Candidat à la primaire du Parti socialiste, le député Philippe Brun déploie une offensive souverainiste et sociale axée sur le pouvoir d’achat. Il propose de réorganiser les retraites via une capitalisation publique, de réduire la fiscalité du travail et de réinstaurer un monopole d’État sur l’énergie. Son programme entend rompre avec les orientations de l’Exécutif sans pour autant céder aux approches radicales de la gauche.
- Philippe Brun rejette un seuil de désindexation des retraites à 2 000 euros, estimant ce montant trop bas pour les retraités.
- Il préconise d’injecter 15 milliards d’euros par an dans un fonds de réserve public géré par les partenaires sociaux.
- Le député s’oppose à l’annulation générale de la dette française, mais soutient l’effacement de la dette Covid-19 au niveau européen.
- Son programme prévoit la création du « salaire Brun » par la baisse des cotisations sur le travail et le retour au monopole d’EDF.
Face au déficit du régime, l’option de la capitalisation publique
La retraite est un sujet central pour tous. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) annonce un déficit de 6,8 milliards d’euros, correspondant à 0,2 % du PIB d’ici 2030. Identique aux chiffres actuels, ce solde financier devrait ensuite se dégrader pour atteindre 0,8 % du PIB à l’horizon 2045, puis 2,4 % en 2070. Ce déséquilibre s’explique principalement par la diminution des cotisations, la population active étant de plus en plus faible par rapport aux retraités.
Philippe Brun conteste le projet de gel partiel ou de désindexation des pensions à partir de 2 000 euros. Pour le gouvernement, cette mesure vise à réduire les prestations sociales, qui représentent le poste de dépenses le plus lourd pour l’État. Pour rééquilibrer le régime sans pénaliser les classes moyennes, le candidat souhaite cibler uniquement les plus hauts revenus.
Toujours sur ce volet, il propose d’introduire une part de capitalisation publique pour pallier les faiblesses du régime par répartition actuel. En effet, les impacts des réformes successives poussent un nombre croissant de Français à recourir à titre individuel à des dispositifs, tels que le plan d’épargne retraite (PER). Que la sortie se fasse sous forme de capital ou de rente viagère, le revenu tiré d’un produit de retraite par capitalisation complète efficacement une pension classique constamment rognée.
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Inspiré du fonds de réserve créé sous Lionel Jospin, le dispositif envisagé recevrait 15 milliards d’euros par an. Placé sur les marchés, le fonds resterait sous la gestion des partenaires sociaux pour éviter la privatisation du système.
Effacement de la dette sanitaire et baisse des taxes sur le travail
Sur la question de la dette publique, Philippe Brun rejette une annulation unilatérale de la créance française, sujet lancé par Jean-Luc Mélenchon. Il défend en revanche un accord européen pour effacer la dette liée à la crise sanitaire, détenue par la Banque centrale européenne. Il souligne que cette décision n’aurait pas d’incidence économique, l’institution n’étant pas tenue de présenter un bilan équilibré.
ImportantPar ailleurs, Philippe Brun propose la création d’un « salaire Brun ». Ce mécanisme réduira les taxes sur le travail pour rapprocher le salaire brut du net, en déplaçant la charge fiscale vers la rente et le capital.
Énergie : la fin du marché concurrentiel au profit d’un monopole d’EDF
Sur le terrain de l’énergie, le député de l’Eure propose de mettre fin à la libéralisation du marché pour redonner à EDF l’exclusivité de la fourniture. En s’appuyant sur l’État, unique actionnaire du groupe depuis 2023, il entend aligner les tarifs d’électricité sur les coûts réels de production afin d’offrir aux ménages et aux entreprises tricolores les tarifs les plus compétitifs de la région.
L’atteinte de cet objectif passe selon lui par une distribution sans dépenses d’intermédiation liées notamment à la commercialisation.