Pensions alimentaires, enfants à charge, dons, épargne retraite… Bercy et la DGFiP pointent des pièges récurrents au moment de déclarer les revenus 2025. Tour d’horizon des erreurs les plus fréquentes, avec les cases et rubriques à surveiller.
- Pensions alimentaires : déclarer des deux côtés (versée et/ou perçue) et éviter la case 6DD.
- Enfants après séparation : pas de double rattachement ; garde alternée à renseigner dans la rubrique dédiée.
- Revenus des enfants rattachés : déclarer en tenant compte des exonérations (5 405 euros ; 21 622 euros).
- Frais de garde : exclure repas et montants couverts par le CMG ; crédit max à 1 750 euros.
- Case T : à cocher chaque année si vous êtes parent isolé, sans concubinage.
La Direction générale des finances publiques (DGFiP) ne publie pas un classement exhaustif des erreurs les plus répandues. En revanche, l’administration donne des repères via Oups.gouv.fr (pièges signalés aux contribuables) et au fil de réponses ministérielles, où reviennent notamment les sujets des charges d’enfants et des pensions alimentaires.
Voici, dans ce cadre, les 10 pièges, oublis et erreurs à éviter pour la déclaration 2026 (revenus 2025), tels qu’ils ressortent des indications de Bercy.
Pensions alimentaires : cases, rubriques… et la 6DD à éviter
1) Déclarer la pension au mauvais endroit
Les pensions alimentaires génèrent de nombreuses erreurs : omission pure et simple, choix de rubrique inadaptée, ou absence de déclaration côté bénéficiaire (la pension perçue doit aussi être renseignée comme revenu).
Pour une pension versée, il faut passer par « vos charges » : chapitre « charges déductibles » (pensions versées à des enfants majeurs) ou « charges et imputations diverses » (autres situations). Si vous percevez une pension, la démarche se fait dans « vos revenus ».
Côté cases, la 6EL (et suivantes) sert notamment à déduire les pensions versées aux enfants majeurs. La 6GU concentre une grande partie des autres pensions (enfants mineurs, ex-conjoint(e) après divorce par consentement mutuel, certaines pensions versées aux parents, etc.). Point d’attention rappelé par Bercy : les pensions alimentaires ne doivent pas être déclarées en 6DD « autres déductions ».
Enfants après séparation : rattachement ou garde alternée
2) Rattacher un enfant des deux côtés
Un enfant ne peut pas être indiqué comme à charge exclusive dans deux foyers à la fois.
Après une séparation ou un divorce, le rattachement est possible s’il vit chez vous, exclusivement ou principalement, via la rubrique « personnes à charge en 2025 » (étape 2 de la déclaration en ligne). En cas de garde alternée, l’option figure au même endroit : le fisc répartit alors les parts de quotient familial entre les deux foyers.
Revenus des enfants rattachés : déclarer… en intégrant l’exonération
3) Oublier revenus et plafonds d’exonération
Bercy rappelle : « Les jeunes qui perçoivent des salaires bénéficient de plusieurs situations d'exonération », afin d’éviter « les erreurs les plus fréquentes » liées au rattachement.
Concrètement, les revenus des enfants mineurs ou majeurs rattachés doivent être intégrés avec les autres revenus d’activité (cases 1CJ, 1DJ, etc.). Mais il faut tenir compte des exonérations : jusqu’à 5 405 euros pour les jobs étudiants, jusqu'à 21 622 euros pour les stages rémunérés et apprentis. Seule la part excédentaire est à déclarer.
Frais de garde : attention au CMG et aux repas
4) Surévaluer les dépenses ouvrant droit au crédit
Le crédit d’impôt pour frais de garde concerne les enfants jusqu’aux 6 ans. Pour la déclaration 2026, il s’agit donc des enfants nés après le 1er janvier 2019.
Deux erreurs reviennent : inclure à tort les frais de repas et ne pas déduire les aides publiques telles que le complément de libre choix de mode de garde (« CMG »). Les montants déjà pris en charge via le CMG, comme les frais de nourriture, ne doivent pas être reportés dans « réductions et crédits d’impôt ».
À noter : le crédit d’impôt maximum est passé à 1 750 euros et certains justificatifs (centre de loisirs, périscolaire) ne sont pas toujours repris automatiquement.
Scolarité : une réduction parfois oubliée
5) Ne pas demander la réduction dédiée
Une réduction d’impôt est prévue pour les collégiens, lycéens et étudiants : elle va de 61 à 183 euros. La saisie se fait lignes 7EA et suivantes (ou 7EB et suivantes en cas de garde alternée).
Revenus financiers : la « flat tax » n’est pas toujours optimale
6) Ne pas choisir le barème quand on est non imposable
Le prélèvement forfaitaire unique s’applique par défaut. Or, pour un foyer non imposable, le taux forfaitaire de 12,8% sur les gains financiers peut être moins intéressant que le barème, puisque le taux marginal peut être de 0%. Le choix se matérialise via l’option 2OP.
Épargne retraite : ne pas soustraire des salaires
7) Déduire au mauvais endroit les versements
Pour l’épargne retraite, l’erreur classique consiste à retirer soi-même les cotisations du montant des salaires. La bonne méthode est rappelée ainsi : « Je ne déduis pas le montant des cotisations directement du montant de mes salaires : je les déclare ligne 6NS, 6NT, 6NU ou 6RS, 6RT, 6RU », dans « vos charges », rubrique « épargne retraite ».
Dons : distinguer 75% et 66%
8) Mettre les montants dans la mauvaise case
Les dons aux organismes d’aide aux plus démunis ouvrent droit à 75% de réduction (case 7UD). Les dons aux associations d’intérêt général relèvent de 66% (case 7UF), tout comme les dons au culte (case 7UJ). Il faut donc ventiler correctement selon la nature du bénéficiaire.
Si les dons à 75% dépassent le plafond de 1 000 euros, le surplus est basculé automatiquement dans l’autre catégorie.
Abattement professionnel : une correction à faire soi-même
9) Oublier l’abattement pour certaines professions
Les assistants familiaux, assistantes maternelles ou journalistes, notamment, disposent d’un abattement spécifique. Il doit être retranché des salaires imposables pré-déclarés.
Sur impots.gouv.fr, la correction est facilitée : lors de la modification des revenus préremplis, la soustraction s’effectue automatiquement après saisie du montant d’abattement forfaitaire, qui est ensuite reporté en 1GA ou 1HA.
Parent isolé : la case T à cocher chaque année
10) Ne pas activer l’avantage quand on y a droit
Le fisc rappelle : « Vous êtes célibataire, divorcé, séparé (...), vous vivez seul avec vos enfants (...), cochez... T ». La case T peut donner droit à une demi-part supplémentaire si vous correspondez à la définition du parent isolé. Limite importante : « si je vis en concubinage, je n'ai pas droit à cet avantage ».
Cette case « parent isolé (T) » n’est pas pré-cochée, y compris si vous l’aviez déjà renseignée : il faut la cocher chaque année tant que vous êtes éligible.
Autres situations souvent sources d’erreurs
- Choix entre régime réel et micro-foncier pour un logement mis en location.
- Déclaration après avance immédiate de crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié.
- Oubli des aides liées à la perte d’autonomie (pour vous-même ou un parent en Ehpad ou à domicile).
- Utilisation à tort de « autres déductions » (6DD), une case réservée à un nombre limité de contribuables.