Dividendes, intérêts et plus-values peuvent être taxés via le prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou, sur option, au barème de l’impôt. Une évolution prévue par la loi de finances 2026 modifie les possibilités de revenir sur son choix.
- Le PFU s’applique aux dividendes, intérêts/coupons et plus-values de valeurs mobilières, sans intégration au revenu global.
- Les prélèvements sociaux s’ajoutent au PFU : 18,6 % (ou 17,2% selon les revenus du capital).
- La case 2OP permet d’opter pour le barème progressif à la place du PFU ; la case 2CK retrace les prélèvements déjà opérés.
- Pour les revenus 2025, l’option 2OP reste irrévocable pour l’année concernée.
- Dès 2027 (revenus 2026 et suivants), la loi de finances 2026 ouvre la possibilité de revenir sur l’option a posteriori.
Depuis l’imposition des revenus 2018, une partie des revenus du capital suit un régime spécifique : le prélèvement forfaitaire unique (PFU). Il vise notamment les dividendes, les coupons d’obligations, les intérêts de placements (comme certains livrets d’épargne) et, dans un autre registre, les plus-values lors de la cession de valeurs mobilières.
PFU (« flat tax ») : de quoi parle-t-on ?
Le PFU repose sur une taxation forfaitaire, qui se substitue à l’intégration de ces revenus au revenu global imposé au barème progressif. Autrement dit, les sommes concernées ne s’ajoutent pas aux autres revenus déclarés (salaires, revenus fonciers…) : elles sont imposées à part.
À cette imposition s’ajoutent les prélèvements sociaux de 18,6 % (ou 17,2% pour certains revenus du capital). C’est dans ce cadre que l’on évoque la « flat tax ».
Dans la pratique, le PFU est fréquemment prélevé lors du versement du revenu, par l’établissement payeur ou, le plus souvent, par l’intermédiaire qui tient le compte du bénéficiaire (banque, courtier…).
Dispense à la source : possible, mais pas « définitive »
Selon certaines conditions de revenus, une dispense peut être demandée à l’intermédiaire financier. Cette démarche n’empêche toutefois pas que l’administration fiscale applique ensuite le PFU lors de la déclaration.
La raison est simple : le PFU n’est pas libératoire de l’impôt sur le revenu. L’imposition est arrêtée définitivement au moment de la déclaration de revenus.
Déclaration : le rôle des cases 2CK et 2OP
Au moment de déclarer, les revenus de capitaux mobiliers sont en général pré-remplis (avec possibilité d’ajout ou de correction). Par défaut, ils relèvent du PFU.
Si un prélèvement a déjà été opéré par l’intermédiaire financier lors de la perception, les montants correspondants sont aussi reportés, en case 2CK.
Le contribuable peut choisir une autre voie : opter pour l’imposition au barème en cochant la case 2OP. Dans ce cas, les revenus habituellement soumis au PFU basculent dans le revenu global du foyer fiscal et sont taxés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Qu’il y ait option ou non, les sommes indiquées en 2CK restent imputées au bénéfice du contribuable lors du calcul final de l’impôt.
Revenir sur son choix : ce qui est possible aujourd’hui
Si vous n’avez pas coché 2OP
Un contribuable qui n’a pas choisi l’imposition au barème conserve la possibilité de le faire après coup, dans les délais de réclamation de droit commun fixés au 31 décembre N+2. Exemple : pour les revenus 2025, l’avis d’imposition sortira cet été. Les réclamations seront possibles jusqu’au 31 décembre 2028. La demande se fait auprès de son centre des impôts.
Si vous avez coché 2OP
Jusqu’à présent, l’option exercée était définitive : la loi prévoyait qu’elle est irrévocable. C’est encore vrai pour les revenus 2025. Une fois la case 2OP cochée, le PFU ne peut plus s’appliquer pour l’année concernée, y compris si les revenus sont modifiés ultérieurement (par exemple lors d’un contrôle fiscal).
En revanche, l’année suivante, le choix est à nouveau ouvert : il est possible d’opter (ou non) pour 2OP sur les revenus des années suivantes.
Loi de finances 2026 : une évolution à partir de 2027
Après validation de la déclaration et une fois la période de correction passée, il n’était plus possible de modifier l’option d’imposition (PFU ou barème de l’IR). La loi de finances 2026 modifie ce cadre.
À compter de 2027, pour les revenus des années 2026 et suivantes, il sera possible de renoncer a posteriori à l’option exercée, y compris si la case 2OP a été cochée. L’option ne sera donc plus irrévocable : le changement pourra intervenir soit dans le délai de réclamation de trois ans, soit en cours de contrôle fiscal.