Au décès d’un assuré, le conjoint survivant peut percevoir une partie de sa retraite via une pension de réversion. Conditions d’âge, de ressources, délais et particularités entre régime de base et complémentaire : point complet pour 2026.
- La pension de réversion vise la retraite de base et la complémentaire : deux réversions possibles selon les cas.
- Elle est réservée aux personnes mariées et aux ex-conjoints divorcés, pas aux partenaires de Pacs ni aux concubins.
- Pour le régime de base : âge minimum 55 ans (51 ans si décès avant le 1er janvier 2009) et plafond de ressources.
- Demandes 2026 : plafond de 25 001,60 euros seul et 40 002,56 euros en couple.
- Agirc-Arrco : 60% des droits, sans condition de ressources, mais perte en cas de remariage.
Lorsqu’un époux décède, son conjoint (ou un ex-conjoint divorcé) peut, sous conditions, toucher une fraction de la retraite qu’il percevait ou aurait perçue. En pratique, il s’agit des pensions de réversion : l’une au titre de la retraite de base et l’autre au titre de la retraite complémentaire. Selon la situation, le survivant pourra donc percevoir deux réversions… ou une seule.
Qui peut en bénéficier (et qui en est exclu) ?
La réversion ne concerne pas les partenaires de Pacs ni les concubins. Elle est réservée aux personnes mariées au moment du décès, ainsi qu’aux ex-conjoints divorcés. Si le défunt laisse un conjoint et/ou un ou plusieurs ex-conjoints, le montant dû est réparti au prorata de la durée de chaque mariage.
Régime de base : deux critères à remplir
Pour la réversion du régime de retraite de base (régime de la Sécurité sociale des salariés et de certains indépendants assimilés), l’attribution dépend de deux conditions cumulatives :
- Âge : le conjoint survivant ou ex-conjoint doit avoir au moins 55 ans, y compris en cas de remariage. Exception : si l’assuré est décédé avant le 1er janvier 2009, l’âge minimum est 51 ans, quelle que soit la date de la demande.
- Ressources : les revenus ne doivent pas dépasser un plafond. Sont retenues les ressources personnelles si la personne vit seule, ou celles du couple si elle vit en concubinage, est pacsée ou remariée.
Le plafond correspond à un montant annuel égal à 2 080 fois le Smic horaire brut applicable au 1er janvier de l’année de la demande. Pour les dossiers déposés en 2026, le maximum de ressources annuelles est de 25 001,60 euros si le conjoint vit seul ou 40 002,56 euros s'il vit en couple.
Pour l’étude des ressources, l’administration examine d’abord les revenus des trois mois civils précédant la demande. « 0Si cet examen aboutit au rejet de votre demande, nous vous recontacterons afin d'étudier vos ressources sur une période de 12 mois 0», précise l'assurance retraite. Si le refus est confirmé, une nouvelle demande reste possible en cas de baisse de revenus ultérieure.
À noter : à partir de 55 ans, les revenus d’activité du conjoint survivant sont diminués d’un abattement de 30% pour le calcul des ressources.
Montant, minimum et majorations possibles
Quand les conditions sont remplies, la réversion de base représente 54% de la pension que le défunt percevait (ou aurait perçue). Elle ne peut pas descendre sous 4 019,1 euros par an (soit 334,92 euros par mois) si l’assuré a cotisé au moins 15 ans (60 trimestres). Sinon, ce minimum est diminué, avec une réduction proportionnelle à la durée d’assurance.
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Des compléments peuvent s’ajouter : majoration pour âge sous conditions de ressources très modestes, bonification en cas d’au moins trois enfants, ou majoration si des enfants sont à charge au moment du décès. En revanche, en cas de cumul avec une retraite personnelle, la réversion peut être diminuée si l’ensemble dépasse le plafond de ressources.
Enfin, la pension de réversion est revalorisée dans les mêmes conditions que celle de base. Les pensions de retraite de base ont été augmentées de 0,9% le 1er janvier.
À partir de quand est-elle versée ?
La réversion n’est pas automatique : il faut la demander. Le conjoint survivant (ou l’ex-conjoint) dispose d’un délai maximal d’un an pour effectuer les démarches afin de bénéficier de la réversion dès le jour du décès. Passé ce délai, le paiement ne débute qu’à compter du premier jour du mois suivant la demande. Une avance peut être accordée pendant l’instruction du dossier en cas de difficultés financières.
En principe, l’absence de réponse au-delà de quatre mois vaut rejet. En pratique, des traitements peuvent aller jusqu’à 18 mois après le dépôt : il est donc recommandé de ne pas s’arrêter à un refus implicite. D’autant que la caisse de retraite complémentaire réclame la notification d'attribution ou de refus de la pension de base. Pour cette raison, même en cas de ressources supérieures au plafond, il est utile de déposer la demande de base afin d’obtenir la notification de refus attendue par la complémentaire.
À part : les fonctionnaires, ainsi que certaines professions relevant de régimes autonomes (notaires, avocats…) appliquent des règles spécifiques. Les exploitants agricoles et leurs salariés dépendent de la MSA.
Demande en ligne : ce qui a changé
La procédure a été allégée : une demande unique permet de lancer les démarches sans solliciter séparément chaque régime. Il faut passer par Info-retraite.fr, via son compte retraite, dans la rubrique « 0Demander ma réversion 0». Pour les personnes qui ne peuvent pas utiliser Internet, un dossier papier reste possible, mais il faut alors déposer une demande auprès de chaque régime.
Complémentaire Agirc-Arrco : des règles différentes
La réversion complémentaire est servie par la caisse auprès de laquelle le défunt cotisait. Pour l’Agirc-Arrco (salariés du privé), le conjoint survivant ou ex-conjoint divorcé doit ne pas être remarié et avoir au moins 55 ans (sauf s’il a au moins deux enfants à charge au moment du décès ou s’il est en invalidité). Dans ce cadre, il peut percevoir 60% des droits à retraite complémentaire acquis par l’assuré décédé.
À la différence du régime de base, aucune condition de ressources n'est exigée. Un refus de réversion de base pour dépassement de plafond n’empêche donc pas d’obtenir la réversion complémentaire. Autre point : le bénéficiaire peut cumuler sa propre pension de retraite avec la pension de réversion complémentaire sans limitation de montant. En revanche, un remariage entraîne la perte de la réversion Agirc-Arrco (et cette règle existe aussi dans d’autres caisses complémentaires).
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