La remontée des taux liée à la guerre en Iran bouscule l’épargne des Français

    L’escalade militaire au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz mettent fin à l’accalmie sur les marchés obligataires. Le rendement de l’OAT 10 ans est ainsi passé à 3,9 %, ce qui redéfinit l’attractivité des placements financiers. D’un côté, les livrets réglementés pourraient redevenir compétitifs. De l’autre, le secteur immobilier devrait subir des tensions croissantes liées au coût du crédit.

    À retenir
    • La hausse du rendement de l’OAT 10 ans reflète l’anticipation par les marchés d’une inflation durable à 2,6 % provoquée par le blocage des routes énergétiques.
    • La performance moyenne des fonds en euros devrait grimper à 2,9 % en 2026, profitant mécaniquement de la remontée des taux obligataires.
    • Le livret A devrait voir son taux passer à 2 % et retrouver grâce aux yeux des épargnants prudents.
    • L’immobilier professionnel et les SCPI pourraient subir de plein fouet le renchérissement du coût du crédit, retardant toute perspective de rebond sectoriel.

    Les dessous d’une flambée imprévue des taux

    Le répit aura été de courte durée pour Bercy, qui avait espéré un apaisement des craintes concernant la dette tricolore après l’adoption du budget 2026. En effet, l’incertitude géopolitique efface la stabilité retrouvée en début d’année.

    Cette tension s’explique par la menace qui pèse sur le transit d’un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz. Anticipant une crise énergétique durable, la Banque centrale européenne a révisé ses prévisions d’inflation à 2,6 %, au lieu de 1,9 %. En conséquence, les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour prêter aux États. En France, le taux de l’obligation souveraine de référence (OAT 10 ans) est remonté à 3,9 % le 20 mars dernier, contre 3,3 % avant le conflit.

    La revanche des placements liquides et sécurisés en 2026

    ImportantCette dynamique favorise les fonds en euros, dont le rendement moyen pourrait atteindre 2,9 % (+0,3 point sur un an), selon certains experts. Les assureurs peuvent enfin réinvestir leur collecte dans des obligations d’État et d’entreprises bien mieux rémunérées.

    Toutefois, les compagnies détenant d’énormes stocks de titres anciens, acquis à l’époque des taux bas, pourraient voir la valeur comptable de leurs actifs se déprécier. Il en résulterait un écart de performance accru entre les différents acteurs du marché.

    En période d’instabilité, les ménages ont l’habitude de privilégier les placements financiers garantis. Comme en 2022 lors du conflit ukrainien, le livret A a été le grand gagnant de la crise. Partiellement indexé sur l’inflation, son taux devrait grimper à 2 % au 1er août prochain, à condition que l’Exécutif applique scrupuleusement la formule de calcul légale.

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    L’immobilier et la Bourse victimes de la remontée des taux

    À l’inverse, le secteur immobilier continue de subir les effets de la conjoncture. La remontée durable des taux d’intérêt accroît le coût du crédit et déprécie la valeur des actifs immobiliers. Cette situation fige la reprise des SCPI, particulièrement sur les segments de bureaux et de commerces, déjà fragilisés depuis plusieurs années.

    De son côté, la Bourse fait face à une volatilité extrême. Les marchés actions passent parfois de fortes baisses à des rebonds soudains en quelques minutes. Devant ce chaos, les gestionnaires de fonds adoptent des postures défensives : augmentation des liquidités, réduction de l’exposition obligataire et repli vers les valeurs technologiques américaines, notamment celles liées à l’intelligence artificielle, jugées plus résilientes.

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    Rédaction meilleurtaux Placement

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