- Aucune annonce officielle : le gel ou la « désindexation » est une piste discutée pour le PLFSS 2027.
- Roland Lescure évoque une contribution des « retraités aisés », tout en disant que « les choix ne sont pas faits ».
- Le taux d’indexation 2027 ne sera connu qu’à la fin de 2026 ; les projections actuelles vont de 1,6% à 1,7%.
- Le taux concernerait la pension de base ; la complémentaire Agirc-Arrco a ses propres règles et calendrier.
- Exemples : +33 €/mois pour 2 000 € si règles appliquées ; à 3 000 €, écart de 26 €/mois en cas de gel, ou 11 €/mois avec un taux à 1%.
À ce stade, il s’agit d’une hypothèse de travail, pas d’une mesure actée. La piste d’un gel ou d’une revalorisation moins généreuse des retraites est régulièrement citée à l’approche des discussions sur le budget 2027, et plus précisément sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), seul texte susceptible de déroger à l’indexation des pensions sur l’inflation.
Date d’indexation visée
Échéance annuelle pour la revalorisation des pensions de base, sujet central du prochain budget 2027.
Pourquoi parle-t-on d’une « désindexation » ?
Roland Lescure (Libération, 13 août) :
La question de la contribution des retraités aisés à l'effort de redressement, par exemple par une indexation plus modérée de leurs pensions, mérite d'être posée.
Le ministre a également confirmé qu’une « désindexation des retraites » est un « débat qui sera incontournable » pour le budget 2027. Aucun mécanisme concret n’a toutefois été présenté à ce stade.
Quels paramètres restent flous : seuil, gel, sous-indexation
Plusieurs éléments demeurent incertains, en particulier si la mesure devait viser uniquement les retraités les plus aisés.
Un seuil à 3 000 euros ?
Seuil de pension évoqué
Ce montant brut a été cité comme base de réflexion pour cibler les retraités les plus aisés dans le cadre d'un gain budgétaire.
Un niveau de 3 000 euros a circulé. Mais, selon les éléments disponibles, ce chiffre ne proviendrait pas directement du gouvernement : il a été évoqué dans Les Echos, à partir d’un chiffrage réalisé par un expert de Rexecode sur le gain budgétaire d’une mesure limitée aux pensions supérieures à 3 000 euros bruts.
Gel (« année blanche ») ou revalorisation réduite ?
Autre question ouverte : s’agirait-il d’un gel de la pension de base (0% pour les plus aisés, tandis que les autres bénéficieraient de la hausse réglementaire), ou d’une revalorisation dégressive. Un schéma de taux décroissants a déjà existé en 2020 (exemples de paliers), mais rien ne permet, à ce stade, de trancher pour 2027.
Indexation 2027 : quel taux serait attendu aujourd’hui ?
Le taux officiel ne pourra être calculé qu’en fin d’année 2026, car la formule s’appuie sur l’inflation sur 12 mois arrêtée en octobre (période novembre 2025 à octobre 2026 pour la hausse du 1er janvier 2027). Des projections existent néanmoins et convergent vers 1,6% à 1,7%.
- Référence réglementaire (Code de la Sécurité sociale) : « Un coefficient égal à l'évolution de la moyenne annuelle des prix à la consommation, hors tabac, calculée sur les douze derniers indices mensuels de ces prix publiés » par l'Insee.
- Première estimation : 1,6%, d’après le dernier rapport de la commission des comptes de la Sécurité sociale publié en mai.
- Calcul MoneyVox : 1,66% sur la base des projections de l’Insee, soit 1,7% après arrondi.
Ce que cela change selon la retraite : attention à la part « base »
Quel que soit le scénario (indexation normale, gel, ou sous-indexation), le taux ne s’appliquerait pas à la retraite totale, mais à la pension de base. Pour un ancien salarié du privé, il s’agit de la pension versée par l’Assurance retraite. La complémentaire Agirc-Arrco suit, elle, son propre calendrier et ses propres règles, avec une revalorisation au 1er novembre.
Dans la retraite globale d’un retraité du privé, la complémentaire représente environ un tiers, voire davantage (jusqu’à la moitié pour certains ex-cadres).
Hypothèse Agirc-Arrco pour l’exemple
Selon la formule réglementaire, les pensions Agirc-Arrco progresseraient de 1,2% à 2% au 1er novembre 2027, mais le taux dépend d’un accord entre syndicats et patronat. L’an passé, l’absence d’accord a conduit à un gel au 1er novembre 2025. Des discussions doivent reprendre en septembre ; pour illustrer, l’exemple retient une revalorisation médiane de 1,6%.
Repère : les plus modestes ne seraient pas la cible, à ce stade
Le débat porte surtout sur une contribution des retraités aisés. De fait, à ce stade, personne n’envisage un gel pour les petites pensions. Pour mémoire, la pension nette moyenne (hors réversion) s’élève à 1 541 euros, selon l’édition 2025 de l’étude annuelle « retraites et retraités » de la Drees. Des niveaux autour de 1 500 euros seraient donc, selon toute vraisemblance, revalorisés selon la règle d’indexation.
Cas type : retraite globale de 2 000 euros
Si les règles habituelles étaient appliquées, le gain probable serait de 33 euros en plus par mois. En comparaison, un gel de la pension de base (Assurance retraite) ou une revalorisation inférieure au taux issu de la formule (par exemple 1%) réduirait la hausse attendue.
Cas type : retraite globale de 3 000 euros
Si une « désindexation » ciblée devait être retenue, les retraités à 3 000 euros mensuels seraient, selon les hypothèses évoquées, concernés quasi à coup sûr. L’écart chiffré serait de 26 euros « perdus » chaque mois en cas de gel par rapport à la hausse réglementaire. Avec une revalorisation réduite à 1%, l’écart serait de 11 euros par mois.