- Le Comité de suivi des retraites (CSR) recommande de lever le pied sur les nouvelles pensions et d’instaurer d’autres règles automatiques de pilotage du système en place.
- Les solutions avancées par les experts risquent cependant de coûter cher aux assurés, notamment au niveau de leur pouvoir d’achat et de la durée de carrière.
Les réformes successives limitées par le déficit démographique et financier structurel
Depuis près d’une dizaine d’années, le système de retraite français est en mode survie. Les corrections apportées semblent avoir débouché sur des impasses. Par exemple, le recul de l’âge légal n’a pas suffi à sécuriser durablement les comptes.
Le CSR rappelle :
Les déséquilibres démographiques, associés à des projections de croissance et de masse salariale incertaines, continuent de peser sur le financement des pensions.
L’institution juge la situation délicate à moyen terme et redoute une dégradation encore plus marquée après 2045 si aucune mesure structurelle n’est adoptée.
Des solutions de court terme pour sauver les comptes
Sous-indexation préconisée
Le CSR table sur une baisse cumulée de l'indexation des pensions par rapport à l'inflation d'ici 2030.
Horizon de l'ajustement
C'est l'échéance fixée par le Comité de suivi pour mesurer l'impact de la sous-indexation sur l'équilibre des comptes.
Pour sa première proposition, le CSR table sur une sous-indexation des pensions par rapport à l’inflation, à hauteur d’au moins deux points cumulés d’ici 2030. Les retraites continueraient donc de progresser, mais à un rythme inférieur à celui des prix. Le comité reconnaît toutefois que ce seul ajustement ne résoudra pas la question au-delà de 2040.
Il recommande alors de mettre en place une règle d’or budgétaire qui impose l’équilibre financier pour mieux gérer le régime général. Celle-ci sera complétée par un coefficient de soutenabilité qui s’appliquera systématiquement en cas d’écart. En outre, l’institution préconise une trajectoire de relèvement de l’âge de départ soumise au vote du Parlement et surveillée par un comité d’alerte.
Un coût important pour les retraités
Pour les seniors, ces orientations se traduiraient d’abord par une baisse progressive de leur pouvoir d’achat. Leur pension va augmenter moins vite que le coût de la vie pendant plusieurs années.
L’incertitude sur la durée de la carrière vient s’ajouter à cette préoccupation, l’âge de départ pouvant désormais évoluer selon une mécanique quasi automatique plutôt que par décision ponctuelle.
Dans ce contexte délicat, les actifs ont intérêt à souscrire un PER, une assurance vie ou tout autre placement financier à long terme pour profiter d’une retraite confortable.
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Le CSR insiste néanmoins sur la nécessité d’un dialogue social renforcé, dans les entreprises comme dans les branches, pour traiter la pénibilité et prévenir l’usure professionnelle avant tout relèvement. Les conclusions de la conférence Travail Emploi Retraite lancée en décembre sont attendues à la rentrée et pourraient orienter les prochaines décisions.