La suspension de la réforme des retraites, applicable à partir du 1er septembre 2026, peut avancer la date de départ de certains assurés, notamment en « carrières longues ». Un décret publié au Journal officiel précise la marche à suivre et les effets concrets sur les dossiers.
- La suspension s’applique à compter du 1er septembre 2026 : un départ après cette date peut être avancé.
- Les « carrières longues » sont les premières concernées, via les trimestres « réputés cotisés ».
- La publication du décret permet l’enregistrement et l’instruction de dossiers au 1er septembre ou au 1er octobre 2026.
- Dans certains cas, le passage à 171 au lieu de 172 trimestres peut permettre de gagner 3 mois.
- Deux décrets restent attendus : majoration “enfants” (2 trimestres) et règle des 23 ou 24 meilleures années pour les mères de famille.
La suspension de la réforme des retraites, qui s’appliquera à compter du 1er septembre 2026, peut permettre à des futurs retraités d’avancer leur départ de 1, 3 voire parfois 6 mois. Le gain dépend notamment de l’âge, du contenu du dossier et du nombre de trimestres validés.
Les premiers concernés sont les assurés relevant des « carrières longues », c’est-à-dire ceux qui ont commencé à travailler tôt et disposent d’assez de trimestres « réputés cotisés » pour partir avant l’âge légal.
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À partir de quand la suspension peut jouer ?
Les départs déjà programmés avant le 1er septembre 2026 ne sont pas affectés. En revanche, un départ fixé à partir de cette date peut, selon les situations, bénéficier des nouvelles règles liées à la suspension.
Carrières longues : le décret lève un blocage pratique
Jusqu’ici, l’attente du décret rendait difficile l’ajustement des dates de départ dans les dossiers. Des futurs retraités faisaient état de complications vis-à-vis de leur employeur, comme Michel, 61 ans : « La suspension devrait me permettre de partir le 1er octobre 2026. Mais tant que le décret n'est pas publié, ça reste au 1er janvier 2027. C'est un peu compliqué vis-à-vis de mon employeur. »
Le décret « carrière longue » ayant été publié au Journal officiel, les caisses peuvent désormais enregistrer et instruire les demandes concernées. La Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) précise à MoneyVox : « L'enregistrement des dossiers avec point de départ au 1er septembre ou au 1er octobre est bien effectif. Leur instruction va débuter ». Elle ajoute : « Pour les départs au 1er septembre c'est un 1er paiement au 9 octobre et une notification qui doit être adressée au plus tard fin août », avant de conclure que « ces dossiers ne sont donc pas prioritaires » à ce stade.
Ce que confirme le texte sur les trimestres et l’âge de départ
Le contenu du décret n’était pas une surprise, son texte ayant déjà circulé dans la presse dès le mois de mars. Il confirme les seuils de trimestres réputés cotisés requis pour un départ anticipé, en fonction de la date et de l’année de naissance.
Il rappelle également les âges possibles de départ anticipé selon le dispositif « carrière longue » (début d’activité avant 16, 18, 20 ou 21 ans). Dans les faits, pour certaines générations déjà proches de la retraite, l’effet principal peut venir d’un ajustement de la durée d’assurance requise : par exemple, 171 au lieu de 172 trimestres.
Cas pratique : comment gagner 3 mois
Pour illustrer le scénario le plus fréquent (carrière commencée avant 20 ans, soit 4 ou 5 trimestres travaillés avant le 31 décembre de l’année des 20 ans), une personne née en juillet 1965 conserve le même âge minimal d’ouverture des droits : 60 ans et 9 mois. Dans cet exemple, la date du 1er septembre 2026 n’a pas d’impact sur l’âge, puisque l’assuré a déjà 61 ans en juillet, avant l’entrée en vigueur de la suspension.
En revanche, si cette personne n’atteint les 172 trimestres qu’au 1er janvier 2027, la suspension peut avancer la sortie : après le 1er septembre, le seuil passerait à 171 trimestres réputés cotisés. Cela peut rendre envisageable un départ au 1er octobre, soit un gain de 3 mois.
Deux autres textes encore attendus
D’autres évolutions restent suspendues à la publication de textes. La Cnav indique : « Deux projets de décret sont actuellement à l'étude (et ont été transmis aux caisses de retraite) : celui permettant d'intégrer les deux trimestres de majoration “enfants” à la durée cotisée pour les carrières longues, et celui pour modifier la règle de calcul pour les mères de famille (23 ou 24 meilleurs années au lieu de 25) », puis ajoute : « Parution des deux décrets imminente donc ».
Claude Wagner, de la CFDT-Retraités, souligne l’attente autour de ces mesures et déclare, cité par MoneyVox : « Nous avons beaucoup de questions sur l'attente des deux trimestres réputés cotisés pris parmi ceux obtenus pour ses enfants. Celles ayant gagné un trimestre de suspension d'un côté et qui gagnent deux trimestres de plus, sont très intéressées. » Il estime qu’avec l’entrée en vigueur de ces deux mesures, « il y aura un afflux d'ouvertures du droit dès septembre 2026, et l'attente est réelle ».