Barème de l’impôt indexé sur l’inflation, rabots ciblés, ajustements sur les donations, nouveau PTZ « parentalité », chèque énergie avancé à janvier et prélèvement sur l’épargne oubliée : tour d’horizon des mesures annoncées si le budget 2027 est adopté en l’état.
- Le barème de l’impôt sur le revenu serait revalorisé de 2,1% en 2027 (inflation 2026).
- Le plafond de l’abattement des retraités passerait d’environ 4 500 euros à 3 000 euros, avec un effet surtout au-delà de 30 000 euros par an.
- Les indemnités d’affections de longue durée deviendraient imposables à 50%.
- Donations : exonération portée à 50 000 euros (au lieu de 31 865 euros) entre le 1er janvier et le 30 juin 2027, avec des droits possibles à 6% voire 5% sous conditions.
- Un prélèvement de 17% viserait l’épargne oubliée à la Caisse des dépôts, avec restitution en cas de réclamation via Ciclade.fr.
Indexation du barème, réduction de certains avantages fiscaux, modifications sur les transmissions, nouveaux dispositifs de soutien : le projet de budget 2027 (et, pour certaines mesures, le budget 2026 ou le budget de la Sécurité sociale) dessine plusieurs changements possibles pour les ménages.
Impôt sur le revenu : barème relevé, abattements rabotés
Le barème suivrait l’inflation constatée
Le barème progressif de l’impôt sur le revenu serait revalorisé en 2027 sur la base de l’inflation 2026, annoncée à 2,1%. Conséquence : un contribuable dont les revenus progressent au même rythme que les prix éviterait une hausse d’impôt. À l’inverse, si vos revenus restent identiques en 2026, l’impôt dû en 2027 pourrait reculer légèrement.
Retraités : plafond d’abattement abaissé
Le plafond de l’abattement accordé sur les pensions de retraite serait réduit d’environ un tiers : environ 4 500 euros aujourd’hui, contre 3 000 euros si le budget 2027 est voté sans modification. D’après le texte, cette évolution ne toucherait pas les retraités déclarant moins de 30 000 euros par an (abattement inférieur à 3 000 euros dans ce cas pour le foyer). Au-delà de 30 000 euros par an, l’impôt augmenterait mécaniquement. Les annexes du projet de loi de finances (PLF) chiffrent l’économie attendue à 1,1 milliard d’euros.
Arrêts maladie longue durée : fin d’une exonération
Le projet prévoit que les indemnités liées aux affections de longue durée ne seraient plus totalement exonérées d’impôt sur le revenu. En cas d’adoption, elles deviendraient imposables à hauteur de 50% de leur montant.
Rupture du contrat de travail : un plafond unique d’exonération
Les textes budgétaires modifient la fiscalité et le régime social (CSG-CRDS) des indemnités de licenciement et de rupture conventionnelle. Pour l’impôt sur le revenu, le PLF 2027 introduirait un plafond unique d’exonération aligné sur le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 48 060 euros en 2026. Seuls les 5% de salariés percevant les indemnités « les plus élevées » seraient concernés, selon le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.
Hauts revenus : contribution prolongée
La contribution différentielle sur les hauts revenus, créée en 2025, serait prolongée. Elle vise à limiter les stratégies d’optimisation conduisant certains contribuables aisés à descendre sous 20% d’imposition sur leurs revenus annuels.
Successions et donations : relèvement temporaire et nouveau pacte
Donations d’argent : fenêtre limitée au 1er semestre 2027
Le texte prévoit un dispositif temporaire pour les dons d’argent intrafamiliaux : l’exonération passerait à 50 000 euros (contre 31 865 euros actuellement). Par ailleurs, sous conditions, les droits de donation seraient réduits à 6%, voire 5%, lorsque les dons dépassent les seuils actuels d’abattement et d’exonération. La mesure s’appliquerait aux dons effectués entre le 1er janvier et le 30 juin 2027.
Transmission d’entreprise : un « pacte Papin » annoncé
Le nouveau « pacte Papin » viendrait s’ajouter au pacte Dutreil. Objectif affiché : faciliter les reprises d’entreprises en dehors du cercle familial, alors que le pacte Dutreil permet déjà une forte réduction d’imposition lors d’une transmission au sein d’une famille.
Immobilier : un PTZ « parentalité » en complément
Le budget 2026 renforcerait le prêt à taux zéro (PTZ), qui finance une partie d’un crédit immobilier sans intérêts, sous conditions. Il créerait en plus un PTZ « parentalité », destiné uniquement aux familles qui attendent un enfant ou ont la charge d’un enfant de moins de 3 ans.
Chèque énergie : versement avancé et bénéficiaires en hausse
Après une baisse des crédits liée au non-recours, le gouvernement prévoit davantage de moyens pour le chèque énergie, avec un objectif de 100 000 bénéficiaires supplémentaires grâce à un croisement plus complet des données. Autre évolution, annoncée en parallèle mais « sans lien avec le budget 2027 » : le versement interviendrait dès janvier, et non plus au printemps.
Banque : prélèvement de 17% sur l’épargne en déshérence
Le projet envisage un prélèvement de 17% sur l’épargne oubliée conservée à la Caisse des dépôts. Le gouvernement assure toutefois que « le dispositif ne porte aucunement atteinte aux droits des titulaires et de leurs ayants droit » : en cas de récupération des fonds via Ciclade.fr, l’État restituerait le prélèvement pour que le titulaire récupère la somme à laquelle il a droit.
Ce qui dépend du budget de la Sécurité sociale
Les textes budgétaires suivent un calendrier parlementaire comparable, mais avec des allers-retours (navette) distincts entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Plusieurs mesures relèvent du budget de la Sécu, notamment :
- Désindexation partielle des retraites ;
- Gel des prestations sociales, familiales et des aides au logement, à l’exception des minima sociaux (Aspa, RSA, etc.) et à l’exception de l’AAH ;
- Recentrage de l’allocation de rentrée scolaire.