La déclaration 2026 n’annonce pas de révolution, mais quelques ajustements sont à connaître : barème revalorisé, dons « Coluche », emploi à domicile et prise en compte de la CDHR. Plusieurs pistes débattues au Parlement n’ont finalement pas été retenues, et d’autres ne s’appliqueront que plus tard.
- La déclaration 2026 comporte peu de nouveautés, mais intègre une revalorisation du barème de 0,9%.
- Le plafond des dons « Coluche » passe à 2 000 euros (réduction à 75%), pour les dons effectués à partir du 14 octobre 2025.
- Pour l’emploi à domicile, une nouvelle obligation de renseignement de l’employé ou de l’organisme est attendue.
- L’abattement de 10% des retraités, l’exonération des pourboires (jusqu’en 2028) et la réduction pour frais de scolarité sont maintenus.
- Plusieurs mesures (CSG à 10,6% sur certains revenus du capital, « Jeanbrun », PER après 70 ans, option PFU) n’auront pas d’effet immédiat sur la déclaration 2026.
Pour la campagne de déclaration 2026, les changements restent limités. « Peu de nouveautés sont à prévoir dans cette déclaration 2026 », indique Sandra Demarcq, secrétaire générale du syndicat Solidaires finances publiques, premier syndicat de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), citée par MoneyVox.
Déclaration 2026 : les principales évolutions
Un barème d’impôt revalorisé de 0,9%
Comme en 2025, la loi de finances pour 2026 a été adoptée puis promulguée tardivement, courant février. Cette adoption tardive ne remet toutefois pas en cause l’actualisation annuelle du barème progressif : il est revalorisé de 0,9% cette année.
Dons « Coluche » : plafond porté à 2 000 euros
Le budget 2026 prévoit bien le doublement du plafond des dons dits « Coluche ». Il devient possible de déclarer jusqu’à 2 000 euros versés aux associations d’aide aux plus démunis, ouvrant droit à une réduction de 75%, soit potentiellement 1 500 euros.
Point de vigilance : la mesure ne concerne que les dons effectués à des associations éligibles à partir du 14 octobre 2025. La déclaration doit donc intégrer une distinction de date (avant/après le 14 octobre).
Crédit d’impôt emploi à domicile : une déclaration plus détaillée
Pour les plus de 5 millions de foyers qui déclarent chaque année le salaire d’un employé à domicile ou les factures d’un organisme de services à la personne, une évolution est attendue dans le formulaire 2026. Sandra Demarcq précise : « On peut effectivement noter cette nouvelle obligation de déclarer l'organisme prestataire ou l'employé pour bénéficier du crédit d'impôt emploi à domicile. Cela va dans le bon sens », puis ajoute : « C'est un crédit d'impôt qui coûte extrêmement cher à l'Etat, bénéficie en priorité aux contribuables aisés et qui peut être source de fraude. »
CDHR : l’acompte payé fin 2025 pris en compte
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), récente, n’apparaissait pas dans la déclaration l’an passé. Les foyers concernés ont alors rempli une déclaration sur l’honneur fin 2025 et réglé un acompte. Cet acompte doit être intégré dans la déclaration 2026 pour que l’administration ne réclame que le solde l’été prochain.
Mesures discutées, mais finalement sans effet en 2026
Retraités : l’abattement de 10% reste en place
La suppression de l’abattement de 10% (ou sa transformation en un forfait de 2 000 euros) a été débattue, puis abandonnée, au moins à ce stade.
Pourboires : l’exonération prolongée jusqu’en 2028
La prorogation de l’exonération des pourboires jusqu’en 2028 maintient la déclaration 2026 en l’état sur ce point : la case dédiée ne change pas.
Frais de scolarité : réduction d’impôt maintenue
La suppression envisagée de la réduction d’impôt sur le revenu pour les frais de scolarité dans le secondaire et le supérieur ne figure pas dans la version définitive : la réduction est conservée.
Indemnités journalières pour ALD : exonération conservée
La fiscalisation des indemnités journalières pour affections de longue durée (ALD) a été évoquée pendant les débats budgétaires. La mesure n’ayant pas été retenue dans la loi de finances définitive, l’exonération demeure.
Ce qui s’appliquera plus tard (pas dans la déclaration 2026)
CSG sur les revenus de placement : hausse à venir, effets limités pour l’instant
La hausse de la CSG de 9,2% à 10,6% sur les revenus du capital (avec des exceptions, dont l’assurance vie, l’épargne logement, etc.) ne doit s’appliquer que sur les intérêts et dividendes de l’année 2026. Il n’y a donc pas de changement sur la déclaration des revenus 2025, sauf pour les plus-values mobilières (bourse, crypto, etc.) et les locatifs meublés. À vérifier lors de la mise en ligne de la brochure pratique de l’administration fiscale.
« Jeanbrun » : un dispositif pour les acquisitions à partir du 21 février 2026
Le dispositif d’incitation à l’investissement locatif « Jeanbrun » ne concerne que les biens acquis ou construits à partir du 21 février 2026. Il n’entraîne donc pas de modification immédiate pour la déclaration 2026.
PER après 70 ans : fin de la déduction, mais pas avant la déclaration 2027
La suppression de la déduction fiscale des versements sur PER après 70 ans entre en vigueur au 1er janvier 2026. Concrètement, elle ne produira d’effet que dans la déclaration 2027 sur les revenus 2026. Les versements effectués en 2025, y compris après 70 ans, restent déductibles.
PFU ou barème : une option désormais révisable, mais calendrier incertain
Jusqu’à présent, le choix entre l’imposition au barème et le prélèvement forfaitaire unique (PFU) devenait définitif une fois la déclaration validée et le délai de correction passé. La loi de finances pour 2026 met fin à cette irrévocabilité : il deviendrait possible de modifier l’option durant le délai de réclamation de 3 ans.
Reste un point de calendrier : en raison de l’adoption tardive du budget 2026, la mesure n’est pas censée viser les revenus 2025 déclarés au printemps, sauf décision spécifique de l’administration fiscale et du gouvernement pour l’imposition des gains 2025.