s’élève désormais à 31,4%, contre 30% auparavant.
Ehpad et résidence autonomie : 25% de réduction sur les dépenses
Les dépenses d’hébergement en Ehpad, mais aussi en résidence autonomie (ex logement-foyer), ouvrent droit à une réduction d’impôt de 25% des sommes avancées.
1 215 euros de gain fiscal moyen
Le tarif médian mentionné est de plus de 2 300 euros par mois. Sur 730 000 personnes hébergées en Ehpad et résidences autonomie, 450 000 foyers déclareraient la dépense.
Selon les données 2024 de la DGFiP, le gain fiscal moyen atteint 1 215 euros pour 220 000 foyers bénéficiaires (les ménages non imposables n’en profitent pas, car il s’agit d’une réduction et non d’un crédit).
Cotisations syndicales : selon votre option, déduction ou crédit
Plus de 10% des salariés cotisent à une organisation syndicale en France. Certains, en choisissant les frais réels, intègrent la cotisation à leur déduction.
Pour ceux qui restent au forfait de 10%, la cotisation peut ouvrir droit à un crédit d’impôt de 66% des sommes versées.
113 euros de crédit d’impôt en moyenne
D’après des calculs réalisés en 2022, près de 1,2 million de salariés syndiqués ne demanderaient pas ce crédit d’impôt, avec un avantage annuel moyen de 113 euros non perçu.