Avec une collecte en hausse de +58 % en 2024, l’assurance vie luxembourgeoise confirme son attrait auprès des Français. La nouvelle circulaire 26/1 du Commissariat aux assurances assouplit les règles d’investissement tout en renforçant la protection des épargnants. Ces contrats devraient donc encore gagner en attractivité pour la gestion de fortune transfrontalière.
- L’incertitude politique en France a dopé la souscription d’assurance vie luxembourgeoise, avec un bond spectaculaire de la collecte en 2024 (+58 %).
- La nouvelle réglementation autorise désormais la détention directe de produits structurés au sein des contrats sans passer par des fonds internes complexes.
- Le régulateur harmonise ces pratiques avec le droit européen, permettant aux assureurs d’adopter des modalités de gestion locales plus souples.
- L’Autorité des marchés financiers rappelle fermement l’interdiction pour les conseillers d’intervenir directement dans la gestion des actifs des contrats.
Une flexibilité accrue pour les produits structurés et les fonds
Le Grand-Duché adapte son offre historique pour séduire une clientèle française toujours plus nombreuse, en raison de la fiscalité jugée instable dans l’Hexagone. L’un des points clés de la réforme entrée en vigueur le 1er février 2026 concerne les produits structurés à capital garanti. Jusqu’à présent, leur intégration nécessitait l’usage de fonds internes, ce qui alourdissait la structure des contrats. Aujourd’hui, l’épargnant peut détenir ces instruments en direct et gagner en lisibilité.
En contrepartie de la flexibilité opérationnelle et commerciale, les exigences de transparence sont relevées : les assureurs et les courtiers doivent dorénavant justifier de l’adéquation entre le risque du produit et le profil de l’investisseur, tout en détaillant précisément les scénarios de perte en capital.
En parallèle, les Fonds internes collectifs (FIC) sont modernisés. Les souscripteurs ont désormais accès à des stratégies de gestion sophistiquées, sans passer par la création d’une structure individualisée lourde, et souvent onéreuse.
En s’alignant avec les directives européennes, la nouvelle réglementation facilite la commercialisation des contrats au-delà des frontières et permet aux compagnies luxembourgeoises d’appliquer des modalités moins contraignantes lorsque la législation du pays de résidence de l’épargnant s’y prête.
Une séparation stricte des rôles entre le conseil et la gestion
Face à l’expansion du marché de l’assurance vie luxembourgeoise, les régulateurs tricolores renforcent l’encadrement strict des pratiques de conseil. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a récemment précisé le périmètre d’action des conseillers en investissements financiers (CIF).
ImportantCes derniers restent habilités à recommander la souscription d’un contrat luxembourgeois en tant que courtiers, mais il leur est formellement interdit d’intervenir dans l’allocation des actifs ou de donner des instructions de gestion pour compte de tiers.
Le pilotage des supports sous-jacents, notamment au sein des fonds internes dédiés (FID), demeure la chasse gardée des prestataires agréés. Ce rappel à l’ordre s’inscrit dans le cadre de la directive européenne MIF 2, visant à protéger les épargnants.