À quelques mois du premier tour de la présidentielle de 2027, un mot revient avec une insistance inhabituelle dans le débat politique : la capitalisation. Longtemps davantage portée par la droite, l'idée de compléter le système de retraite par répartition par une part d'épargne individuelle gagne progressivement du terrain dans le débat public. De quoi rappeler qu'un dispositif de capitalisation existe déjà, accessible à tous et encadré par la loi : le Plan d'Épargne Retraite (PER).

    Quand la capitalisation s'invite dans la campagne

    Du côté de la droite et du centre, plusieurs personnalités déjà engagées dans la course à la présidentielle de 2027, dont Édouard Philippe, défendent l'idée de repousser l'âge de départ à la retraite tout en donnant davantage de place à la capitalisation.

    Bruno Retailleau, de son côté, a proposé d'aller plus loin en envisageant la création d'un fonds souverain reposant sur un mécanisme de capitalisation, comme celui de la Norvège.

    Fait notable, l'idée gagne désormais du terrain jusque dans une partie de la gauche. Philippe Brun, député socialiste et candidat à la primaire du camp social-démocrate, a ainsi proposé, le 19 août 2026, un « système mixte avec beaucoup de capitalisation ». Sa proposition repose non pas sur une capitalisation individuelle et privée, mais sur une forme de capitalisation collective : il souhaite renforcer le Fonds de réserve pour les retraites en lui apportant 15 milliards d'euros par an, afin de les investir notamment dans des secteurs jugés stratégiques.

    Gabriel Attal défend, de son côté, une approche davantage fondée sur la capitalisation individuelle, avec notamment des dispositifs permettant aux Français de se constituer une épargne retraite complémentaire.

    Des approches différentes, donc, mais qui témoignent d'un même mouvement : l'idée d'introduire davantage de capitalisation dans le système français s'est désormais installée dans le débat politique.

    Il est important de le préciser d'emblée : à ce stade, aucune de ces propositions n'a valeur de réforme. Ce sont des orientations de campagne, formulées à plus de huit mois du premier tour, dont les modalités précises (âge de départ, taux de cotisation, gouvernance d'un éventuel fonds, part réellement « capitalisée ») restent à définir, et qui dépendront in fine du résultat des urnes puis des débats parlementaires. Nous ne sommes donc clairement pas en mesure, à ce stade, de dire ce qu'il adviendra concrètement du système de retraite français après 2027.

    Répartition, capitalisation : de quoi parle-t-on exactement ?

    Pour comprendre l'enjeu de ce débat, un rappel s'impose. Le système de retraite français obligatoire repose aujourd'hui presque intégralement sur la répartition : les cotisations versées par les actifs en activité financent, la même année, les pensions des retraités actuels. C'est un principe de solidarité intergénérationnelle, parfois résumé par l'expression de « pacte entre les générations ». Sa mécanique a une conséquence directe : plus le rapport entre le nombre d'actifs et le nombre de retraités se dégrade, plus l'équilibre financier du système est fragilisé. C'est précisément ce que pointait le rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) publié en juin 2026, qui a révisé nettement à la baisse ses hypothèses de fécondité et alerté sur une trajectoire budgétaire qui se dégrade plus vite que prévu, jusqu'à évoquer un âge moyen de départ théorique de 67,6 ans à l'horizon 2070 si l'on ne mobilisait que ce seul levier pour équilibrer le système.

    La capitalisation repose sur une logique radicalement différente : chaque épargnant constitue lui-même un capital individuel qu'il investit sur les marchés financiers ou immobiliers, et qu'il pourra mobiliser à la retraite sous forme de rente, de capital, ou d'un mélange des deux. Ce capital n'est pas affecté par le ratio cotisants/retraités : son montant dépend essentiellement de l'effort d'épargne, de la durée de placement et de la performance des supports choisis.

      Répartition Capitalisation
    Principe Solidarité intergénérationnelle Épargne individuelle
    Financement Cotisations des actifs financent les pensions actuelles Épargne investie qui finance les revenus futurs
    Évolution de l'épargne Pas de capital accumulé individuellement en contrepartie des cotisations Le capital évolue selon les versements et les performances des placements
    Sortie Pension versée à la retraite Rente et/ou capital, au choix

     

    En France, le système n'est d'ailleurs pas purement fondé sur la répartition : il existe déjà, en marge du régime général, des poches de capitalisation, obligatoires pour certaines professions (les retraites des agents de la Banque de France, par exemple, sont financées par capitalisation) ou facultatives pour le grand public, à travers des produits d'épargne retraite comme le Plan d'Épargne Retraite (PER).

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    Ce que font nos voisins européens

    La France n'est pas le seul pays européen à s'appuyer sur la répartition pour financer les retraites. Ce système constitue le socle du régime public dans la plupart des pays européens, mais la place accordée à la capitalisation varie fortement d'un pays à l'autre.

    Aux Pays-Bas, la retraite publique est complétée par des régimes professionnels par capitalisation qui occupent une place très importante. En Suède, le système combine répartition et capitalisation, avec notamment une part des cotisations investie dans des fonds. À l'inverse, en Allemagne, la retraite publique repose principalement sur la répartition, la capitalisation jouant un rôle complémentaire.

    L'écart est particulièrement marqué avec la France : selon l'OCDE, les régimes financés par capitalisation représentaient environ 2 % des prestations de retraite versées en France en 2024, contre 18 % en moyenne dans les pays de l'OCDE disposant de données comparables. Aux Pays-Bas, cette proportion dépassait un tiers.

    La France se distingue donc surtout par la place prépondérante de la répartition dans le financement des retraites. Chez plusieurs de ses voisins, la capitalisation occupe une place plus importante et vient compléter plus largement le système public.

    Le PER : la capitalisation individuelle existe déjà

    C'est là que réside le point essentiel pour tout épargnant : il n'est pas nécessaire d'attendre le résultat d'une élection, ni l'issue d'une éventuelle réforme, pour se constituer une part de capitalisation individuelle. Ce dispositif existe déjà et il est encadré par la loi Pacte de 2019. Il s'agit du Plan d'Épargne Retraite (PER).

    Concrètement, le PER permet à chacun de se constituer, à son rythme, un capital dédié à sa retraite, en dehors de toute logique de répartition. Les sommes versées sont investies sur des supports choisis par l'épargnant lui-même (fonds en euros, SCPI, ETF, actions, fonds de private equity selon les contrats), puis restituées au moment du départ à la retraite, sous forme de capital, de rente viagère, ou d'un panachage des deux. Parmi ses avantages, une fiscalité incitative, avec des versements volontaires déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond légal.

    Le contrat Meilleurtaux Liberté PER, assuré par Spirica (filiale de Crédit Agricole Assurances) est accessible dès 500 € de versement initial, sans frais d'entrée ni frais d'arbitrage, avec des frais de gestion sur unités de compte parmi les plus bas du marché (0,5 % par an). L'épargnant peut accéder à plus de 670 supports d'investissement en gestion libre, ou déléguer la gestion de son contrat avec la gestion pilotée Pilot sur les conseils de Marc Fiorentino et son comité d'experts, avec la possibilité de cumuler les deux approches au sein du même contrat.

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    Quelle que soit l'issue politique, le PER permet d'anticiper

    C'est sans doute le message le plus important à retenir de cette actualité : quelles que soient les annonces de campagne, et même si l'une d'elles venait à se traduire par une réforme effective, personne ne connaît aujourd'hui les contours précis d'une éventuelle évolution du système de retraite. Âge de départ, taux de cotisation, place accordée à la capitalisation : autant de paramètres qui restent, à ce stade, au stade des propositions.

    Le PER permet, lui, de commencer à se constituer un complément de retraite sans attendre de connaître l'issue de ces débats. Il s'agit d'un produit d'épargne individuel, dont les caractéristiques dépendent du contrat choisi, des supports d'investissement sélectionnés et du mode de gestion retenu. Cela ne signifie pas que ses règles sont figées : comme tout dispositif fiscal, son cadre peut évoluer.

    Le PER laisse ainsi à l'épargnant la main sur plusieurs éléments déterminants pour la constitution de son épargne à long terme :

    • Le choix du contrat : chaque assureur propose des conditions différentes, notamment en matière de frais d'entrée, de frais de gestion ou de supports accessibles. Ces écarts, cumulés sur quinze ou vingt ans d'épargne, peuvent représenter des montants significatifs à l'arrivée.
    • Le choix des supports : fonds en euros, actions, obligations, SCPI, ETF... la diversification et le niveau de risque choisis relèvent de la décision de l'épargnant, en fonction de son horizon de placement et de sa tolérance au risque.
    • Le choix du mode de gestion : gestion libre pour les épargnants qui souhaitent piloter eux-mêmes leur allocation, gestion pilotée pour ceux qui préfèrent déléguer ces choix, ou gestion mixte combinant les deux approches.

    Dans un contexte où l'avenir du système de retraite fait débat, le PER constitue donc un moyen d'agir dès aujourd'hui à son échelle. Il permet de se constituer progressivement une épargne destinée à compléter les revenus de la retraite, sans attendre de connaître les évolutions futures du système obligatoire.

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    Communication à caractère promotionnel.

    Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte un risque de perte en capital, notamment sur les unités de compte, qui ne sont pas garanties et sont soumises aux fluctuations des marchés financiers et immobiliers, à la hausse comme à la baisse.

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    Écrit par
    Olivia Boulay

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