Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), qui suspend la réforme de 2023, le nombre de trimestres nécessaires pour partir à la retraite à taux plein dépend principalement de l’année de naissance. La suspension temporaire de la réforme des retraites modifie toutefois le calendrier pour certaines générations. Une personne née en 1964 doit ainsi réunir 170 trimestres pour obtenir le taux plein si sa retraite prend effet à compter du 1er septembre 2026, contre 171 auparavant. Pour une personne née entre avril et décembre 1965, le nombre requis passe de 172 à 171 trimestres.
Le nombre de trimestres ne suffit toutefois pas à déterminer la date de départ. Il faut aussi tenir compte de l’âge légal de départ à la retraite, de l’âge du taux plein automatique, des éventuelles périodes assimilées, des majorations pour enfants et des dispositifs de départ anticipé.
Voici les règles à connaître pour savoir combien de trimestres vous devez avoir validé en 2026.
- En 2026, le nombre de trimestres requis dépend de votre année de naissance et, pour certains assurés nés en 1965, de votre date de naissance.
- Pour une retraite prenant effet à partir du 1er septembre 2026, il faut avoir validé 170 trimestres pour les personnes nées en 1963, 1964 et entre janvier et mars 1965.
- Les personnes nées entre avril et décembre 1965 doivent réunir 171 trimestres, tandis que celles nées à partir de 1966 doivent en valider 172.
- Partir à l’âge légal sans avoir tous ses trimestres reste possible, mais la pension peut subir une décote avant l’âge du taux plein automatique.
- Les trimestres ne sont pas uniquement validés sur la seule base des périodes travaillées et cotisées. Certaines périodes de chômage, maladie, maternité ou certaines situations spécifiques peuvent être prises en compte dans le calcul du nombre de trimestres.
Combien de trimestres pour la retraite ? Le tableau par année de naissance
Avant la suspension de la réforme des retraites, le nombre de trimestres exigé pour le taux plein augmentait progressivement, génération après génération, jusqu'à atteindre 172 trimestres pour toutes les personnes nées à partir de 1965.
Pour une retraite prenant effet à compter du 1er septembre 2026, la durée d’assurance requise est ramenée à 170 trimestres, soit 42 ans et 6 mois de travail ou périodes assimilées pour les assurés nés de 1963 à mars 1965, et à 171 trimestres pour ceux nés d’avril à décembre 1965, ce qui allège les conditions pour les générations concernées.
| Année de naissance | Trimestres requis avant la suspension | Trimestres requis depuis le 1er septembre 2026 | Âge légal correspondant |
|---|---|---|---|
| 1962 | 169 | 169 | 62 ans et 6 mois |
| 1963 | 170 | 170 | 62 ans et 9 mois |
| 1964 | 171 | 170 (au lieu de 171) | 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans) |
| 1965 (janvier à mars) | 172 | 170 (au lieu de 172) | 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans et 3 mois) |
| 1965 (avril à décembre) | 172 | 171 (au lieu de 172) | 63 ans (au lieu de 63 ans et 3 mois) |
| 1966 | 172 | 172 | 63 ans et 3 mois (au lieu de 63 ans et 6 mois) |
| 1967 | 172 | 172 | 63 ans et 6 mois (au lieu de 63 ans et 9 mois) |
| 1968 | 172 | 172 | 63 ans et 9 mois (au lieu de 64 ans) |
| 1969 et après | 172 | 172 | 64 ans |
À titre d'exemple : une personne née en janvier 1964 devait, avant la suspension, réunir 171 trimestres pour toucher une pension à taux plein, en application de la réforme des retraites de 2023, dite « réforme Borne ».
Avec le gel appliqué depuis septembre 2026, elle n'a plus besoin que de 170 trimestres, soit l'équivalent d'un trimestre de cotisation en moins à trouver.
La suspension de la réforme n'équivaut toutefois pas à une suppression totale des mesures de la réforme : les générations 1966 et suivantes restent à 172 trimestres, et ce calendrier pourrait encore évoluer avec une nouvelle loi, notamment après l’élection présidentielle de 2027.
Âge légal, taux plein et pension complète : quelles différences ?
Ces trois notions sont souvent confondues, alors qu'elles ne recouvrent pas la même réalité.
L'âge légal, une simple ouverture de droits
L'âge légal, aujourd'hui fixé à 62 ans et 9 mois pour les assurés nés de 1963 à mars 1965, est l'âge minimum à partir duquel vous avez le droit de demander la liquidation de votre retraite. Cela ne signifie absolument pas que votre pension sera versée sans réduction : l'âge légal correspond uniquement à une autorisation administrative de départ.
Pour en savoir plus, lire aussi : J’ai travaillé 20 ans : combien vais-je toucher à la retraite ?
Le taux plein, lié au nombre de trimestres
Le taux plein, aussi appelé taux maximum (50% pour le régime de base), s'obtient de deux façons :
- soit en réunissant le nombre de trimestres requis pour votre génération à l'âge légal (ou après),
- soit en attendant l'âge du taux plein automatique, actuellement fixé à 67 ans.
À cet âge, la décote disparaît quel que soit le nombre de trimestres validés, même si la pension reste proportionnelle à la durée d'assurance réunie.
La pension complète, une notion plus large
Le taux plein ne garantit pas une pension « complète » au sens où l'entend souvent le grand public. Le montant final dépend aussi du salaire annuel moyen retenu et du nombre de trimestres validés rapporté à la durée de référence : une carrière incomplète, même liquidée au taux plein automatique à l’âge de 67 ans, donnera ainsi une pension proratisée, donc inférieure à celle d'une carrière pleine.
À noter :
atteindre le taux plein évite la décote, mais ne signifie pas automatiquement toucher la pension la plus élevée possible ; cela dépend aussi de votre durée de cotisation réelle et de vos meilleurs salaires.
Trimestres cotisés, validés, assimilés et rachetés : comment s'y retrouver ?
Votre durée d'assurance ne se limite pas aux seules périodes travaillées. Plusieurs catégories de trimestres viennent s'additionner sur votre relevé de carrière :
- Les trimestres cotisés correspondent aux périodes où vous avez réellement travaillé et où des cotisations vieillesse ont été prélevées sur votre rémunération. C'est le décompte le plus restrictif, utilisé notamment pour l'accès au minimum contributif.
- Les trimestres assimilés couvrent des périodes où vous n'avez pas travaillé mais qui sont tout de même comptabilisées comme des périodes d'assurance : arrêt maladie, maternité, invalidité, chômage indemnisé ou service militaire en font partie.
- Les trimestres validés par présomption concernent des cotisations qui n'apparaissent pas clairement sur votre compte retraite, mais pour lesquelles vous pouvez apporter la preuve qu'elles ont bien été prélevées sur votre salaire.
- Les trimestres rachetés résultent d'un versement volontaire, par exemple pour racheter des années d'études supérieures ou compléter des années incomplètes. Il est possible de racheter jusqu'à 12 trimestres, avec le choix entre un rachat pour le taux uniquement ou un rachat pour le taux et la durée d'assurance.
L'addition de toutes ces catégories, hors trimestres rachetés « au titre du taux seul » (qui réduisent la décote sans augmenter la durée d'assurance), forme le nombre de « trimestres validés », celui qui figure en évidence sur votre relevé de carrière et qui sert de référence pour déterminer votre éligibilité au taux plein.
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Que se passe-t-il si vous partez avec des trimestres manquants ?
Vous pouvez partir à la retraite dès que vous avez atteint l'âge légal, même si votre durée d'assurance est insuffisante. En revanche, partir avant d'avoir réuni le nombre de trimestres nécessaire peut entraîner une décote sur la retraite de base. Le montant dépend alors notamment de la durée d'assurance acquise et de l'écart avec la durée requise.
Exemple :
Prenons le cas d'une personne qui doit réunir 170 trimestres mais qui n'en possède que 166 au moment où elle atteint l'âge légal. Il lui manque quatre trimestres. Elle peut demander sa retraite, mais sa pension subit une décote de 0,625 point par trimestre manquant, soit un taux de 47,5 % au lieu de 50 %, puis une proratisation à 166/170 : avec un salaire annuel moyen de 30 000 €, elle touche 13 915 € par an au lieu de 15 000 €. Elle peut aussi continuer à travailler afin de compléter sa durée d'assurance, et valider les 4 trimestres manquants.
Une autre possibilité consiste à attendre 67 ans. À partir de cet âge, le taux plein est accordé automatiquement, même si l'assuré n'a pas atteint le nombre de trimestres requis. Cela ne signifie toutefois pas que la pension sera identique à celle d'une personne ayant effectué une carrière complète : le taux plein supprime la décote, mais les autres éléments entrant dans le calcul de la pension de la retraite de base continuent de s'appliquer.
Carrière longue, enfants ou invalidité : les situations qui changent le calcul
Certaines situations personnelles ou professionnelles permettent de partir plus tôt ou d'obtenir le taux plein dans des conditions différentes du cas général.
La carrière longue
La retraite anticipée pour carrière longue s'adresse aux personnes ayant commencé à travailler tôt, avant la fin de l'année de leurs 16, 18, 20 ou 21 ans selon les cas, et qui justifient d'une carrière complète.
Attention : pour un départ anticipé, ce n'est pas le nombre de trimestres validés qui compte, mais un décompte plus restrictif appelé « trimestres réputés cotisés », qui limite fortement la prise en compte du chômage, des arrêts maladie ou du service militaire (4 trimestres maximum chacun), tandis que les congés maternité et adoption restent comptés intégralement. Les deux conditions, début de carrière précoce et carrière complète en trimestres réputés cotisés, sont cumulatives : il ne suffit pas d'avoir commencé à travailler jeune pour partir plus tôt à la retraite.
La maternité et l'éducation des enfants
Chaque enfant né ou adopté ouvre droit à 8 trimestres supplémentaires au régime général, qui viennent s'ajouter à la durée d'assurance : 4 au titre de la maternité ou de l'adoption et 4 au titre de l'éducation, dont au moins 6 pour la mère d'un enfant né depuis 2010.
Ces trimestres pour enfant, qui n'apparaissent parfois sur le relevé de carrière qu'après une demande de régularisation à partir de 55 ans, peuvent significativement rapprocher un parent du taux plein.
Le handicap et l'invalidité
Certaines situations permettent d'obtenir le taux plein avant l'âge légal ou avant 67 ans, sans réunir le nombre de trimestres habituellement requis, ou de bénéficier de dispositifs spécifiques :
- Retraite anticipée des travailleurs handicapés. Un assuré en situation de handicap depuis plusieurs années peut partir dès 55 ans, au taux plein, sous conditions.
- Retraite pour inaptitude au travail. Dès 62 ans, un assuré déclaré inapte au travail par le médecin-conseil de sa caisse de retraite obtient le taux maximum de 50%, quel que soit son nombre de trimestres validés.
- Retraite après une pension d'invalidité. À 62 ans, la pension d'invalidité prend fin et est remplacée par la retraite au titre de l'inaptitude au travail. Dans certaines situations, elle peut être maintenue au-delà de cet âge.
- Retraite pour incapacité permanente. En cas d'incapacité permanente liée à une maladie professionnelle ou un accident du travail, il est possible de demander sa retraite dès 60 ans, sous conditions.
- Accompagnement d'un proche handicapé. Deux dispositifs existent selon la situation :
- pour un enfant handicapé : des trimestres supplémentaires peuvent être accordés, et la retraite calculée au taux maximum dès 65 ans, même sans la durée d'assurance requise ;
- pour un adulte handicapé (taux d'incapacité permanente d'au moins 80%) : l'aidant qui cesse toute activité et ne cotise de fait pas pour sa retraite peut valider 1 trimestre par période de 30 mois de prise en charge, dans la limite de 8 trimestres.
Salariés, fonctionnaires ou indépendants : les règles sont-elles les mêmes ?
Le principe du nombre de trimestres requis pour le taux plein est commun à tous les régimes de retraite de base : salariés du privé, indépendants et fonctionnaires suivent le même barème, basé sur l'année de naissance, et c'est la durée d'assurance tous régimes confondus qui est prise en compte lorsque l'on a cotisé auprès de plusieurs caisses au cours de sa carrière.
Fonctionnaires : une subtilité supplémentaire
Un fonctionnaire dit « sédentaire » suit le même calendrier de trimestres que les salariés du privé.
En revanche, les fonctionnaires classés en catégorie « active » (métiers pénibles ou dangereux, comme certains agents pénitentiaires ou policiers) ou « super-active » bénéficient d'un âge d'ouverture des droits plus précoce : 57 ans en catégorie active et 52 ans en catégorie super-active pour les générations les plus anciennes, relevé progressivement jusqu'à 59 ans et 54 ans par la réforme de 2023, à un rythme ralenti pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
La fonction publique distingue également le taux plein (absence de décote) du taux maximal de 75%, voire 80% avec bonifications : une pension peut être au taux plein sans pour autant atteindre ce taux maximal, notamment en cas de carrière mixte entre secteur privé et fonction publique.
Quid des indépendants et des exploitants agricoles ?
Les travailleurs indépendants, les exploitants et les salariés agricoles suivent, eux, la même durée d'assurance que les salariés du privé pour leur régime de base, la retraite complémentaire fonctionnant en revanche selon des règles spécifiques à chaque régime.
Comment consulter et corriger son relevé de carrière avant le départ ?
Avant toute démarche de départ à la retraite, il est indispensable de vérifier que votre relevé de carrière reflète fidèlement l'ensemble de votre parcours professionnel.
- Créez votre espace personnel sur le site officiel Info Retraite, qui rassemble tous les régimes de retraite (Assurance retraite – CNAV et Carsat pour le régime de base des salariés, Agirc-Arrco pour leur complémentaire, etc.) auxquels vous avez été affilié au cours de votre carrière.
- Consultez votre relevé de carrière, qui récapitule chronologiquement vos trimestres cotisés, vos revenus soumis à cotisation et la nature de chaque période (emploi, chômage, maladie, etc.).
- Repérez les anomalies éventuelles : emploi manquant, période mal renseignée, incohérence de dates ou de trimestres.
- Demandez une régularisation si vous constatez une erreur : avant 55 ans, auprès de chaque régime concerné ; à partir de 55 ans, avec le service « Corriger ma carrière » sur info-retraite.fr et en joignant les justificatifs nécessaires (bulletins de salaire, attestations employeur, etc.).
- Suivez le traitement de votre demande directement depuis votre compte retraite.
- Faites une simulation de votre montant de pension à différents âges, à taux plein ou non, pour anticiper au mieux votre date de départ.
Avant de faire votre demande de départ à la retraite, pensez à vérifier : le nombre total de trimestres validés par rapport à celui exigé pour votre génération, la présence des trimestres pour enfants si vous y avez droit, et l'exactitude des périodes de chômage, maladie ou service militaire, qui sont parfois mal reportées sur le relevé.
Pour aller plus loin et bien préparer sa retraite, lire aussi nos pages dédiées au plan d’épargne retraite (PER), à l’âge de départ en retraite, au minimum retraite, et à la retraite progressive.
Foire aux questions sur les trimestres de retraite
Combien de trimestres faut-il pour la retraite si je suis né en 1965 ?
Pour une retraite prenant effet à compter du 1er septembre 2026, la durée d'assurance requise pour le taux plein est ramenée à 170 trimestres pour les personnes nées entre janvier et mars 1965, contre 172 prévus avant la suspension de la réforme. Les personnes nées entre avril et décembre 1965 doivent réunir 171 trimestres au lieu de 172.
Est-ce que les périodes de chômage comptent pour la retraite ?
Les périodes de chômage indemnisé comptent pour la retraite : elles sont retenues comme trimestres assimilés dans la durée d'assurance exigée pour le taux plein. La règle est plus stricte pour un départ anticipé pour carrière longue : le chômage indemnisé n'est retenu que dans la limite de 4 trimestres « réputés cotisés ».
Comment savoir combien j'ai validé de trimestres ?
Le relevé de carrière est le moyen le plus fiable de connaître ses trimestres validés. Gratuit et accessible à tout âge depuis l'espace personnel du site Info Retraite, il récapitule année par année les trimestres cotisés, les revenus soumis à cotisation et la nature de chaque période.
Peut-on partir à la retraite si on n'a pas tous ses trimestres ?
Un assuré peut partir à la retraite à l'âge légal sans avoir réuni tous ses trimestres, mais sa pension subit alors une décote définitive, calculée selon le nombre de trimestres manquants et l'âge de départ. Attendre l'âge du taux plein automatique, 67 ans, permet d'éviter la décote quel que soit le nombre de trimestres.
Combien de trimestres donne un enfant pour la retraite ?
Au régime général, chaque enfant ouvre droit à 8 trimestres : 4 au titre de la maternité ou de l'adoption et 4 au titre de l'éducation. Pour un enfant né depuis 2010, la mère en reçoit au moins 6 (4 + 2), les 2 autres trimestres d'éducation se partageant au choix des parents.
Quelle est la différence entre un trimestre cotisé et un trimestre validé ?
Un trimestre cotisé correspond à une période réellement travaillée, sur laquelle des cotisations vieillesse ont été prélevées. Un trimestre validé est plus large : il inclut aussi les trimestres assimilés (maladie, maternité, chômage indemnisé, service militaire) et rachetés. C'est le total des trimestres validés qui détermine l'accès au taux plein.