Une pompe à pétrole miniature en or et une tirelire posées sur de l’argile fissurée dans le désert

    Le cours du baril de Brent a reculé de près de 2 % le 5 octobre, mais il reste au-dessus de 100 $, alors que l’énergie pèse +21,2 % sur un an dans l’inflation de septembre. Ce contexte impacte différemment le rendement réel des placements.

    À retenir
    • Le cours du pétrole a clôturé à 100,32 $ le 5 octobre dernier, en baisse de 1,89 %.
    • L’énergie pèse +21,2 % sur un an dans l’inflation de septembre.
    • Un placement perd du pouvoir d’achat lorsque son taux est inférieur à l’inflation.
    • L’effet d’un baril au-dessus de 100 $ varie selon la classe d’actifs.

    Un Brent en repli, mais toujours à trois chiffres

    Le 5 octobre, le prix du pétrole Brent est tombé à 100,32 $ le baril, en baisse de 1,93 $ (-1,89 %). Le WTI américain a cédé 1,68 $ (-1,84 %) pour s’établir à 89,43 $.

    Deux facteurs expliquent ce recul :

    • les exportations de brut du Moyen-Orient ont dépassé leur niveau d’avant-guerre pendant quatre des sept jours de la dernière semaine de septembre ;
    • le G7 a décidé de libérer 100 millions de barils de diesel et de brut de ses réserves d’urgence, et s’est engagé à ne pas restreindre ses ventes d’énergie à l’étranger.

    La baisse reste toutefois limitée par les craintes de perturbations liées au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

    Le marché reste sceptique face à l’annonce du G7 et l’offre demeure tendue

    Un analyste estime que le marché doute de la portée de l’annonce et qu’il est impossible de déterminer à ce stade combien de barils du nouvel accord seraient prélevés sur ce qu’il reste du plan d’urgence de 400 millions de barils mis en place en mars par l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

    Un autre expert indique que « les membres de l’AIE en avaient libéré environ les deux tiers ». De fait, les stocks commencent à s’épuiser. Ceux de la Réserve stratégique de pétrole des États-Unis sont déjà tombés à 283 millions de barils, leur plus bas niveau depuis octobre 1982.

    Par ailleurs, les observateurs s’attendent à ce que l’approvisionnement en brut et en carburants reste sous pression.

    Selon leurs projections, il faudrait au moins deux ans pour reconstituer les réserves mondiales.

    De son côté, le géant britannique BP a réorienté ses raffineries pour produire davantage de diesel.

    Une prime de risque qui devrait rester élevée

    Pour certains spécialistes, les perspectives d’une trêve durable au Moyen-Orient paraissent bien minces.

    Avec la reprise des offensives de l’Arabie Saoudite contre les rebelles houthis, les frappes sur les infrastructures d’énergie et les bateaux vont s’intensifier, maintenant la prime de risque géopolitique à un niveau élevé.

    Au Yémen, les forces gouvernementales ont ciblé des positions houthistes dans le district de Dhubab, qui surplombe le détroit de Bab el-Mandeb, au lendemain du lancement d’une campagne pour reconquérir les territoires contrôlés par les Houthis. Ces combats continuent d’alimenter l’inquiétude sur la stabilité des approvisionnements du premier exportateur de la région.

    Par ailleurs, l’OPEP+ a reporté la révision des quotas pour 2027.

    Selon deux sources proches du dossier, la guerre en Iran a perturbé les projets d’augmentation des capacités au Moyen-Orient, ce qui rend incertaines les estimations du potentiel de production futur.

    En revanche, Aramco a réduit de manière inattendue ses prix du brut de novembre pour l’Asie, lesquels ont atteint leur plus bas niveau en six ans.

    Inflation de septembre : l’énergie en tête

    Côté prix à la consommation, l’énergie pèse +21,2 % sur un an dans l’inflation de septembre. Tant que le baril se maintient au-dessus des 100 $, ce poste continue de tirer l’indice vers le haut, et les tensions sur l’offre évoquées précédemment risquent d’entretenir cette pression.

    Pour les ménages, l’élément à considérer reste le rendement réel, c’est-à-dire le taux annoncé diminué de l’inflation. Avec un taux nominal de 3 % et des prix qui grimpent de 4 %, l’épargne perd environ 1 % de pouvoir d’achat sur un an, bien que le solde du compte augmente toujours.

    ImportantConcrètement, plus l’inflation s’installe, plus l’écart se creuse pour les placements dont la rémunération évolue lentement. À l’inverse, les produits à taux révisable peuvent suivre la hausse des prix, après un certain délai.

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    Des impacts variables selon la classe d’actifs

    Les détenteurs d’un livret devraient être relativement épargnés, les taux de ces produits étant ajustés périodiquement. Pour certains supports réglementés, la révision tient compte de l’inflation et des taux de marché, ce qui limite la perte de pouvoir d’achat, avec un décalage dans le temps.

    Du côté des fonds en euros, leur rendement dépend des obligations détenues par les assureurs. Celui-ci progresse lentement, à mesure que les anciennes arrivent à échéance et sont remplacées par des titres mieux rémunérés. Une inflation élevée peut donc peser sur leur performance réelle pendant un certain temps.

    Pour le cas des obligations, celles déjà en circulation subissent de plein fouet la hausse des taux : lorsque ceux-ci montent, leur valeur de marché baisse. Les nouvelles émissions, quant à elles, offrent des rendements plus attractifs.

    En ce qui concerne les actions, l’impact varie selon les secteurs. Le cours du baril de Brent supérieur à 100 $ profite aux fournisseurs d’énergie, mais pèse sur les autres entreprises, dont les coûts de transport ou de production augmentent.

    À noter que les banques centrales surveillent de près l’ensemble de ces indicateurs. Leurs décisions de relever ou non les taux directeurs influencent à leur tour la rémunération des placements financiers. Un pétrole durablement cher les incite à la prudence avant d’envisager une baisse des taux, tandis qu’un repli des cours leur laisse davantage de marge de l’assouplir.

    L’épargnant a donc intérêt à suivre à la fois l’évolution du baril, celle de l’inflation et celle des taux.

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    Rédaction meilleurtaux Placement

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