En matière de gestion du patrimoine, le 70e anniversaire représente une échéance importante qui exige souvent de nouveaux arbitrages financiers. Pour les retraités disposant d’actifs diversifiés, la protection du conjoint survivant et la réduction des droits de succession deviennent les priorités. L’assurance vie s’impose alors comme un pivot stratégique, à condition d’avoir les bons réflexes au bon moment.
- Pour les versements effectués avant les 70 ans du souscripteur, chaque bénéficiaire d’une assurance vie a droit à un abattement de 152 500 euros.
- Modifier le régime matrimonial pour une communauté universelle peut paradoxalement pénaliser les enfants.
- La revente d’un bien immobilier locatif en fin de défiscalisation permet souvent de réorienter utilement son capital.
- Les retraits sur un PEA de plus de cinq ans échappent à l’impôt sur le revenu.
L’importance de protéger son(sa) conjoint(e) sans léser les descendants
Face au risque de perte de revenus lors du premier décès au sein d’un couple, la tentation est grande de modifier le contrat de mariage pour adopter la communauté universelle avec clause d’attribution intégrale des biens. Les experts juridiques déconseillent pourtant cette option en présence d’enfants.
ImportantEn effet, elle prive une première fois les descendants de l’abattement de 100 000 euros en ligne directe et de celui de 20 % sur la résidence principale ainsi que des tranches inférieures du barème des droits de succession.
En outre, ils manquent l’opportunité de calculer les droits de succession sur la seule valeur de la nue-propriété au premier décès, ce qui alourdit fortement la fiscalité globale.
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Bonification sans UC
Il est préférable de conserver une communauté réduite aux acquêts avec donation au dernier vivant.
Afin de mieux protéger le survivant sans léser la famille, deux outils sont particulièrement pertinents. Le premier consiste à intégrer une clause de préciput par acte notarié, offrant au conjoint la possibilité de récupérer la résidence principale du couple, ou un autre actif commun, avant tout partage.
Le second repose sur le démembrement de la clause bénéficiaire de l’assurance vie. Le conjoint obtient ainsi le quasi-usufruit des capitaux, et les enfants reçoivent une créance de restitution lors de son décès. S’il choisit d’y renoncer, ces derniers touchent immédiatement les sommes concernées.
Réallouer ses actifs pour maximiser l’enveloppe fiscale
Pour optimiser la transmission, la règle d’or consiste à alimenter massivement son contrat avant le cap des 70 ans. Au-delà de cet âge, l’abattement fiscal sur les droits de succession de l’assurance vie chute à 30 500 euros partagés entre tous les bénéficiaires au lieu des 152 500 euros individuels autorisés pour les dépôts antérieurs.
Pour dégager les liquidités nécessaires, les placements représentent une option parfois négligée. La cession d’un bien immobilier locatif dont les avantages fiscaux arrivent à échéance constitue une excellente source de financement. Ces biens affichent souvent un rendement net en baisse à cause des charges et une taxation future pénalisante des recettes locatives.
En revanche, conserver un vieux plan épargne logement peut s’avérer judicieux si son taux garanti dépasse l’inflation.
Dans le cas contraire, il peut être une source de fonds pour gonfler son assurance vie.
Les meilleures solutions pour financer ses projets de retraite
Pour faire face aux dépenses courantes ou pour financer des travaux d’aménagement de leur logement en prévision d’une perte d’autonomie, les retraités ont intérêt à puiser d’abord dans leurs livrets d’épargne réglementés, aujourd’hui très peu rémunérateurs.
Le rendement net du livret A est même devenu négatif en raison de la remontée de l’inflation.
Si les réserves ne suffisent pas, le rachat sur un plan d’épargne en actions (PEA) de plus de cinq ans constitue la solution idéale, puisque les gains ponctionnés sont totalement exonérés d’impôt. Une autre option consiste à transformer les fonds du PEA en rente viagère défiscalisée après la même durée de détention. Dans les deux cas, les prélèvements sociaux continuent de s’appliquer, mais seulement à hauteur de 30 % à partir de 70 ans.
À l’inverse, il est préférable de ne pas toucher à un compte-titres. Au décès du titulaire, les héritiers échappent à tout impôt sur les plus-values générées depuis l’achat initial des actions. Le portefeuille boursier transmis est alors totalement purgé de sa fiscalité.