Prime « classique », prime Macron (PPV), intéressement ou participation… Leur traitement fiscal diffère selon la date de versement et l’usage (cash ou épargne). Point sur les cases à utiliser dans la déclaration des revenus 2025, au printemps 2026.
- Une prime « classique » versée en 2025 est en général déjà incluse dans le net imposable et se déclare en 1AJ (ou 1BJ…).
- Si la prime est payée en janvier 2026, elle relève des revenus 2026, à déclarer au printemps suivant.
- La prime Macron (PPV) peut être exonérée d’impôt sous conditions, mais la PPV exonérée doit être indiquée en 1AD.
- Intéressement/participation : placement sur un plan d’épargne = exonération d’impôt ; versement immédiat = à déclarer avec les salaires (1AJ…).
- Indemnités de départ : règles particulières, avec exonérations possibles selon le cas (licenciement, rupture conventionnelle, retraite).
Les primes versées par l’employeur ne se déclarent pas toutes de la même façon. Selon leur nature, leur date de paiement et votre choix (versement immédiat ou placement), elles peuvent être imposables, exonérées… mais parfois tout de même à renseigner.
Prime sur salaire : en principe intégrée au net imposable
Règle générale : toute prime, gratification ou part variable payée en 2025 s’ajoute à votre rémunération imposable. Lorsqu’elle figure sur le bulletin de décembre, elle est normalement déjà comprise dans le salaire net imposable annuel indiqué sur ce bulletin, et le prélèvement à la source a déjà été appliqué. Il vous reste à reporter le montant correspondant via votre déclaration, sur la base du « net imposable » annuel.
Dans quelle case la reporter ?
Ces sommes se déclarent avec les « traitements et salaires » : case 1AJ (ou la ligne équivalente, 1BJ par exemple en cas de déclaration commune). Dans la plupart des situations, le montant est prérempli.
Le même principe vaut pour une prime de Noël versée régulièrement, ou pour un bonus collectif exceptionnel : il augmente votre « net imposable ».
Exception à connaître : si la prime est versée en janvier 2026 (et non rattachée au salaire de décembre 2025), elle relève des revenus 2026. Elle sera donc à déclarer au printemps suivant.
Prime Macron (PPV) : exonérée sous conditions, mais à renseigner
La « prime exceptionnelle de pouvoir d'achat » (PEPA) a été remplacée, depuis juillet 2022, par la « prime de partage de la valeur » (PPV). L’appellation « prime Macron » reste toutefois courante.
Depuis 2025, le régime a évolué : la PPV est exonérée d'impôt sur le revenu (dans la limite de 3 000 euros ou de 6 000 euros) et de cotisations sociales uniquement pour les salariés dont la rémunération est inférieure à trois Smic et faisant partie d'une entreprise de moins de 50 salariés.
Pour les salariés au-delà de trois Smic, ou dans une entreprise de plus de 50 salariés, l’exonération d’impôt sur le revenu n’est plus applicable. Pour conserver l’avantage fiscal, dans la limite de 3 000 euros ou 6 000 euros, il faut orienter la prime vers un plan d’épargne. Dans ces situations, la prime reste soumise à la CSG et à la CRDS.
Où indiquer la PPV exonérée ?
La prime exonérée doit être déclarée sur la ligne dédiée « prime de partage de la valeur exonérée » : 1AD (ou 1BD, etc.), dans la rubrique « traitements, salaires ».
Il est aussi demandé de cocher les cases 1AV à 1DV « si vous bénéficiez de la majoration du seuil d'exonération à 6 000 euros (signature d'un accord d'intéressement, versement par un organisme d'intérêt général, versement aux travailleurs handicapés relevant d'un ESAT) », précisait la brochure officielle du fisc l'an passé. Cette démarche reste la même en 2026. cité par MoneyVox
Intéressement et participation : l’impôt dépend de votre choix
Tout se joue au moment où vous optez pour le versement immédiat (« prendre le cash ») ou pour le placement, qui est souvent l’option par défaut. Selon les accords d’entreprise et les résultats, participation et/ou intéressement peuvent être versés en fin d’année ou au printemps (avant fin mai).
Placement sur un plan d’épargne : exonération d’impôt
Si vous affectez la prime à un dispositif d’épargne salariale (PEE, Perco, ou nouveau PER d’entreprise), elle est exonérée d’impôt sur le revenu. En revanche, la prime brute demeure soumise à la CSG-CRDS. Dans ce cas, vous n’avez pas à la déclarer.
Versement immédiat : à inclure dans les salaires
Si vous réclamez le versement immédiat de tout ou partie de cette prime, elle intègre vos revenus salariaux. Une prime d’intéressement payée courant ou fin 2025 a ainsi pu être ajoutée au salaire de mai 2025 ou au dernier salaire de l’année. Elle a donc augmenté le « net imposable » 2025 à déclarer au printemps 2026.
Où déclarer ? Avec les « traitements et salaires », ligne 1AJ (ou 1BJ, etc.). Le montant est en principe prérempli.
Indemnités de départ et retraite : règles spécifiques
Les indemnités perçues lors d’un départ de l’entreprise ou à l’occasion de la retraite obéissent à des dispositifs particuliers, plus techniques.
Pour la retraite, l’ancienne option d’étalement de la prime de départ n’est plus possible depuis 2020, dans le prolongement de la mise en place du prélèvement à la source. Il reste toutefois possible de recourir au système du quotient pour atténuer l’imposition l’année du départ.
Pour les indemnités de rupture du contrat de travail, le traitement fiscal dépend des circonstances. Les indemnités légales de licenciement sont exonérées d’impôt. Au-delà d’un certain seuil, et hors plan de sauvegarde de l’emploi, une partie des indemnités de licenciement et celles versées lors d’une rupture conventionnelle peuvent devenir imposables.
À vérifier : l’article source mentionne des « indemnités de départ qui échappent au fisc » sans détailler la liste complète dans l’extrait fourni.