Le Plan d'Épargne Retraite est souvent perçu comme un placement "bloqué jusqu'à la retraite". C'est en partie vrai et c'est précisément ce qui fait hésiter certains épargnants. Mais la réalité est plus nuancée : le PER prévoit déjà de nombreuses soupapes. Et depuis juin 2026, un nouveau cas de déblocage s'ajoute.

    Le PER, un outil de retraite… mais pas seulement

    Créé par la loi Pacte en 2019, le Plan d'Épargne Retraite (PER) a progressivement remplacé les anciens dispositifs d'épargne retraite (PERP, Madelin, PERCO, article 83). Son principe est simple : vous constituez une épargne pendant votre vie active, en bénéficiant d'un avantage fiscal à l'entrée, et vous récupérez les fonds au moment de votre départ à la retraite, sous forme de rente viagère, de capital, ou d'un mix des deux.

    L'avantage fiscal à l'entrée est l'un des atouts majeurs du PER : les versements volontaires sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel (10 % des revenus professionnels de l'année précédente, avec un plancher fixé à 10 % du PASS et un plafond à 10 % de 8 fois le PASS). Pour un contribuable fortement imposé, cet avantage peut représenter une économie d'impôt significative dès l'année du versement.

    Pour rappel, les versements effectués sur un PER viennent en déduction de votre revenu imposable : si vous versez 5 000 € et que vous êtes imposé à la TMI de 41 %, vous économisez 2 050 € d'impôt dès l'année suivante. À la TMI de 30 %, l'économie est de 1 500 €. Plus votre taux marginal est élevé, plus l'effet est puissant, ce qui fait du PER un outil particulièrement attractif pour les contribuables dans les tranches supérieures.

    En échange de cet avantage fiscal, l'épargne est en principe indisponible jusqu'à la liquidation des droits à la retraite. C'est là que la notion de déblocage anticipé entre en jeu.

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    Les 6 cas de déblocage anticipé existants

    La loi prévoit des situations exceptionnelles dans lesquelles le titulaire d'un PER peut récupérer son épargne avant la retraite, sans pénalités. Avant la loi de juin 2026, il en existait six :

    • L'acquisition de la résidence principale : seul cas de déblocage "de confort", non lié à un accident de la vie. Les fonds issus du compartiment épargne volontaire peuvent financer l'achat d'une résidence principale, à condition de ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale durant les deux années précédant la demande.
    • L'invalidité du titulaire, de son conjoint ou partenaire de Pacs, ou de ses enfants, correspondant aux 2e ou 3e catégories de la Sécurité sociale.
    • Le décès du conjoint ou partenaire de Pacs.
    • L'expiration des droits à l'allocation chômage, pour les salariés ayant été licenciés.
    • Le surendettement, sur demande ou sur justification auprès de la commission de surendettement.
    • La cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire, pour les travailleurs indépendants.

    Ces six cas visaient à couvrir les grandes ruptures de la vie. Ils permettent de débloquer tout ou partie de l'épargne accumulée, selon la nature du sinistre et le compartiment concerné.

    Un 7e cas fait son entrée

    La loi n° 2026-492 du 12 juin 2026, entrée en vigueur le 14 juin, ajoute un septième motif de déblocage anticipé : la possibilité de retirer les sommes placées sur un PER lorsque l'enfant à charge est atteint d'une affection grave, d'un handicap ou victime d'un accident particulièrement sévère.

    Un parent pourra ainsi récupérer tout ou partie de son épargne retraite avant l'âge de départ à la retraite, sans attendre l'échéance normale du contrat.

    Ce n'est évidemment pas une bonne nouvelle en soi, personne ne souhaite se retrouver dans cette situation. Mais c'est une avancée concrète pour des familles qui se trouvaient jusqu'à présent dans une impasse : confrontées à des dépenses imprévues et souvent très lourdes, sans accès à leur épargne constituée au fil des années.

    Le décalage entre la réalité médicale et la reconnaissance administrative était jusqu'ici un angle mort de la réglementation. Une maladie grave d'un enfant peut générer des coûts considérables (aménagement du domicile, recours à des aidants, traitements non remboursés, perte partielle de revenus liée aux allers-retours médicaux).

    Le cas d'invalidité existant ne couvrait que les situations où l'invalidité de l'enfant atteignait les 2e ou 3e catégories de la Sécurité sociale, un seuil souvent trop restrictif face à la diversité des situations réelles.

    Cette mesure vise à offrir davantage de souplesse financière aux familles confrontées à des dépenses souvent importantes et imprévues liées à l'état de santé de leur enfant.

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    Modalités de déblocage : comment récupérer les fonds concrètement ?

    Quel que soit le motif de déblocage anticipé, la procédure suit un schéma commun :

    • Constituer un dossier justificatif auprès de votre gestionnaire PER (établissement bancaire, assureur, plateforme d'épargne). Pour ce nouveau 7e cas, les justificatifs attendus seront vraisemblablement une attestation médicale ou un document officiel attestant de la gravité de la situation de l'enfant. Les modalités précises feront l'objet d'une instruction administrative complémentaire.
    • Choisir le montant à débloquer : partiel ou total selon les besoins. Rien n'oblige à vider l'intégralité du PER.
    • Choisir le mode de sortie : le déblocage anticipé s'effectue en capital, pas en rente.
    • Anticiper la fiscalité applicable.

    Fiscalité du déblocage anticipé : ce qu'il faut savoir

    C'est un point crucial, et il varie selon le motif de déblocage.

    Motif de déblocageFiscalité sur le capitalFiscalité sur les gains
    Accidents de la vie (invalidité, décès conjoint, chômage, surendettement, liquidation judiciaire) Exonération d'IR Prélèvements sociaux (17,2 %) uniquement
    Acquisition résidence principale Imposition à l'IR (barème progressif) sur la part déductible, exonérée de prélèvements sociaux. PFU 30 % ou barème IR + PS

    Pour les cinq cas liés à des accidents de la vie, le traitement est favorable : le capital récupéré est exonéré d'impôt sur le revenu. Seuls les produits (intérêts, plus-values) restent soumis aux prélèvements sociaux à 17,2 %.

    Concernant ce nouveau 7e motif, le traitement fiscal reste à confirmer : l'administration fiscale ne s'est pas encore prononcée officiellement. Par analogie avec les autres accidents de la vie, on peut envisager une exonération d'IR sur le capital.

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    Ce que cela change concrètement pour les épargnants

    L'un des freins les plus souvent exprimés par les personnes qui hésitent à ouvrir un PER, c'est précisément la peur de "bloquer" leur argent. "Et si j'ai besoin de ces fonds avant la retraite ?" est une question légitime, que posent régulièrement les épargnants.

    La réalité, c'est que le PER n'est jamais totalement bloqué. Les cas de déblocage anticipé couvrent des situations de vie qui, statistiquement, touchent un nombre significatif de ménages au cours d'une vie active : chômage, invalidité, décès du conjoint, surendettement. Auxquels s'ajoute désormais la maladie grave d'un enfant.

    Ce nouveau cas est particulièrement symbolique : il reconnaît que l'épargne retraite est aussi une épargne mobilisable face aux aléas. Il renforce la dimension protectrice du PER.

    Le contrat Meilleurtaux Liberté PER : profiter de ces avantages dans les meilleures conditions

    Ouvrir un PER dans ce contexte prend tout son sens et le choix du contrat compte autant que les règles qui l'encadrent.

    Meilleurtaux Liberté PER est conçu pour offrir à la fois la flexibilité et la performance :

    • Un large choix de supports d'investissement : fonds en euros, actions, ETF, SCPI, private equity … pour adapter votre allocation à votre profil de risque et à votre horizon de placement.
    • Des frais compétitifs : pas de frais d'entrée sur les versements et des frais de gestion parmi les plus bas du marché.
    • Une sortie flexible à la retraite : en capital (en une fois ou de manière fractionnée), en rente, ou en combinant les deux.

    Plus votre tranche marginale d'imposition est élevée, plus l'avantage fiscal à l'entrée est puissant. Mais même pour un contribuable à la TMI de 30 %, l'économie d'impôt immédiate est significative.

    Exemple : un contribuable à la TMI de 41 % qui verse 5 000 € sur son PER économise 2 050 € d'impôt dès l'année suivante. Ces fonds travaillent, valorisés sur les marchés ou sécurisés en fonds euros, et restent accessibles en cas de coup dur.

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    À noter : l'avantage fiscal à l'entrée a une contrepartie : à la retraite, en cas de sortie en capital, la part correspondant aux versements que vous avez déduits est soumise à l'impôt sur le revenu au barème progressif. Les gains (intérêts, plus-values) sont quant à eux soumis au PFU de 30 %. Même en étant refiscalisé à la sortie, l'avantage reste réel : l'économie d'impôt réalisée à l'entrée n'est pas restituée immédiatement. Elle travaille pendant toute la phase d'épargne, investie et potentiellement valorisée sur la durée du contrat. Et dans de nombreux cas, la TMI à la retraite est plus faible qu'en période d'activité, ce qui accentue encore le gain fiscal.

    Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte un risque de perte en capital sur les supports en unités de compte.

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    Écrit par
    Olivia Boulay

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