La collecte nette de l’assurance vie marque le pas en août 2026. Elle tombe à 2 milliards d’euros, pénalisée par le recul des versements et surtout par la forte progression des prestations. Celles-ci atteignent 9,5 milliards d’euros sur la période, en hausse de 15 % par rapport à août 2025. Malgré tout, l’encours global ne faiblit pas et frôle la barre des 2 200 milliards.
- Les prestations bondissent à 9,5 milliards d’euros et atteignent leur plus haut niveau pour un mois d’août depuis trois ans.
- La collecte nette chute à 2 milliards, contre 3,9 milliards un an plus tôt.
- L’encours grimpe de 5,7 % sur un an, pour s’établir à 2 171 milliards.
Des prestations en hausse de 15 % en un an
Les assureurs ont versé 9,5 milliards d’euros de prestations en août 2026, soit 15 % de plus qu’un an auparavant. Ce niveau est supérieur à la moyenne des dix dernières années (8,55 milliards) et reste le plus élevé pour un mois d’août depuis trois ans.
Comment expliquer ce rebond ? Les professionnels avancent deux explications. D’une part, les ménages ont puisé dans leur épargne pour financer leurs vacances et l’achat de voitures. D’autre part, le nombre de décès a augmenté, un phénomène qui tire mécaniquement les prestations vers le haut. La hausse est plus marquée pour les unités de compte (+27 %) que pour les supports en euros (11 %).
Sur les huit premiers mois de l’année, elles s’élèvent à 95,2 milliards d’euros, soit 2,3 milliards de plus que l’année dernière (+2 %). Les UC y contribuent à hauteur de 1,5 milliard, contre 0,8 milliard pour les supports en euros.
Une collecte nette qui s’essouffle en plein été, avec des cotisations en recul de 6 %
Dans le domaine de l’assurance vie, le mois d’août est traditionnellement une période creuse, et cette tendance se confirme encore cette année. En repli par rapport à juillet 2026 (4,7 milliards) et août 2025 (3,9 milliards), la collecte nette n’a atteint que 2 milliards d’euros. Elle se décompose en 1,9 milliard d’euros de versement pour les UC et 0,2 milliard pour les supports en euros.
Les incertitudes économiques, la remontée du taux du Livret A et le regain d’intérêt pour les dépôts à terme ont plombé les cotisations. Les épargnants ont versé 11,5 milliards d’euros en août, soit 6 % de moins qu’à la même période de 2025. Ce montant reste néanmoins supérieur à la moyenne des dix dernières années (9,62 milliards). Les primes perçues grimpent de 3 % pour les UC, qui pèsent 37 % des versements du mois, tandis qu’elles reculent de 10 % pour les supports en euros.
La fermeture de nombreuses agences d’assurance et de cabinets de conseil en gestion de patrimoine, ainsi que les départs en vacances, ont également freiné l’activité.
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Des performances annuelles toujours satisfaisantes
ImportantLe bilan annuel demeure cependant plus flatteur. Depuis janvier, les dépôts atteignent 138,7 milliards d’euros, soit 9,2 milliards de plus que l’an passé (+7 %), avec une hausse de 10 % pour les UC et de 5 % pour les supports en euros.
Les UC représentent 40 % des versements sur cette période.
Le niveau de collecte est également satisfaisant : il dépasse la moyenne décennale du mois, fixée à 1 milliard d’euros. Depuis 1999, l’assurance vie a connu quatre décollectes en août (2011, 2012, 2022 et 2023), la pire année étant 2023 avec 1,7 milliard d’euros de retraits nets. La meilleure collecte nette de l’assurance vie pour un mois d’août remonte à 2009, avec 3,25 milliards d’euros. Sur l’année, son montant cumulé s’établit à 43,5 milliards d’euros, ce qui correspond à une augmentation de 6,9 milliards par rapport à 2025, dont 78 % proviennent des UC.
Pour les professionnels du secteur, la reprise amorcée il y a un an semble toucher à sa fin. Les incertitudes politiques et la baisse du pouvoir d’achat n’augurent rien de bon pour le second semestre, d’autant que les ménages rattrapent actuellement les dépenses qu’ils ont longtemps différées, ce qui devrait intensifier les rachats d’assurance vie.
La remontée des taux, à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour les fonds en euros
Les taux des obligations souveraines remontent depuis janvier, sous l’effet des tensions inflationnistes, des besoins de financement des États et des incertitudes politiques et économiques. L’OAT à 10 ans est passée d’environ 3,6 % en fin décembre 2025 à 4,9 % en fin septembre 2026.
Les assureurs y gagnent d’un côté : le rendement moyen des obligations achetées avec les nouvelles cotisations s’améliore, à condition que les versements restent soutenus. Les fonds en euros récents, ou ceux qui encaissent une forte collecte, réagissent le plus vite.
De l’autre côté, les obligations déjà détenues perdent de la valeur sur le marché. Plus la remontée des taux est brutale, plus les moins-values latentes se creusent. Ces pertes ne se concrétisent pas tant que les assureurs gardent les titres jusqu’à leur échéance. La situation se complique si les rachats s’envolent sans que les cotisations les compensent. Pour l’instant, la collecte nette demeure positive et les cotisations affluent toujours.