Près de 4,4 millions de Français perçoivent aujourd’hui une partie de la pension de leur conjoint décédé. Cette ressource financière représente parfois l’unique revenu de retraite pour environ 900 000 d’entre eux. Pourtant, beaucoup de personnes éligibles renoncent à la réclamer, persuadées à tort de ne pas remplir les conditions. Faire le point sur les critères réels s’impose avant toute décision.
- La pension de réversion obéit à des règles précises selon la situation familiale, l’âge et les ressources du bénéficiaire, qui varient d’un régime à l’autre.
- Elle doit toujours être demandée, aucune démarche n’étant automatique.
- Un examen personnalisé de son dossier permettra de vérifier son éligibilité et d’évaluer le montant auquel le conjoint survivant a droit.
Les conditions à connaître selon sa situation familiale
Le mariage constitue la condition de base pour ouvrir droit à la pension de réversion. Le Pacs et le concubinage, quant à eux, ne permettent pas d’en bénéficier dans le régime général, quelle que soit la durée de vie commune.
Par ailleurs, un divorce ne met pas fin à ce droit, l’ex-conjoint le conserve. Et si le défunt s’est remarié, la pension est répartie entre ceux ou celles qui ont « légalement » partagé sa vie avant son décès, au prorata de la durée de chaque union. Cette règle inconnue de nombreux bénéficiaires potentiels pousse parfois des couples en concubinage de longue date à régulariser leur situation.
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Les critères d’âge et de ressources à ne pas confondre entre régimes
ImportantLe régime de retraite général exige d’avoir au moins 55 ans et de respecter un plafond de ressources, fixé en 2025 à environ 24 710 € annuels pour une personne seule et 39 537 € pour un couple. Le calcul de ces ressources obéit à des règles particulières.
Certains revenus ou biens sont exclus du décompte, une nuance qui explique que nombre de demandeurs se croient au-dessus du plafond alors qu’ils restent éligibles une fois le calcul effectué.
Les régimes complémentaires Agirc-Arrco suivent une logique distincte. Pour ces derniers, la réversion est accessible dès 55 ans et sans condition de ressources, sous réserve d’autres critères propres à ce régime, notamment en cas de remariage.
La marche à suivre pour faire valoir ses droits
En cas de doute sur son éligibilité, mieux vaut demander une étude personnalisée auprès de sa caisse plutôt que de s’exclure soi-même du dispositif, puisque chaque régime fixe ses propres critères de taux, d’âge et de ressources.
Quand les conditions d’âge et de ressources sont réunies, la demande doit être déposée par le conjoint survivant auprès de sa caisse de retraite, aucun courrier n’étant envoyé spontanément pour signaler l’ouverture du droit. Avant 55 ans, le veuf ou la veuve peut, sous certaines conditions, bénéficier d’une allocation de veuvage, une prestation temporaire distincte qui répond à ses propres règles.