Assurance vie et plan d’épargne retraite (PER) proposent des modes de gestion proches, mais ils ne se valent pas sur la disponibilité des fonds. Point sur les règles applicables, les profils de gestion et les cas de déblocage anticipé.
- PER et assurance vie peuvent être gérés en gestion libre ou via une gestion pilotée.
- Depuis le 24 octobre 2024, les profils prudent/équilibré/dynamique sont standardisés (faible risque : 50%, 30%, 20%).
- En PER « horizon retraite », les supports à faible risque montent de 20% (à 10 ans) à 70% (à moins de 2 ans).
- Le PER est en principe bloqué jusqu’à la retraite, avec des cas de déblocage anticipé listés par la réglementation.
- L’assurance vie reste retirable à tout moment ; après 8 ans, abattement annuel de 4 600 euros (ou 9 200 euros pour un couple).
Pour préparer un projet de long terme, l’assurance vie et le PER permettent d’investir sur différents supports, en gestion libre ou via un mandat confié à des professionnels. En revanche, dès qu’il s’agit de récupérer son argent, les règles divergent nettement.
Disponibilité des fonds : deux logiques très différentes
Avec un PER, l’épargnant accepte un principe : l’épargne est bloquée jusqu'au moment de votre départ à la retraite. Ce cadre vise à conserver le capital jusqu’à l’échéance, mais il peut poser problème en cas de besoin de trésorerie.
Le déblocage avant la retraite reste toutefois possible dans quelques exceptions, sous conditions. Le PER peut être débloqué en cas de :
- décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
- invalidité du titulaire, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs, ou de ses enfants ;
- situation de surendettement, expiration des droits à l'assurance chômage ;
- liquidation judiciaire de l'entreprise du titulaire ;
- acquisition de la résidence principale mais seulement pour les fonds issus des versements volontaires de l'épargnant ou de l'épargne salariale ;
- de clôture d'un PER ouvert pour un mineur avant le 1er janvier 2024 (et toujours mineur à la clôture) ;
- en cas d'affection grave, de handicap ou d'accident d'une particulière gravité chez l'enfant à la charge du titulaire.
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À l’inverse, l’assurance vie se distingue par une liquidité plus large : l’épargne peut être retirée à tout moment, quel que soit le motif, avec un seul et même contrat, y compris avant huit ans de détention.
À noter que la fiscalité devient plus favorable après 8 ans : en cas de rachat, l’épargnant profite d’un abattement annuel de 4 600 euros (ou 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune).
Gestion : une palette comparable entre PER et assurance vie
Sur le pilotage de l’épargne, les deux enveloppes offrent des options similaires. Dans l’assurance vie comme dans le PER, on peut sélectionner soi-même les supports (gestion libre) ou choisir une gestion pilotée, en confiant la conduite du contrat à une société de gestion chargée d’ajuster l’allocation en fonction des marchés.
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Assurance vie Exclusive
Depuis le 24 octobre 2024, les profils prudent, équilibré et dynamique sont encadrés par des règles communes. Pour qu’un mandat soit considéré comme « prudent », l’assureur doit investir au moins 50% de l’encours sur des supports « à faible risque ». Le seuil est fixé à 30% pour le profil « équilibré » et à 20% pour le mandat « dynamique ».
PER : l’option par défaut et le passage progressif au “moins risqué”
Dans un PER, l’allocation standard est un profil « équilibré horizon retraite ». Le mécanisme repose sur une prise de risque plus élevée au départ (notamment via des fonds actions), puis une sécurisation progressive à l’approche de la retraite.
Concrètement, la part investie sur des fonds à faible risque augmente dans le temps, en passant de 20% dix ans avant la retraite, à 70% à moins de deux ans de l'échéance.
Investissements non cotés (FEILT/ELTIF) : parts imposées en gestion pilotée
Autre évolution : les titulaires d’un PER en gestion pilotée à horizon retraite voient une part de leur argent automatiquement investie dans des fonds européens d'investissement à long terme (FEILT/ELTIF), des actifs non cotés finançant les PME et ETI (titres éligibles au PEA-PME).
Profil prudent :
- 6% jusqu'à 20 ans avant la date de liquidation envisagée par le titulaire ;
- 4% jusqu'à 15 ans avant la date de liquidation envisagée par le titulaire ;
- 2% jusqu'à 10 ans avant la date de liquidation envisagée par le titulaire.
Profil équilibré :
- 8% jusqu'à 20 ans avant la date de liquidation envisagée ;
- 6% jusqu'à 15 ans avant la date de liquidation envisagée ;
- 5% jusqu'à 10 ans avant la date de liquidation envisagée ;
- 3% jusqu'à 5 ans avant la date de liquidation envisagée.
Profil dynamique :
- 15% jusqu'à 20 ans avant la date de liquidation envisagée ;
- 12% jusqu'à 15 ans avant la date de liquidation envisagée ;
- 9% jusqu'à 10 ans avant la date de liquidation envisagée ;
- 6% jusqu'à 5 ans avant la date de liquidation envisagée.
Cette obligation s’applique aussi à l’assurance vie : 4% de l'encours pour un mandat équilibré et 8% pour un mandat dynamique sont également investis dans des actifs non cotés.
Enfin, comme en assurance vie, il reste possible de gérer son PER librement ou de retenir un autre mandat. Dans ce cas, la sécurisation du capital à l’approche de la retraite dépendra des choix de l’épargnant.