Depuis le 1er janvier 2026, la loi de finances a modifié plusieurs règles clés du Plan d'Épargne Retraite : fin de la déductibilité après 70 ans, encadrement de la mutualisation entre conjoints, allongement du report des plafonds et régime spécifique pour les nouveaux résidents fiscaux. Le BOFiP publié le 10 août 2026 vient désormais préciser les modalités concrètes d'application de ces nouvelles dispositions. Autant de points d'attention à intégrer avant de déterminer le montant optimal à verser sur son PER d'ici la fin de l'année.

    Et si la rentrée était le bon moment pour faire le point sur votre épargne retraite ?

    La rentrée de septembre est souvent synonyme de nouveaux projets et de bonnes résolutions. C'est aussi une période idéale pour faire le point sur sa situation patrimoniale et fiscale avant la fin de l'année.

    Pour les contribuables imposés dans les tranches les plus élevées, le Plan d'Épargne Retraite (PER) peut constituer un levier particulièrement intéressant : les versements volontaires peuvent, sous conditions et dans la limite des plafonds disponibles, être déduits du revenu imposable.

    Mais entre les plafonds disponibles, les règles de report, la mutualisation entre conjoints et les nouvelles dispositions applicables après 70 ans, le calcul du montant optimal à verser mérite d'être anticipé.

    La loi de finances pour 2026 a en effet apporté plusieurs modifications au régime du PER. Le BOFiP publié le 10 août 2026 vient désormais préciser les modalités d'application de ces nouvelles règles.

    1. Après 70 ans, les versements sur un PER ne sont plus déductibles

    Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER ne sont plus déductibles du revenu imposable lorsque le titulaire est âgé de 70 ans ou plus au moment du versement.

    Un point est particulièrement important : c'est la date exacte du 70e anniversaire qui doit être prise en compte, et non l'année civile au cours de laquelle le contribuable atteint 70 ans.

    Par exemple, une personne qui fête ses 70 ans le 15 septembre 2026 pourra encore bénéficier de la déduction fiscale pour un versement effectué avant cette date. En revanche, un versement réalisé à compter de son 70e anniversaire ne sera plus déductible.

    À retenir : pour les épargnants qui approchent de 70 ans et disposent encore de plafonds de déduction, l'anticipation des versements peut donc être particulièrement importante.

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    2. Mutualisation des plafonds : attention à l'année des 70 ans

    Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent demander la mutualisation de leurs plafonds de déduction PER (case 6QR formulaire 2042).

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    Cette possibilité permet notamment à un conjoint disposant de revenus élevés d'utiliser une partie du plafond de son conjoint lorsque celui-ci n'est pas utilisé.

    Le BOFiP apporte une précision importante : la mutualisation devient sans effet à compter de l'année suivant celle au cours de laquelle l'un des deux membres du couple atteint 70 ans. Il n'y a donc aucun prorata à effectuer au cours de l'année des 70 ans.

    Exemple

    Monsieur atteint 70 ans en 2026.

    • Pour les versements réalisés en 2026, le couple peut encore demander la mutualisation des plafonds. Madame pourra ainsi utiliser les plafonds de son mari pour verser sur son propre PER.
    • À compter des versements réalisés en 2027, cette mutualisation ne sera plus possible.

    Pour les couples disposant de plafonds importants, l'année des 70 ans doit donc être anticipée.

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    3. Le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans

    Autre évolution issue de la loi de finances pour 2026 : la durée de report des plafonds de déduction PER non utilisés passe de 3 à 5 ans.

    Cette mesure peut être particulièrement intéressante pour les contribuables qui souhaitent concentrer leurs versements sur certaines années, notamment lorsqu'ils anticipent une hausse de leurs revenus ou une année fiscalement plus favorable.

    Attention toutefois : cette nouvelle règle ne produit pas immédiatement tous ses effets.

    Le BOFiP précise que :

    • 2026 à 2029 : le mécanisme fonctionne encore avec les trois plafonds antérieurs ;
    • à partir de 2030 : un quatrième plafond antérieur pourra être utilisé, correspondant au plafond 2026 ;
    • à partir de 2031 : jusqu'à cinq plafonds antérieurs pourront être mobilisés.

    Un exemple concret

    Un contribuable dispose de plafonds non utilisés sur plusieurs années.

    Année du versement Plafond de l'année Plafonds antérieurs pouvant être utilisés
    2026 Plafond 2026 2023 + 2024 + 2025
    2027 Plafond 2027 2024 + 2025 + 2026
    2028 Plafond 2028 2025 + 2026 + 2027
    2029 Plafond 2029 2026 + 2027 + 2028
    2030 Plafond 2030 2026 + 2027 + 2028 + 2029
    2031 Plafond 2031 2026 + 2027 + 2028 + 2029 + 2030

    Le BOFiP précise également que les versements s'imputent en priorité sur le plafond de l'année, puis sur les reliquats des années précédentes, en commençant par le plus ancien.

    Notre conseil : ne pas raisonner uniquement sur le plafond indiqué sur le dernier avis d'impôt. Pour déterminer le montant réellement déductible, il est nécessaire d'analyser l'ensemble des plafonds disponibles et leur historique d'utilisation.

    4. Nouveaux résidents fiscaux : un plafond spécifique à ne pas oublier

    Le PER peut également présenter un intérêt particulier pour les personnes qui s'installent en France après plusieurs années à l'étranger.

    Sous certaines conditions, les nouveaux résidents fiscaux français peuvent bénéficier d'un régime spécifique de calcul de leur plafond de déduction.

    Contrairement au régime classique, qui repose notamment sur les revenus professionnels de l'année précédente, le dispositif applicable aux nouveaux résidents permet de prendre en compte les revenus professionnels de l'année de leur installation en France.

    Le dispositif prévoit également une limite complémentaire correspondant à trois fois le plafond ainsi déterminé, sous réserve du respect des conditions prévues par la réglementation. Autrement dit, pour une personne éligible, le plafond de déduction de la première année d'installation peut atteindre quatre fois le plafond calculé sur ses revenus professionnels de l'année d'installation.

    Cette règle peut donc permettre à certains contribuables disposant de revenus élevés de bénéficier d'un plafond de déduction particulièrement important dès leur première année de résidence fiscale française.

    Exemple

    Un contribuable s'installe en France en 2026 après plusieurs années de résidence à l'étranger. Il perçoit 200 000 € de revenus professionnels au cours de cette première année de résidence fiscale française.

    Son plafond de déduction de base est calculé sur ses revenus professionnels de 2026 :

    10 % × 200 000 € = 20 000 €

    À ce plafond s'ajoute, sous réserve de remplir les conditions du dispositif, une limite complémentaire correspondant à trois fois le plafond de base, soit :

    3 × 20 000 € = 60 000 €

    Le contribuable peut ainsi bénéficier d'un plafond global de déduction de 80 000 € au titre de cette première année.

    Cet exemple illustre l'intérêt du dispositif pour les contribuables disposant de revenus élevés : le plafond de déduction peut être multiplié par quatre dès l'année de leur installation en France.

    Attention : une opportunité à saisir dès l'année du retour

    Cette règle de faveur est limitée à la seule année de l'installation en France. Elle ne se prolonge pas l'année suivante.

    Un contribuable qui s'installe en France en 2026 pourra donc bénéficier de ce régime spécifique au titre de 2026, sous réserve de remplir les conditions requises, mais retrouvera le régime de droit commun pour ses versements effectués en 2027.

    Il est donc essentiel d'anticiper son retour en France et de vérifier son plafond de déduction dès la première année de résidence fiscale française.

    Vous êtes nouvellement résident fiscal français ou envisagez de revenir vous installer en France ? Les conseillers de Meilleurtaux Placement peuvent vous accompagner dans l'analyse de votre situation et vous aider à déterminer les possibilités de déduction offertes par votre PER.

    5. Pourquoi faire le point sur son PER dès la rentrée ?

    Ces évolutions illustrent un point essentiel : le montant à verser sur un PER ne se résume pas au plafond indiqué sur son dernier avis d'imposition.

    Le calcul doit tenir compte :

    • de ses revenus et de sa tranche marginale d'imposition ;
    • de son plafond de l'année ;
    • des plafonds non utilisés des années précédentes ;
    • de la situation de son conjoint en cas de mutualisation ;
    • de son âge et notamment de l'approche des 70 ans ;
    • et, pour les nouveaux résidents, de leur éventuelle éligibilité au régime spécifique.

    La rentrée peut donc être l'occasion de faire un point sur sa situation fiscale et de déterminer s'il est pertinent d'effectuer dès maintenant un versement sur son PER.

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    Écrit par
    Alison Graille

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